Affichage des articles dont le libellé est Delft. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Delft. Afficher tous les articles

mercredi 1 juillet 2009

Appelez-moi Master

Ca y est, c’est fait, j’ai mon Master !!!
Ca s’est passé plutôt in extremis (pas de détails, tout raconter ne vous apporterait pas grand-chose…), ces dernières semaines no-life m’ont vraiment épuisée à la fois mentalement et moralement… Mais c’est bon ! Le soulagement n’en est que plus grand !

Après avoir rendu mon rapport le 19 juin, j’ai continué à m’enfermer chez moi, cette fois-ci pour préparer la présentation de mon travail, qui a eu lieu mardi 23 juin, entre autre en présence de ma prof suisse qui a fait un aller-retour durant la journée. Encore en dernière minute, on m’a bien aidé à avoir des bons coups de chaud, pas simple à gérer… Mais je crois que ma présentation était potable vu le temps que j’ai eu à disposition pour m’y coller. Par contre l’espèce d’examen oral que j’ai eu seule face à mes superviseurs était loin d’être glorieux… In extremis le Master, je vous dis !
Pian, Paul et Mike se chargeaient du soutien familial, c’était bien de les avoir proches en ce mardi. Et dans l’auditoire se trouvaient aussi quasi tous mes copains (et quasi pas de personnes externes), des visages bienveillants et rassurants alors que j’endurais cette dernière épreuve en somme ! Après ces émotions et le soulagement final, j’ai fait visiter le laboratoire à ma famille, ce qui a l’air de leur avoir bien plu, et surtout les bouts d’avions et hélicoptères qui traînent dans le hall des tests les ont amusés (alors que pour moi il est dorénavant tout à fait normal d’avoir un cockpit à portée, ainsi qu’un F-14 ou F-18).
Pour marquer le coup avec mes amis, on s’est retrouvés assez nombreux sur la terrasse du Bebop, avec en musique de fond un jazzband en live. Notre tablée était vraiment sympa. Tellement sympa que nous sommes restés entre 21h et 2h ! La fin de soirée (vu l’heure, on va même dire la fin de nuit) s’est déroulée chez un copain.

Mercredi, c’est donc la tête dans le pâté que je suis allée à TU. Et oui, j’avais beau avoir rendu mon rapport et fait ma présentation finale, il y avait encore un tout petit détail à régler pour l’EPFL : la réalisation d’un poster A0 résumant mon travail. Il se trouve que cette tâche (gratuite, vu qu’on n’aura aucune note et que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à nous ennuyer jusqu’au bout…) s’est avérée plus ardue que prévu, à cause du format spécial. Bref, j’ai passé mon après-midi à me battre sur Powerpoint pour arriver à la conclusion qu’il faut laisser tomber et apprendre à utiliser Adobe Illustrator vite fait bien fait… Or il était déjà l’heure de quitter l’université et de se diriger vers le bord d’un canal à côté du centre pour fêter la fête national du Québec (Saint Jean-Baptiste) et d’aller ensuite au Ruif pour une ultime soirée Erasmus. Le bar était vraiment vide, vu que tout le monde est en période d’examens. Qu’à cela ne tienne, notre groupe a investit les lieux, on s’est bien amusés, et nous avons squatté la terrasse jusqu’à la fermeture de 2h, après quoi nous sommes allés faire du bikefishing avec Martin et Daniel (les derniers arrivés de Montréal), ce qui nous a encore donné faim pour des burgers et kebabs.
Jeudi, tête dans le pâté, deuxième épisode ! Ma journée (qui ne commence pas avant 11h, on est bien d’accords) était marquée par la courte visite de ma Maman, qui était arrivée la veille aux Pays-Bas. Sa fille masterisée lui a fièrement montré là où elle a passé quatre mois inoubliables, en lui présentant un tas de monde, allant de la fameuse secrétaire aux fabuleux techniciens. Après ce lab tour, je suis retournée à mon poster, pour 3h petites mais laborieuses heures… Je n’ai pas pu faire plus long, car le BBQ de la Faculté débutait ! Des supers bonnes grillades, des salades, une tireuse d’Heineken, des vins, des amis, des collègues, des gens croisés un peu tous les jours au labo : que demander de plus ?! L’université étant verrouillée à 22h tapantes, un large groupe a continué la soirée au centre ville, et ensuite ça s’est fini jusqu’à pas d’heure chez moi.
Vendredi, tête dans le pâté, sprint final ! Finir ce satané poster dans les temps a nécessité un effort bien plus important que prévu, même si ce que j’ai rendu est vraiment minable. Tant pis, je ne suis apparemment plus à un truc de bâclé près, surtout que cet exercice ne compte en rien pour l’obtention du master… Après trois soirées très très remplies, j’ai consacré mon vendredi soir à des tâches bien glauques chez moi : vider mes armoires, faire ma valise, empaqueter divers trucs, trier les choses que j’avais à donner à mes voisins et amis. Ce qui fait que je me suis retrouvée dans un studio très impersonnel durant ces derniers jours !
Samedi, Paul et ma Maman sont venus embarquer quasi toutes mes affaires – ce qui me permettra de quitter Delft qu’avec un sac à dos dans quelques heures – et nous sommes allés manger une dernière fois au Sate bar à Rotterdam. Je suis rentrée seuls sur Delft pour larver chez moi, puisque j’avais quelques heures de sommeil en retard et qu’en plus il faisait une chaleur écrasante ! C’est requinquée que j’ai rejoint une grosse et ultime fête dans un bâtiment voisin, l’occasion de revoir un tas de monde que je n’ai croisé qu’à ce genre de fêtes et de leur dire au revoir…
Avant-hier, nouveau festival à me mettre sous la dent : Parkpop à Den Haag, le plus grand festival pop gratuit d’Europe. Comme nous sommes y allés avec un large groupe, nous nous avons évidemment perdu la moitié dans la foule, et ce avant même le premier concert. Impossible de se retrouver, tant pis, tout le monde se promènera au grès de ses envies ! Sans vous débiter un compte-rendu complet, voilà la liste des artistes que j’ai écoutés : le ska presque qu’instrumental (donc idéal pour émerger) de Skatalites, Dana Fuchs Band le temps d’une chanson horriblement braillée, l’agréable Sabrina Starke, la blague Dio & Sef dont un tube (Tijdmachine) m’a suivi depuis février donc les voir en live était un moyen de boucler la boucle en quelque sorte, les Britanniques The Pretenders (I’ll stand by you) qui ont la pêche malgré leur quasi 60 balais, le Flamand Milow (You don’t know / Ayo Technology) qui est entrain d’être bien connu et que j’aime de plus en plus. J’ai absolument adoré son concert, j’apprécie beaucoup les artistes qui partagent la scène avec leur groupe, au sens où il laisse une bonne place à ses copains musiciens et sa copine choriste de première classe.

