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lundi 27 avril 2009

Dordrecht, Amsterdam & Bruxelles

Depuis le long weekend de Pâques, on a été vraiment gâtés avec pas mal de soleil (qui m’a donc narguée, puisque j’ai à nouveau passé 36 bonnes heures à TU durant les 4 jours qui ont suivi). Le printemps a l’air de s’installer (les gens sont méfiants et craignent que ce ne soit qu’un leurre… Moi j’y crois !), c’est vraiment magnifique avec toutes ces fleurs un peu partout !
Les Néerlandais (ou plutôt les échanges) dégainent leurs barbecues plus vite que leur ombre, c’est cruel de sentir de bonnes odeurs quand on rentre à pas d’heure chez soi et qu’on doit encore se cuisiner quelque chose… Par contre, le cliché du Hollandais au camping, c’est absolument véridique ! Durant le long weekend de Pâques, pas mal de camarades sont allés camper, vu qu’en plus il faisait beau.
Bref, ça me rend d’autant plus dingue que je ne compte vraiment plus mes heures à TU alors qu’il fait grand beau dehors. On en profite tout de même comme on peut, donc on tâche de prendre le lunch dehors avec une bande de compatriotes, dont Ramona que je vois régulièrement au labo et Jeroen avec qui j’ai sympathisé à force de se croiser vers la machine à café.

Samedi passé, je suis allée me promener à Dordrecht (30 minutes en train depuis Delft). C’est une adorable ville en format de poche, absolument charmant ! Deux heures suffisent pour fait le tour de la vieille ville à pieds (le reste n’est pas intéressant…), où il y a plein de terrasses dès qu’il y a un square. Le temps magnifique a rendu ma ballade encore plus parfaite. Comme j’étais un peu enrhumée j’avais pris une petite veste (pour le trajet en vélo à Delft), mais ensuite j’ai bien cuit quand j’étais dans les rues à l’abri du vent (soit la plupart du temps), tandis qu’au bord de la Meuse (Oude Maas) c’était bien agréable. Dordrecht n’est pas vraiment touristique, même si j’ai croisé plusieurs groupes de vieux qui étaient guidés par des gens du coin qui leur racontent divers faits et anecdotes. D’après mon Lonely Planet – qui est en passe de devenir mon bible – Dordrecht est la plus ancienne ville des Pays-Bas, et sa situation géographique stratégique au carrefour de la Meuse et de plusieurs rivières secondaires en ont fait une puissance importante au 16ème siècle. Et c’est là que ce sont rassemblés pour la première fois tous les leaders des provinces du pays.
Je vous fais encore part d’une petite réflexion que cette énième errance m’a inspirée : peut-être que je prête plus d’attention à ce genre de choses ici vu ma condition de semi-touriste, mais j’ai l’impression que les Hollandais sont assez portés sur les statues en l’honneur d’illustres personnes qui sont nées ou qui ont vécu dans les villes, alors qu’en Suisse cela ne me semble pas si fréquent que ça. Me trompe-je ? Bref.

Le Québécois Peter étant sur le point de quitter Delft, il y a eu un énorme BBQ durant la soirée de ce même samedi. J’y ai passé une large partie de la soirée/nuit à papoter avec Ramona et Oscar, un autre Néerlandais, qui s’avère être un connaisseur de la région du Léman. C’était bien sympa, à l’entrée de mon building, et beaucoup moins foireux que le Roof BBQ. Quoique, ça a commencé assez tard (après 22h !), mais fini bien « tôt » (4h du mat’). Une autre réflexion du jour (décidément) : le choix de viandes à griller est très pauvre ici (des saucisses ou des saucisses…), j’espère que ce n’est qu’une mauvaise passe et que lorsqu’on va se rapprocher de l’été, les stocks seront plus intéressants, comme en Suisse !