Hier après-midi, c’était mon traditionnel cake d’adieu à TU, avec en prime une tournée de remerciements aux techniciens. En début de soirée, nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine de quasi que francophones pour aller manger ensemble sur la terrasse d’un restaurant au centre. Depuis que j’entendais parler des spare ribs de Billy Beer, je ne pouvais pas quitter Delft sans y aller. Et ça en valait effectivement le détour ! Je suis allée au Bebop pour une ultime after, avec les plus valeureux, même s’ils devaient bosser le lendemain.
Ma dernière soirée à Delft était vraiment super : passer du bon temps avec des amis qu’on n’est pas forcément sûrs de revoir un jour alors qu’on a partagé plein de choses ensemble, c’était la meilleure des manières pour marquer le coup ! La toute dernière chose qu’il me restait à faire en rentrant chez moi en ayant dit au revoir à mes potes en chemin était d’aller abandonner mon fidèle vélo, accroché à un poteau près de chez moi pour qu’une copine le récupère et le promène à ma place dès le lendemain. Ca m’a fichu un sacré cafard, mine de rien…

J’ai rendu les clés de mon studio en fin de matinée aujourd’hui, et suis partie rejoindre ma famille, dans un premier temps à Leusden, puis à Houten pour un dernier Wok restaurant avec ma Maman, Pian, Yoeri, Mike ainsi que leurs conjoints et enfants. Et je renterai en Suisse demain en début de soirée…


Voilà, ça c’était pour mes diverses célébrations post-réussite de Master ! Avant de vous parler de mes grands projets en Suisse, gros flashback puisque je n’ai toujours pas partagé mes aventures trépidantes depuis fin mai !

Le vendredi précédent le long weekend de Pentecôte, après une journée vraiment pas productive du tout (labo vide, et gens qui ne passent qu’en coup de vent en cours d’après-midi pour vous attirer hors de l’uni), nous avons profité d’un petit moment de relaxation (et baignade pour certains) avec un gros groupe de francophones (et un Espagnol) au bord du lac. Enfin… « lac ». Le gros étang à Delftse Hout, qui est infesté de moustiques qui apparemment ne prennent même pas la peine de piquer. Des connaissances de copains amenant de connaissances, une chose folle s’est produite : j’ai rencontré « mon » premier Suisse de Delft ! Et hasard fort de fruit, il est moitié Suisse, moitié Néerlandais. Un vrai compatriote, quoi !
La soirée – ou plutôt de la nuit – au centre-ville a été un peu poussive à débuter, mais c’est la routine quand on sort avec des Espagnols (et Marina, une Canado-Russe arrivée durant mes vacances), eux qui ont vraiment l’habitude d’être lents, très lents au démarrage…

Dimanche, il était temps de débuter ma série de festivals estivaux, youpie ! Le Pinkpop fêtait sa 40ème édition, et est dans la lignée du Paléo. Plus de trois heures de multiples trains et bus navette étaient nécessaire pour rejoindre Landgraaf, tout au sud et à la frontière allemande. Je vous épargnerai le compte-rendu détaillé (si ça vous intéresse, manifestez-vous et je vous redirigerai), sachez juste que j’ai vu Madness (raison de mon déplacement, et j’ai bien fait !), Keane (ça, c’est fait), James Morrisson (à force d’entendre à la télé…), Placebo (beurk), et le groupe Krezip (remplacement de dernière minute pour Depeche Mode qui a dû annuler). Sinon, je ne peux quand même pas m’empêcher de dire qu’on a sacrément de la chance avec le Paléo, où (presque) tout est bien pensé. Et c’est en allant voir comment cela se passe ailleurs que je m’en rends mieux compte.
Petite anecdote pour la route : il faut croire que les montagnes me manquent plus que je ne le crois. C’est stupide, mais voir des champs un peu ondulés et une petite colline dans cette région si éloignée, ça m’a fait un petit quelque chose ! C’était plutôt inattendu puisque cela faisait 2-3 mois que je clamais haut et fort que, tant que ce ne serait pas la période de mon trip à mon chalet ou alors le trip luge, la montagne ne me manquerait pas…

Et au niveau de mon projet de master, c’est en fait durant la semaine qui a suivi que les choses ont commencé à devenir intenables, après réunion vraiment tendue… Dès lors, je n’avais plus d’autre choix que la no-life attitude ! Socialiser ? Parler avec des gens ? Connais pas… Pas le temps…

Or avant le cataclysme, j’avais déjà prévu deux choses auxquelles je ne voulais absolument pas renoncer !
Ma première distraction était le Zomerfestival, sur le campus à deux pas de chez moi. La musique plutôt hollando-néerlandaise n’était pas forcément attrayante, mais tout à fait suffisante pour se défouler entre amis.
La deuxième et dernière distraction, c’était un nouveau match de foot des Oranje au stade de Rotterdam, le Kuip, apparemment le plus populaire du pays car le public est très proche du terrain. Il s’agissait d’un match qualificatif pour la Coupe du Monde (alors qu’en fait les Pays-Bas venaient d’assurer leur qualification en Islande) contre la Norvège, battue 2-0 sous une pluie battante. Avec Jeroen, on l’a bien sentie passer puisque nous étions au bord du terrain, absolument pas à l’abri !
Et ensuite, c’était donc la trilogie infernale rapport – défense – poster, et les multiples festoyages racontés au début de ce billet !


Comme dit, je rentre demain (mercredi) soir en Suisse. Jeudi, j’aurai un certain nombre de trucs barbants à régler, mais j’espère pouvoir traîner un peu au port et voir des gens qui m’auront manqué... Et dès vendredi, je staff au Montreux Jazz ! Donc si vous y allez, faites-moi signe (je devrais être dispo avant 18h et dès la fin des concerts, disons vers 1h). Ensuite je serai bien évidemment toute la semaine au Paléo, autre occasion de revoir du monde entre les concerts (ou dans la voiture sur le chemin du retour, si vous avez une place pour moi…). Dooonc si vous n’allez ni à Montreux ni à Nyon, on n’a pas beaucoup de chances de se croiser avant le 27 juillet !


Pour conclure, petite chose à propos de l’avenir de ce blog…
Etant donné qu’il est censé se passer plein de choses passionnantes de mon côté en 2009 (après le projet aux Pays-Bas et les vacances qui suivent, puis la recherche d’emploi et d’appartement en Suisse, youpiiie), je pense continuer à alimenter très irrégulièrement cet espace au fur et à mesure des news incroyables. Qu’est-ce que vous en pensez ?? (Oui, j’attends des réactions !)

vendredi 8 mai 2009

Vacances & visites de Suisse

La semaine dernière je ne suis pas allée à l’université. Je me suis accordé 3 jours de vacances, ce qui équivaut à avoir 10 jours off vu les circonstances : la Fête nationale a lieu le 30 avril, le 1er mai est plus ou moins férié pour les trucs en rapport avec l’Etat (dont TU), le 4 mai est un jour de commémoration de ceux qui sont morts durant la seconde guerre mondiale en servant le pays en Europe et en Asie (Dodenherdenking – Remembrance Day), et le 5 mai c’est la célébration de la fin de la guerre (Bevrijdingsdag – Liberation Day). Et si vous regardez le calendrier, vous verrez que les jours intermédiaires étaient un samedi et un dimanche, donc youhouhou, perfect !

Durant la matinée du lundi, je suis allée visiter le Van Gogh museum à Amsterdam. L’entrée est chère, mais l’exposition « Les couleurs de la nuit » en valait le coup. C’est très bien amené, chaque visiteur a des écouteurs pour des explications bienvenues, et cela débute avec des tableaux d’autres peintres qui ont inspiré Van Gogh. Cette expo est parcourue en un peu plus d’une heure, et une demi-heure m’a suffit pour jeter un coup d’œil aux tableaux de l’expo permanente, sans audiotour cette fois-ci. En cours d’après-midi, Dédé est arrivée à l’aéroport alors je suis allée l’accueillir, on est rentrées gentiment sur Delft avec pour seul et unique but de la soirée de planifier notre semaine et prendre des grandes décisions. C’est le genre de chose qui nous prend mille ans, puisqu’on n’est vraiment pas très douées pour ça, hum. On pensait avoir fait d’incroyables progrès puisque ça s’est fait assez rapidement (tout est relatif), mais à ce moment-là on ne savait pas encore que nous n’allions pas franchement suivre ce qui était prévu ! Et bien sûr, on a papoté jusqu’à pas d’heure, girl time power !
Nos supers idées de visites pour mardi étant toutes outdoor, elles sont tombées à l’eau vu le temps pourri. On s’est donc décidées à aller s’abriter dans les magasins à Amsterdam, avec quelques idées en tête. Puisque c’est nous, on n’a bien entendu de nouveau pas du tout fait ce qu’on pensait. Comme il faisait tout gris mais sec, cela nous a permis de nous balader tranquillement dans la ville que nous avions déjà visitée ensemble en 2005, jusqu’à la kermesse (les Hollandais adorent les fêtes foraines) qu’il y avait sur la place du Dam. Une ville (et un pays) aussi plate a un avantage tout simple : perchées sur une espèce de balançoire tournant à 60m du sol, on a une vue imprenable et largement dégagée ! Redescendues sur le plancher des vaches, on s’est promenées à travers les canaux en passant au marché aux fleurs (Bloemenmarkt), et entre temps les magasins étaient déjà fermés, alors nous nous sommes laissées tenter par des cocktails sur Rembrandtplein dans un bar australien (?) sympa, que nous avons quitté juste avant la retransmission du match de Champions League, pour traverser le quartier rouge en direction du quartier chinois adjacent, où nous avons découvert le restaurant A-fusion, bien coté au Gault-Millau (ça rigole pas !). C’était teeeellement bon et bien présenté, je crois qu’on s’est un peu fait exploser le bide avec du pepersaus ossenhaas pour moi et des crevettes pour Dédé.
Mercredi, Dédé a découvert les joies du vélo aux Pays-Bas, entre mon studio et la gare. Je lui ai quand même laissé mon vélo, qui est un chouilla moins pourri que le second que j’ai récupéré (oui, la roue avant est bien voilée… Et alors ?! Du moment que ça roule…), histoire de ne pas (trop) la traumatiser. Nous avons passé la journée au milieu des tulipes, puisque c’est LE moment (quoique, les 2 semaines précédentes étaient encore plus propices, alors qu’actuellement c’est quasi terminé). Le Keukenhof est un parc célèbre pour en voir de toutes les couleurs. La soirée du 29 avril, précédant ainsi la fête nationale, est traditionnellement l’occasion d’une énorme fiesta (Koninginnenach) à Den Haag, ancienne capitale et lieu de résidence de la famille royale (sauf erreur). Nous nous sommes donc noyées dans la masse, à la kermesse (excellent le carrousel qui nous a secouées, hihi), à proximité des différences scènes montées en pleine ville, vers le bar à Malibu, et euh voilà. En fait, le secret de la gestion de cette soirée, c’est qu’il ne faut pas trop boire et ne pas rentrer trop tard, sinon le lendemain à Amsterdam est plus que rude !
Jeudi 30 avril, Koninginnedag à Amsterdam ! La capitale n’était pas simple à atteindre, maintenant je comprends mieux pourquoi tout le monde m’a dit d’arriver tôt (vers 10h) et insistait qu’il fallait rentrer tôt aussi (vers 19h). Avec Dédé on n’a quitté Delft que vers 11h, et on a mis 2h en train pour y arriver, soit le double du temps habituel ! Mais nous avons dû laisser passer deux trains et effectuer un changement en chemin… Le retour était un peu mieux, assises en 1ère classe jusqu’à Leiden, mais debout serrées vers les portes pour les 20 dernières minutes. Enfin bref. Vous vous souvenez de la vague orange qui a déferlé sur la Suisse l’été passé durant l’Euro ? Vous n’avez rien, mais alors absolument rien vu ! Plus orange qu’Amsterdam un 30 avril, tu meurs ! Habits, chapeaux, lunettes, trucs extravagants : ces gens sont fous, c’est excellent ! La ville était absolument bondée (et 100% piétonne au centre), les artères principales remplies par la foule marchant vers les différentes scènes, les canaux bourrés de bateaux oranges avec musique. Globalement, je n’ai jamais vu une fête pareille, et pourtant j’ai passé un Nouvel-An devant Big Ben ! Il y avait teeellement de monde, mais surtout une teeeeellement chouette ambiance ! Bon enfant ! Joyeux ! Ca ne pousse pas dans la rue, les gens sont tout fou-fou sans enquiquiner ceux qui veulent passer ! Tout le monde est uni dans le même trip, c’est hyper agréable ! Dédé et moi avons traversé la ville de la gare centrale jusqu’à Museumplein, en chemin nous avons brièvement vu ma Maman et Paul (l’ami de ma tante Pian). Durant la journée, on a bougé tranquillement d’une scène à l’autre. Et nous n’avons pas résisté de retourner au restaurant A-fusion avant de rentrer tôt sur Delft. Ce n’est qu’en arrivant au studio que nous avons appris ce qu’il s’était passé à la mi-journée à Apeldoorn, lors de la visite de la famille royale : un abruti a décidé de s’en prendre à la Reine Beatrix (qui était dans un grand car) en lui fonçant dessus (avec une petite voiture ridicule). Ce c****** a renversé et tué des spectateurs dans la foule qu’il a traversée avant de se tuer contre un monument. Je peux vous dire qu’ici tout le monde est sous le choc qu’une chose pareille se soit passée ici, alors que c’est si calme d’habitude (comme en Suisse, quoi). Ce drame a sérieusement terni la fête dans le pays, où les célébrations ont été carrément annulées, mis à part à Amsterdam (impossible de tout stopper avec autant de gens en ville !) où les festivités n’ont été que raccourcies (jusqu’à 19h au lieu de 1h)…
Dédé est repartie vendredi, après avoir fait un aller-retour à Amsterdam. J’y ai ensuite retrouvé ma Maman pour une séance de shopping chez Mexx (qui apparemment nous arnaque bien en Suisse, en doublant le prix en euros…). Pour une fois, cela n’a pas été une tare (!), et je me suis trouvé un costume parfait en 30 minutes chrono. J’adore les faites pour les Hollandais, je n’ai au moins plus l’impression d’avoir une taille bizarre, quel bonheur ! Rentrées à Delft, nous sommes allée manger au restaurant chinois que j’avais testé avec Sarah : miam !