Après une courte nuit, j’ai passé le dimanche après-midi suivant à Amsterdam. Malgré le soleil, j’étais plutôt dans le coton (…) au début, mais j’ai continué à marcher sans me poser de questions ni me poser tout court, sinon je n’aurais plus réussi à décoller. Ce qui fait que je ne me suis arrêtée qu’à 16h pour manger un petit truc qui a fait office de dîner, après mon petit déjeuner encore plus frugal que d’habitude (!). Ceux qui se sont promenés dans diverses villes avec moi se souviendront au passage de ma tendance à ne pas m’arrêter pour manger (bah quoi, c’est une perte de temps), et auront la preuve que je ne fais pas ça que lorsque j’ai de la compagnie que je veux fatiguer ! Après avoir traversé le quartier des 9 straatjes (9 petites rues) où j’ai fait quelques repérage de boutiques diverses, j’ai continué mon shopping, et j’ai même acheté quelques trucs, ce qui est hyper rare pour moi puisqu’en général je ne trouve absolument rien !

Le début de la semaine passée à TU a été toujours aussi productif, j’étais toute contente de moi, mais parfois un peu frustrée de ne pas pouvoir compléter le programme imposant que je prévoyais chaque jour, alors que les gens d’ici disaient « wouahou, tu as fait beaucoup… Quoi ?! Tu veux encore faire des trucs ?!?! ». Tout allait bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’un souci majeur survienne avec mes échantillons (qui étaient presque prêts) donc nouveau coup d’arrêt, partiel parce que je ne vais pas laisser ça comme ça, et ne plus rien faire… Cerise sur le gâteau, mon superviseur a trouvé le moyen de me plomber très délicatement, et ma motivation s’est envolée pour la fin de semaine, où j’ai à nouveau glandouillé (genre je ne faisais qu’un truc utile pendant 3h de la journée, et le reste du temps ce n’était que de la paperasse ou du remplissage de temps…).
Vendredi après-midi, une rumeur a couru dans l’Aviation Hall (là où il y a nos labos) : il y avait des free drinks et du free food dans un atelier ! Ni une, ni deux, on s’est tous rués dessus. En fait il y avait des compagnies plus ou moins reliées à l’école qui se présentaient sur des pseudo-stands, tout en proposant des internships (et plus ou moins des jobs si on se renseignait). C’était en tout cas très agréable de se faire quelques contacts de telle manière informelle, avec des Heineken à volonté au plein milieu des machines. Et le buffet chaud qui a suivi n’était que du bonheur, mmmmmmh !

Samedi (hier), je suis retournée en Belgique voisine, à Bruxelles cette fois-ci. Freddy et moi nous étions donnés rendez-vous à 8h15 à la gare de Delft, mais une fois au guichet mon compagnon du jour remarque qu’il n’a pas sa carte… Sprinter jusqu’à chez lui à vélo s’est avéré inutile, à 5 minutes près nous avons manqué notre train. Le suivant n’était qu’une heure plus tard, quelle loose ! Inutile de vous dire à quel point j’étais heureuse de m’être levée si tôt, pour rien… Du coup nous avons pris le train suivant pour Rotterdam et on a attendu là-bas en flânant un peu dans les rues… désertes ! Absolument incroyable que cette ville soit morte à ce point avant 9h30 !
Lorsque le train suivant arrive enfin, nous avons eu une nouvelle mauvaise surprise : il était bondé ! Il faut dire que c’est le premier weekend des vacances ici. Donc on s’est tapé les 2h de trajets debout dans le couloir, ce qui nous a quelque peu sciés les jambes pour bien commencer la journée…
Etant donné que mon idée était de plus ou moins suivre le parcours BD (qui ne s'est pas avéré si simple à repérer) en traquant les fresques, tout en adaptant la ballade pour passer vers le Palais Royal et traîner un peu plus au centre, Freddy et moi sommes descendus à la dernière station de la ville, Bruxelles-Midi/Zuid. Quel choc, ils sont restés bloqués dans les années 60, ou bien ?! C’est tout vieux et limite à l’abandon… En fait, tout le quartier que nous avons traversé était de ce genre, donc vraiment pas intéressant mais étonnant puisque nous ne nous attendions vraiment pas à cela. Un ascenseur vous extrait de ce quartier populaire (mais vraiment très populaire !) pour arriver au pied du Palais de Justice, qui se trouve en hauteur tout comme le Parc et le Palais Royal, ainsi que la Cathédrale St-Michel. Je ne soupçonnais vraiment pas que Bruxelles était une ville si vallonnée : en un jour j’ai avalé le plus important dénivelé que ce que j’ai fait en 2.5 mois ! Bon, vous me direz que ce n’est pas difficile, vu comme les Pays-Bas sont plats…
Puisque je parle de vallons, j’en profite pour parler de Wallons aussi (jetez-moi des cailloux pour ce jeu de mot…). J’ai vraiment ressenti Bruxelles comme étant plus francophone que néerlandophone, par exemple on nous adressait systématiquement la parole en français, langue que nous entendions vraiment fréquemment dans les rues (ce qui fait tout bizarre d’ailleurs, depuis le temps). Certains pubs m’ont marquées, où ils spécifient bien que c’est une initiative de la communauté flamande ou alors Avec ses talents et ses bons plans, la Wallonie avance. Ou alors le détail qui tue à la gare, où le tableau d’affichage indique les noms des villes à double, par exemple Tournai – Mouscron / Doornik – Moeskroen. En Suisse on n’est pas si mal lotis avec notre röstigraben, finalement !
De ce que j’en ai vu en 6h, les seuls endroits qui valent le coup à Bruxelles sont en fait tous autour de la Grand-Place, où j’ai apprécié les jolis bâtiments en pierre blanche (sinon les autres… bof…). Nous sommes forcément allés voir Manneken Pis, qui était déguisé en balayeur cela dit en passant. Nous avons aussi vu Jeanneke Pis, son pendant féminin, qui se trouve au fond d’une petite rue derrière des grilles. Mais c’est à un endroit stratégique, puisque c’est juste à côté du Delirium Café, un endroit (tout sombre…) qu’on se devait de visiter. Ne sachant que choisir parmi les plus de 2000 bières disponibles, nous nous sommes laissés tenter par celle dont le lieu nous inspirait : on a donc trinqué avec deux « Delirium Tremens », bon choix ! Avec Freddy, on s’est ensuite séparés autour de deux gaufres sur la Grand-Place, lui rentrant 1h plus tôt pour ensuite sortir à Rotterdam, moi continuant ma ballade sous le signe des BD avant de retrouver Delft.