Samedi, c’était au tour de ma Maman de (re)découvrir les joies du vélo aux Pays-Bas. Elle trouvait mon vélo tout à fait correct en photo, mais une fois assise dessus elle l’a tout de suite trouvé moins « luxe », avec le pédalier qui bouge un peu. Nous sommes parties de bonne heure pour une excursion à Terneuzen (au sud en Zeeland, à plus de 2h30 en train/bus avec plein de changements) pour visiter une vieille tante qui avait pour habitude de venir en Suisse chaque année. Je n’avais plus pu converser avec elle directement depuis que j’étais petite (et que je parlais toujours néerlandais, donc), alors je pensais un peu l’impressionner en lui sortant des petites phrases improvisées et en répondant à quelques unes de ses questions, en l’absence d’intermédiaire. Mais elle avait l’air de trouver ça tout à fait normal, pffff. Après avoir dîné et marché sur la digue jusqu’en ville, nous sommes reparties jusqu’à Roosendaal, à mi-chemin, où vit une amie de ma Maman, qu’elle n’avait pas revue depuis une dizaine d’années. Papotage, souper (19h, donc c’était tard pour eux), tasse de café/thé (à 20h30, c’est sacré ici), et il était déjà temps de rentrer chez moi.
Dimanche, grasse matinée jusqu’à… 8h30 ! Oui alors ça, je n’ai pas compris non plus, surtout que le temps était bien morose. Bref. Après quelques courses à vélo sous la pluie (ô joie), nous gardons espoir (météorologiquement parlant) et nous décidons à aller à Madurodam, à Den Haag. C’est un parc où des bâtiments caractéristiques et monuments néerlandais sont miniaturisés. J’y étais allée il y a 21 ans, et le but du jour cette fois-ci était de reproduire plus ou moins les mêmes photos, avec moi qui dépasse les maquettes au lieu de l’inverse, haha ! Au début le soleil était réapparu, mais après, qu’est-ce qu’on a caillé ! En rentrant on s’est quand même promenées à Den Haag, avant d’aller souper à Delft dans un café-restaurant super sympa derrière la grande place du marché, De Waag. Et nous avons fini la soirée à échanger le contenu de la valise que ma Maman a embarquée (des habits plus légers), contre des fringues chaudes (dont ma grosse veste d’hiver). Parce qu’il faut bien prévoir mon retour en juillet, et il est absolument illusoire de tout faire rentrer dans 2 valises et 2 sacs !
Lundi matin, nous sommes allées pédaler dans Delft : les ponts levants (et levés juste quand on veut passer, grrrrr), les petits canaux, l’ancienne et la nouvelle église, la place du marché, les rues commerçantes, le campus de TU, … Nous avions bien calculé notre coup, pour être à l’heure d’un tour de visite à la fabrique Royal Delft, devant laquelle je passe en vélo à chaque fois que je vais faire mes commissions. Ma Maman aimant bien ces céramiques, c’était l’occasion ou jamais pour y aller. La visite était assez courte, mais intéressante. Le Bleu de Delft est très connu, mais en fait c’est d’abord peint en noir et l’oxyde de Cobalt devient bleu à 1700°C lors de la seconde cuisson (si j’ai bien retenu). Ma Maman est finalement rentrée en direction Leusden en début d’après-midi, après avoir plié ma lessive comme à la maison (ça ne s’invente pas !).
Quelques heures plus tard, je suis partie en direction d’Amsterdam, pour y faire un tour sur les canaux ! Jeroen et son frère Bas y ont récemment acheté un petit bateau, et ils m’en ont fait profiter, avec Jasper et sa copine Larissa. Nous avons commencé notre ballade peu avant 20h, heure à laquelle il était impératif de s’arrimer quelques instants pour respecter les deux minutes de silence pour le Dodenherdenking dont j’ai parlé plus haut. Car si on ne se tait pas, on passe vraiment pour des rustres. Nous avons navigué pendant près de 3h, ce qui qu’on a eu droit à la tombée de la nuit et ensuite à l’ambiance toute romantique avec les ponts joliment illuminés. Mais qu’est-ce qu’il faisait froid ! Mary Jane – le bateau – nous a permis de faire un joli tour sur le canal Amstel, devant la brasserie Heineken, Leidseplein, le quartier du Jordaan, Muntplein, et finalement de retourner vers le grand théâtre Le Carré. Après avoir repris le métro à Amsterdam (une première pour moi : disons que c’est un peu rustique pour quelque chose qui est en construction depuis 1977, mais ils n’arrêtent pas d’avoir des soucis pour avancer puisque la ville est construite sur un tas de sable…) et attrapé un train plus ou moins direct pour Delft, nous avons encore vite pédalé sous la pluie à 1h du mat’.
Mardi, après une vraie (!) grasse matinée, je me suis préparée psychologiquement à bosser de nouveau dès le lendemain. J’ai soupé chez Jeroen avec son pote Ivo, avant d’assister à la déroute d’Arsenal qui a été bouté hors de la Champions League par Manchester United aux portes de la finale. Pour se consoler (enfin… ME consoler) ils m’ont initiée aux joies de la Wii avec du bowling (me suis faite éclater, bien évidemment) et du tennis (me suis presque pas faite éclater, mais quand même).

Mercredi, mon programme s’est résumé à mon boulot ! J’ai recommencé à TU sur les chapeaux de roue, en y passant plus de 11h, pour une journée légèrement hyperproductive. J’ai pu avancer encore mieux que je ne le voulais, c’était inespéré. Peut-être que l’absence de mon superviseur (jusqu’à la fin de semaine prochaine, youhouhou) m’a donné un sérieux coup de pouce, lui qui a tendance à rester sur mon dos juste aux moments où il ne faut pas (autrement dit, en plus d’un sens de la communication hyper développé, il a le sens du timing…).

Allez, je vous promets que le prochain billet sera plus court ! (Ou pas ?!)

lundi 13 avril 2009

Weekend de Pâques

Vendredi Saint, j’ai passé la soirée avec une bande d’Espagnols et de Portugais, dont Ruben qui commençait à fêter son anniversaire, au bar De Kurk, un pub sympa qui était très animé dès 1h ! Entre deux bières, j’ai réussi à désamorcer un (énième) rush sur Bruxelles pour le lendemain, les autres étant du genre à décider absolument à la dernière minute (et de changer d’avis au dernier moment, aussi). Bref, il est clair que j’aimerais aller visiter la capitale belge si proche, mais je ne compte pas y aller plusieurs fois, ce qui implique quand même un minimum d’organisation pour repérer ce qu’il y a à voir et à tout combiner en quelques heures, puisque ça se fera probablement en aller-retour !

Comme en Suisse, il a fait plus que chaud et beau ce weekend. Temps propice à quelque chose que j’adore : les barbecues. Samedi soir, c’était mon premier barbeck de la saison pour l’anniversaire de Ruben, youhouhou !!! Il avait lieu sur le toit du bâtiment voisin, qui n’est pas franchement safe à atteindre : il faut aller dans la cage d’escaliers jusqu’au dernier étage, puis faire un entassement branlant de tables de chevet sur une table de cuisine sous la trappe, plus des gars costauds en renfort pour hisser celles et ceux qui n’arrivent pas à monter par leurs propres moyens, c’est-à-dire à la force de ses pauvres bras. Vu qu’on va vers la saison des barbecues, il serait bien judicieux de se cotiser pour une bonne échelle, histoire que personne ne se blesse en montant ou en descendant (un mec s’est légèrement disloqué une épaule en descendant il n’y a pas longtemps)... Le BBQ était un peu foireux (mise en route difficile, surtout quand on commence à s’en inquiéter quand il fait déjà nuit), mais c’était un joyeux bordel dans la joie et la bonne humeur, et après s’être quelque peu acharnés nous avions enfin des bonnes braises ! Il y avait des gens d’un peu partout, des Portugais, les incontournables Espagnols, les Québécois Franck et Peter, Marko un Serbe, des Allemands, … Mais toujours pas d’autre Suisses (francophones ou pas), cela fait maintenant deux mois que je suis à Delft, et je n’en ai pas rencontré, à croire que je suis la seule et l’unique ici.

Dimanche de Pâques, les cloches des églises se déchaînaient alors que j’étais sur mon vélo, mais mon but était beaucoup plus fun : je suis allée à l’étranger, à Anvers (Antwerpen en néerlandais), qui se trouve à moins d’1h30 de Delft. C’est donc sur cette ville que j’ai jeté mon dévolu, me disant que quelques heures seraient amplement suffisantes pour en faire le tour, donc pas besoin de se lever à l’aube. Il n’y a absolument aucun contrôle pour passer la frontière, c’est parce qu’il y a une nouveauté dans l’espace Schengen depuis le 1er avril, non ? Enfin bref. En tout cas, tout est semblable à ce que je vois aux Pays-Bas, mis à part leurs plaques d’immatriculation rouges, l’absence de canaux, et un nombre de cyclistes très limités (les pistes, ou plutôt leur absence n’est pas encourageante). Ceux qui ne comprennent rien au néerlandais n’entendent pas de différence en passant la frontière. Mais alors pour moi c’est toujours troublant d’aller en Flandre, parce que ma compréhension n’est franchement pas terrible, avec qu’en Hollande je gère relativement bien. Comme tout le monde le sait, la langue est un des sujets sensibles entre Flamands et Wallons, alors j’ai été bien sage et ai parlé néerlandais, ou anglais quand je n’avais pas le vocabulaire suffisant, mais alors surtout pas en français. Toujours à ce propos, j’ai été marquée par les annonces à la gare d’Anvers – qui est impressionnante avec les quais sur trois étages, cela dit en passant - , qui ne sont pas préenregistrées et sont donc faites selon l’humeur du speaker : la première fois, ce n’est qu’en flamand, et tant pis pour vous si vous ne comprenez pas une autre langue ; la deuxième fois, marmonné vite fait en français, avant d’être répété bien distinctement en flamand. Ôtez-moi d’un doute : à Lausanne, tout passe systématiquement en français puis est répété en allemand, non ? Puisque je n’avais pas de plan et que je déteste découvrir une ville sans avoir une vague idée d’à quoi elle ressemble, j’avais rusé en affichant une carte trouvée sur internet et en… prenant une photo de mon écran. J’avais l’air maline à regarder mon appareil en marchant, hihi ! En ce dimanche de Pâques, la grande rue commerçante (Meir) était morte, mis à part deux-trois musiciens qui se couraient après. Les seuls endroits animés étaient un marché bric-à-brac et, bien évidemment, les quelques endroits touristiques (Groenplaats, Onze-Lieve-Vrouwekathedraal, Grote Markt). C’est d’ailleurs sur cette petite (!) Grande place, à la Brasserie Noord, que j’ai mangé de la vlaamse stoofcarbonade (carbonade flamande), un ragoût de bœuf cuisiné dans de la bière Leffe, accompagné d’une bonne Stella Artois ! Que dire de la ville ? Alors… Personnellement, je l’ai trouvée bizarre car c’est un gros mélange de vieilles maisons avec de jolies façades, de bâtiments vieillots, et de quelques constructions plus modernes. Ca doit être cette grande inhomogénéité qui fait que je n’aime pas trop… Apparemment, Antwerpen est aussi connue pour ses diamants, ce qui me fait une belle jambe, vous en conviendrez. Et le peintre Peter Paul Ruben est la fierté de la ville, sauf qu’il ne m’évoquait rien, ce qui me fait une seconde belle jambe. Au fil de ma balade, je suis arrivée au bord du fleuve Schelde (Escaut en français) et j’ai marché au travers du château (Steen). Et voilà, j’avais vu tout ce que je voulais de cette petite ville. Ayant prévu que l’affaire serait vite pliée, j’avais un plan B (qui vous semblera peut-être un peu stupide). Je suis donc allée au… cinéma, voir « Duplicity », qui est sur tous les écrans européens mais qui ne sort qu’en juin aux Pays-Bas. Chose agréable, les salles obscures belges sont plus civilisées que les néerlandaises, que c’est agréable quand personne ne fait plein de bruit en buvant et mangeant et sortant en pleine action ! J’ai beaucoup aimé ce film, en gros un mélange entre Closer – Ocean’s Eleven – Inside Man, avec Julia Roberts et Clive Owen.