vendredi 20 février 2009

Premiers pas à Delft

Lundi, une grosse heure après avoir quitté Leusden, nous étions déjà arrivés à Delft, un peu en avance pour mon rendez-vous avec la secrétaire du labo. Elle devait être là vers 10h, mais suite à des imprévus et je ne sais pas quoi, elle n’était là qu’à 13h et quand on se rencontre enfin elle me dit de suite que le minibus emprunté doit absolument être rendu à 13h30. Ce qui fait qu’en une demi-heure, on a foncé avec mon tas de bagages au bureau des logements, j’y ai vite signé mon contrat de location et on a décampé vite fait pour qu’elle me dépose devant la porte du bâtiment avec ma valise et mon sac. A l’arrache. J’ai donc découvert mon studio toute seule comme une grande. Première réaction : trop bieeeennnn, c’est énoooorme, tout moderne et bien équipé !!! En attendant les photos qui seront beaucoup plus parlante, sachez juste qu’il y a deux lits, donc j’ai bien de la place pour un visiteur, si ça vous tente ! Un peu plus tard, après avoir passé 2h à putzer (disons qu’ils n’ont pas la même notion que moi de la propreté, et que mon prédécesseur avait de courts cheveux noirs – détail dont je me serai bien passé –), j’ai quand même trouvé que toute cette surface était moins chouette, hum. Enfin bref, maintenant que c’est plus propre, c’est top ! Durant l’après-midi, je suis aussi allée au centre-ville (20 minutes à pied) pour m’y repérer et compléter mes courses. Après la pluie gelée de l’autre jour, j’ai expérimenté un temps sensiblement différent mais tout autant adorable : la bruine qui a l’air de rien mais qui vous trempe en quelques minutes ; très vicieux ! Ce n’est en tout cas pas durant cet hiver que je risque de me prendre un coup de soleil... Toutes ces aventures (et la courte nuit précédente) m’ont complètement claquée, je n’ai pas pas eu le courage de défaire ma valise, avant de me coucher je me suis juste contenté d’extraire ce qu’il me fallait pour le lendemain, laissant le studio dans un joyeux désordre.