Aujourd’hui je suis restée tranquillement à Delft, subissant le boum-boum provenant d’un « Monster truck show » (?!) qui avait lieu juste en-face de chez moi. La seule chose (ou presque) constructive du jour, c’était d’aller pédaler une petite heure avec mon iPod, un peu au hasard mais avec pour direction générale le petit lac de la ville dont on m’avait parlait. Il s’agit d’un gros étang (de Grote Plas) dans lequel je n’aurais pas vraiment envie de me baigner, avec une petite bande de sable en bordure et du gazon. Ce sera peut-être un endroit pour barbecues et larvages divers, mais je préfère éviter à cause de ces saletés de moustiques… En chemin, on traverse des jolis endroits dans le bois (Delft Hout) et quelque chose qui peut être une réserve naturelle. Pas mal pour s’aérer !

vendredi 10 avril 2009

Ma galère de projet peut enfin commencer !

Toute la semaine dernière je n’étais pas en grande forme... Par ex, mercredi avant d’aller au Ruif j’avais un peu mal au crâne, un petit trajet à vélo plus tard, c’était infernal, donc j’y ai juste avalé vite faire une petite bière avant de rentrer me coucher, jusqu’au lendemain où je ne suis pas allée à TU avant l’après-midi, puisque je n’étais toujours pas bien. Samedi, pendant la journée je ne suis sortie que pour faire mes courses (en ville, les mannequins dans les vitrines étaient remplacés par des vraies personnes, c’était rigolo tout plein), j’ai écrit à mes nombreux fans et en cours de soirée, Ricardo et Jose m’ont prévenue qu’il y avait une fête dans un building voisin. C’était une barbecue party, mais malheureusement je suis arrivée trop tard pour la bidoche... Ce qui ne m’a pas empêchée de rencontrer mille monde, de TU ou des gens incrusté : des Italiens, des Espagnols (ils sont absolument partout, c’est fou !), un Iranien, des Portugais, … Bref, j’ai bien profité de la soirée et du fait qu’elle était à côté de chez moi, et surtout que j’étais rétablie !
Ce n’est que dimanche que j’ai réalisé que c’était le weekend des musées à Delft, donc quelques uns étaient gratuits. Me doutant qu’ils étaient barbants, je n’y a fait que des sauts : 3 musées en 80 minutes, vite fait bien fait ! Le musée Lambert van Meerten est dans une vieille maison jolie à visiter où sont exposé des porcelaines, céramiques, Bleu de Delft (ça, c’est fait !), par contre si on ne lit pas couramment le néerlandais, on peut se brosser pour des explications quelconques. J’ai parcouru les deux étages d’autant plus rapidement, en repérant un style moderne de Bleu de Delft (ou pas ?) qui me plait bien, cela dit en passant. Le Prinsenhof se situe à quelques mètres, dans le plus grand et plus riche ancien couvent de la ville, où le prince Willem van Orange s’est fait assassiner en 1584 (ce dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là). La scène a été reconstituée dans un escalier (c’est-à-dire il y a l’impact de la balle dans un mur), vous verrez ça en photo plus tard… Ce musée donne quelques infos en anglais, mais elles ne m’intéressaient absolument pas, et les peintures/portrait sont si sombre, je n’aime vraiment pas ce style ! Finalement, j’ai rapidement traversé le musée Nusantara, consacré à l’Indonésie, ou plus précisément à divers objets de là-bàs. C’est dingue, cela fait plus ou moins partie de ma culture, mais ça ne me parle absolument pas ! Enfin bref, ce weekend des musées aura au moins été l’occasion pour que je visite quelques trucs de Delft. Il me ne reste plus qu’à monter dans la Nieuwe Kerk pour y apprécier la vue, et éventuellement voir le musée Vermeer, et j’aurai fait le tour de ce que je voulais dans « ma » ville.

Hier je suis allée au cinéma avec deux nouveau Français, Roger et Jeremy, pour voir « Knowing », qui semblait être le genre de film d’action qu’il me fallait, pour me changer les idées et ne surtout pas réfléchir. Le film commence bien, mais les choses se gâtent vraiment pas la suite, me laissant plus que perplexe pour la fin. Et comme dans tout blockbuster, il y a des moments vraiment comiques qui sont censés être plutôt dramatiques, des situations énormissimes qui s’enchaînent, une bannière américaine qui flotte fièrement au-dessus du chaos, … C’était également mon premier ciné aux Pays-Bas, et il faut dire que c’est assez particulier. Mais alors le coup de vendre de la bière (et du pinard, à entendre les bruits de bouchons) pour les salles obscures, qu’est-ce que c’est que ça ?! Comme il n’y a pas d’entracte, les spectateurs débarquent avec deux tonnes de bouffe, leurs tas de boissons, et ils ne se gênent pas le moins du monde pour aller aux toilettes en plein film. Pas terrible… Après tant d’émotions, j’ai encore emmené les deux gars au Locus Publicus.
Cet après-midi (donc après ma grasse mat’…), il faisait un temps magnifique, et plus de proposer des températures bien agréables. J’ai fait un petit tour à vélo, en direction de Rotterdam. Sa périphérie doit se trouver à 20min de chez moi je pense, mais après 15min le petit vent de face m’a usée et j’ai rebroussé chemin. Entre les deux villes, c’est assez la cambrousse avec de vastes espaces verts et beaucoup d’animaux (vaches, chèvres, chevaux, poneys, poules, canards, …). En jetant un coup d’œil sur Google maps, je me dis que relier l’Erasmusbrug à Rotterdam depuis mon studio doit prendre moins d’une heure. Un petit défi pour ce printemps en perspective, peut-être ? Il faut que j’en parle autour de moi…


Mais pourquoi avais-je besoin de me changer les idées ce weekend ? Parce que – attention grande nouvelle –, après huit semaines de dur labeur à Delft, je fais enfin quelque chose d’utile à TU !!! Hier j’ai fait mes premiers tests, dont les résultats ont l’air plus que bien, je suis tellement contente ! Et du coup j’ai bossé dur ces derniers jours pour enfin avancer : 10h vendredi et 37h en quatre jours cette semaine. Comme vous l’avez compris, mon projet de master a rencontré pas mal de difficultés depuis mon arrivée… Alors comme promis, voilà quelques détails sur mon travail, pour que vous ayez une idée de ce que je trafique à Delft.Plantons d’abord le décor : mon projet de master a pour intitulé « Fatigue mechanism of thermoplastic composites », je suis au département Design and Production of Composite Structures qui fait partie de la faculté d’Aerospace Engineering. Mon superviseur est Shafqat, doctorant depuis 2 ans. Et je travaille plus ou moins en collaboration avec François (un des Québécois arrivé en même temps que moi), chose qui n’était pas prévue mais qui s’est avérée nécessaire vu le déroulement des choses, puisqu’après un mois, le matériau initialement prévu pour moi a dû être mis de côté, car nous n’arrivions pas à produire des échantillons corrects (problèmes techniques avec une machine) et que mon temps à Delft est compté ! Le stage de François a donc été divisé en deux parties distinctes, chacun de nous assumant la moitié des essais, sur le même type de matériaux.
Une petite explication du titre de mon projet ne serait pas superflue, je pense ! Un composite est un assemblage de deux types de matériaux, l’un étant des fibres de renforts (des fibres de verres, par exemple), l’autre étant une matrice qui solidarise le tout (en l’occurrence de la résine de nylon, qui fait partie de la famille des thermoplastiques). Une fois des plaques de ce composite produites, ces dernières sont découpées en petits échantillons (13cm x 2cm), qui doivent encore être préparés de diverses manières avant d’êtres testés. Dit comme ça, c’est un processus rapide, alors qu’il n’en est rien : si toutes les étapes peuvent se faire à la chaîne (ce qui est quasi impossible puisqu’il y a toujours des imprévus, comme des réservations de machines qui se perdent, nos précieux techniciens tellement occupés qu’ils n’ont pas forcément de temps pour aider ou des blaireaux qui se sont un malin plaisir de vous mettre des bâtons dans les roues), il faut compter une bonne semaine de préparation ! Un test de fatigue est un test d’usure qui consiste à infliger des centaines/milliers de cycles charge-décharge, c’est-à-dire que la machine tire sur l’échantillon, le relâche, retire dessus, relâche, etc. La photo ci-dessous montre mon poste de travail, avec la machine de fatigue au milieu, des spots et des caméras qui pointent sur l’échantillon, un ordinateur qui gère les données de ces dernières et un autre ordinateur qui contrôle la machine. Les données qui m’intéressent sont l’évolution des déformations du composite (mesurées par un système sophistiqué de caméras qui vaut 50'000 euros, la classe), le nombre de cycles avant sa rupture, et le profil de rupture qui sera étudier par microscopie électronique. Le but du jeu étant de se baser sur diverses configurations du composites pour mieux comprendre quels sont les mécanismes qui entrent en ligne de compte, et ainsi tenter de les contrecarrer avec de nouveaux designs.

vendredi 13 mars 2009

Rotterdam, et Delft à vélo

Vendredi soir, comme « prévu », le coup de la fiesta espagnole était plus que foireux. Avec Julien, on s’est retrouvés chez François à 23h30, puis on a bougé chez Sofia avec Peter, pour finalement décoller vers la party à 1h45 ! Fête qui s’est avérée bien pourrie dans un endroit plutôt minable, avec un son grésillant, mais au moins la bière n’était pas chère… Ce qui ne m’a pas retenue plus d’une heure…

Samedi après-midi, direction Rotterdam. Sans but particulier : promenade et repérages toute seule comme une puisque le plan des autres était boiteux et qu’on n’avait pas le même timing. Au bout de 2h de marche (ok j’avoue que je suis aussi entrée dans quelques magasins !) en suivant la carte donnée par l’office du tourisme (ce Rondje Rotterdam est un tour très bien indiqué en ville), j’en avais déjà marre. Il faut dire que le temps tout gris n’était pas encourageant, et que cette ville ne me parle pas plus que ça... Je peux me permettre le luxe d’attendre de meilleures conditions météo pour continuer cette balade, puisque c’est à 20 minutes de Delft, et ainsi marcher à travers la ville et voir à peu près tous les trucs « importants », ce qui se résume pas mal à une longue ballade architecturale. En effet, la ville a été quasi complètement bombardée durant la deuxième guerre mondiale, et il a donc fallu tout reconstruire. Les Néerlandais étant des gens très ouverts, ils se sont dit que tant qu’à faire des nouveaux bâtiments, soyons fous, construisons-en des tout modernes ! Il n’y a donc pas vraiment de centre historique à Rotterdam. Mais je dois dire que cette grande ville ne m’a pas charmée du tout, elle est à mes yeux qu’un vaste chantier, avec des musées qui ne m’intéressent pas a priori. Je reviendrai donc pour compléter mon tour, mais je ne pense pas passer plus de temps que ça à Rotterdam, sauf occasions particulières.
Dimanche, à mon premier réveil (…), il faisait vraiment moche. J’ai donc continué mon dodo un peu, et miracle à mon deuxième réveil : il fait hyper beau ! J’en ai profité pour aller respirer un peu d’air frais pendant 2h en bravant les violentes bourrasques de vent à vélo, histoire d’aller faire le tour de la vieille ville de Delft et y prendre une centaine de photos avec un ciel tout bleu sans nuages. J’aime décidément beaucoup cette petite ville, toute vieillotte mais si cosy. Une magnifique cité d’étudiants !
Mon vélo, justement… Parlons-en !
Je ne l’ai pas baptisé, mais je l’appelle très délicatement « ma carcasse ». D’après moi il est tout pourri, d’après ma tante c’est le luxe. Freins torpédo (rétropédalage, quoi), une roue qui tourne plus ou moins rond, une selle pas franchement agréable, une seule vitesse (c’est standard), un petit cadenas intégré, et surtout une superbe lampe avant rouillée et dont le fil sectionné pend fièrement. Ca c’est de la bécane !
Faire du vélo ici, c’est un peu Paris-Roubaix : il y a des pavés (plus au moins bien posés) partoooouuut, ça me crève ! Le plus vicieux, c’est la longue ligne droite de passé 600m un peu défoncés dans ma rue. Heureusement qu’entre temps j’ai trouvé un chemin alternatif avec une piste cyclable adaptée.
Autre chose : c’est horrible le torpédo ! Tu ne sais jamais quand/si tu vas t’arrêter !!! Et le freinage d’urgence risque d’être une espèce de cascade, puisque je ne peux pas poser le pied parterre sinon je ne freine plus. Mais si je freine, faut que je pose le pied parterre, sinon je tombe. Vous voyez le dilemme qui m’attend ?! (Enfin… « Qui m’attend »… Disons que j’ai testé hier soir et que j’ai bien évidemment fini par m’étaler très élégamment… Hihi)
« Mais pourquoi est-ce que tu ne customises pas ta carcasse, au lieu de te plaindre ? » me direz-vous. C’est tout réfléchi, en fait. Le but du jeu, c’est de ne surtout pas tuner son épave, histoire de ne pas donner de raisons à des boulets de me l’ « emprunter ». D’ailleurs, avec mon système de freins pourave, l’ex-dynamo au fil arraché bien en évidence et ma selle absolument tape-cul, il faudrait vraiment être un blaireau fini et/où absolument désespéré pour me le voler ! N’empêche, je fais tout de même partie des pessimistes qui investissent dans le cadenas plutôt que dans le vélo parce qu’ils partent dans l’optique que, durant leur séjour, ils vont devoir se payer plus d’un vélo. Disons que si je ne me fais pas voler ma bécane, je pourrai m’estimer heureuse. Mais là, je crois que ma carcasse est relativement assez dissuasive. Positive attitioude !