Mardi matin, j’avais rendez-vous à TU (Technische Universiteit) – qui se trouve à 10 minutes à pied – pour que la secrétaire du labo fasse un petit topo, avec choses à régler, rapide visite du labo, conseils et astuces. Je n’étais pas la seule à être nouvelle, il y avait aussi Sofia qui vient de Madrid, et François et Julien de Montréal. En début d’après-midi, Shafqat, le doctorant qui va superviser mon projet, m’a briefée plus en détail sur ce qui nous attend pour les quelques mois à venir. Ensuite, j’étais libre de rentrer à l’appart’ pour (enfin !) ranger un peu en attendant que les autres échanges aient terminés leurs meetings avec leurs tuteurs respectifs, puisque nous avions l’intention d’aller tous ensemble en ville pour acheter des vélos. Sofia ayant quitté TU trop tard, nous sommes justes allées au centre où je l’ai aidée à se repérer. Finalement, soirée tranquille chez moi, malgré les autres nouveaux qui ont tenté de m’amadouer pour aller boire une binch au centre, mais leur timing n’était malheureusement pas bon, à ce moment-là j’étais déjà en pyjama et en pleine conversation sur Skype avec mes parents…

Hier, bonne surprise au réveil, il y a (un peu) de soleil, que je n’avais même plus aperçu depuis samedi ! Ce cadeau-là m’a bien fait plaisir pour mes 24 ans. [Et c’est là que je remercie ceux qui y ont pensé !] Je n’ai passé que la matinée à TU, où j’ai entre autre enfin mon poste de travail (dans une salle commune tout en verre, avec d’autres étudiants en master). J’y ai donc rencontré des nouvelles têtes, entre autre Freddy (Français) et Peter (un autre Québécois), ainsi que plein de gens dont j’ai forcément déjà oublié le nom. Un petit groupe est passé dans la salle, à la recherche des quatre « nouveaux », pour nous dire de venir avec eux à un bar qui, chaque mercredi, est le lieu où se retrouvent (surtout) les étudiants en échange : De Ruif
Pour mon anniversaire, je me suis offert deux choses vraiment vitales : 1. un câble internet qui fait plus d’1.5m comme celui que j’avais, ce qui me semblait assez long (j’ai été naïve, j’avais imaginé que la prise serait à proximité du bureau, mais ces génies l’ont placée sous le lit, pas à portée de la table…). 2. un vélo, après avoir survécu à deux jours sans (1h de marche intensive par jour, dur dur, surtout sous la pluie). La bestiole est encore un peu à apprivoiser, parce que le coup des freins torpedo, le guidon en U et l’unique vitesse, ça me change pas mal, hihi. Et surtout, il faudra aussi que je me mette à me lancer sur les pistes sans craintes, malgré la tonne de monde en deux-roues ! Les jours à venir promettent d’être intéressants, rien qu’à ce niveau déjà. Je vous disais que l’heure de marche quotidienne me fatiguait bien, mais alors je dois dire que mater les ponts et le vent (pas encore expérimenté personnellement, d’ailleurs) avec mon unique vitesse, ça va être très sport en vélo aussi ! Rien que le premier trajet depuis le centre-ville m’a crevée, c’est fou (et surtout moche tous ces pavés).
J’ai donc passé la (fin de) soirée au Ruif, où j’ai bien entendu rencontré des nouvelles personnes, encore et encore. Deux Tchèques, un Hollandais (Wally) et une Française de Montréal (Aurélie). La soirée démarre vraiment qu’autour de 23h, et on en est ressortis qu’après 2h, à la fermeture. Certains avaient faim, et Wally en a profité pour nous faire visiter Delft en pleine nuit à vélo, et nous donner quelques « trucs » qui peuvent s’avérer utiles suivant les événements (comme l’endroit qui vend des kebabs-frites toute la nuit, et un endroit pas mal où il y a des concerts). Pour finir, ce n’est que vers 3h qu’on s’est tous dispatchés dans nos logements respectifs.

N’ayant pas pas d’obligation d’aller à TU ce matin, je me suis accordé un réveil en douceur vers 9h-10h. L’après-midi j’ai fait connaissance avec la grosse machine que je vais utiliser pour mon travail, et là j’ai passé une soirée tranquille chez moi.

Comme vous le voyez, 3 jours à Delft et déjà mille trucs à vous raconter vu mes journées variées ! Et je me sens déjà chez moi aux Pays-Bas et à Delft, c’est juste de la folie !
Encore une petite chose : plus tard, j’ajouterai quelques photos pour agrémenter ce 3615 mylaïfe, ne vous en faites pas ;)