Pour résumer ma semaine : mis à part mon travail qui me frustre énormément (rien ne fonctionne comme je veux…), tout va bien dans le meilleur des mondes. Et le vélo, c’est toute une aventure !

Faute de mieux, les photos de mes ballades sont sur facebook… Si vous n’y êtes pas, envoyez-moi un mail pour obtenir l’adresse directe.

vendredi 20 février 2009

Premiers pas à Delft

Lundi, une grosse heure après avoir quitté Leusden, nous étions déjà arrivés à Delft, un peu en avance pour mon rendez-vous avec la secrétaire du labo. Elle devait être là vers 10h, mais suite à des imprévus et je ne sais pas quoi, elle n’était là qu’à 13h et quand on se rencontre enfin elle me dit de suite que le minibus emprunté doit absolument être rendu à 13h30. Ce qui fait qu’en une demi-heure, on a foncé avec mon tas de bagages au bureau des logements, j’y ai vite signé mon contrat de location et on a décampé vite fait pour qu’elle me dépose devant la porte du bâtiment avec ma valise et mon sac. A l’arrache. J’ai donc découvert mon studio toute seule comme une grande. Première réaction : trop bieeeennnn, c’est énoooorme, tout moderne et bien équipé !!! En attendant les photos qui seront beaucoup plus parlante, sachez juste qu’il y a deux lits, donc j’ai bien de la place pour un visiteur, si ça vous tente ! Un peu plus tard, après avoir passé 2h à putzer (disons qu’ils n’ont pas la même notion que moi de la propreté, et que mon prédécesseur avait de courts cheveux noirs – détail dont je me serai bien passé –), j’ai quand même trouvé que toute cette surface était moins chouette, hum. Enfin bref, maintenant que c’est plus propre, c’est top ! Durant l’après-midi, je suis aussi allée au centre-ville (20 minutes à pied) pour m’y repérer et compléter mes courses. Après la pluie gelée de l’autre jour, j’ai expérimenté un temps sensiblement différent mais tout autant adorable : la bruine qui a l’air de rien mais qui vous trempe en quelques minutes ; très vicieux ! Ce n’est en tout cas pas durant cet hiver que je risque de me prendre un coup de soleil... Toutes ces aventures (et la courte nuit précédente) m’ont complètement claquée, je n’ai pas pas eu le courage de défaire ma valise, avant de me coucher je me suis juste contenté d’extraire ce qu’il me fallait pour le lendemain, laissant le studio dans un joyeux désordre.

Mardi matin, j’avais rendez-vous à TU (Technische Universiteit) – qui se trouve à 10 minutes à pied – pour que la secrétaire du labo fasse un petit topo, avec choses à régler, rapide visite du labo, conseils et astuces. Je n’étais pas la seule à être nouvelle, il y avait aussi Sofia qui vient de Madrid, et François et Julien de Montréal. En début d’après-midi, Shafqat, le doctorant qui va superviser mon projet, m’a briefée plus en détail sur ce qui nous attend pour les quelques mois à venir. Ensuite, j’étais libre de rentrer à l’appart’ pour (enfin !) ranger un peu en attendant que les autres échanges aient terminés leurs meetings avec leurs tuteurs respectifs, puisque nous avions l’intention d’aller tous ensemble en ville pour acheter des vélos. Sofia ayant quitté TU trop tard, nous sommes justes allées au centre où je l’ai aidée à se repérer. Finalement, soirée tranquille chez moi, malgré les autres nouveaux qui ont tenté de m’amadouer pour aller boire une binch au centre, mais leur timing n’était malheureusement pas bon, à ce moment-là j’étais déjà en pyjama et en pleine conversation sur Skype avec mes parents…

Hier, bonne surprise au réveil, il y a (un peu) de soleil, que je n’avais même plus aperçu depuis samedi ! Ce cadeau-là m’a bien fait plaisir pour mes 24 ans. [Et c’est là que je remercie ceux qui y ont pensé !] Je n’ai passé que la matinée à TU, où j’ai entre autre enfin mon poste de travail (dans une salle commune tout en verre, avec d’autres étudiants en master). J’y ai donc rencontré des nouvelles têtes, entre autre Freddy (Français) et Peter (un autre Québécois), ainsi que plein de gens dont j’ai forcément déjà oublié le nom. Un petit groupe est passé dans la salle, à la recherche des quatre « nouveaux », pour nous dire de venir avec eux à un bar qui, chaque mercredi, est le lieu où se retrouvent (surtout) les étudiants en échange : De Ruif
Pour mon anniversaire, je me suis offert deux choses vraiment vitales : 1. un câble internet qui fait plus d’1.5m comme celui que j’avais, ce qui me semblait assez long (j’ai été naïve, j’avais imaginé que la prise serait à proximité du bureau, mais ces génies l’ont placée sous le lit, pas à portée de la table…). 2. un vélo, après avoir survécu à deux jours sans (1h de marche intensive par jour, dur dur, surtout sous la pluie). La bestiole est encore un peu à apprivoiser, parce que le coup des freins torpedo, le guidon en U et l’unique vitesse, ça me change pas mal, hihi. Et surtout, il faudra aussi que je me mette à me lancer sur les pistes sans craintes, malgré la tonne de monde en deux-roues ! Les jours à venir promettent d’être intéressants, rien qu’à ce niveau déjà. Je vous disais que l’heure de marche quotidienne me fatiguait bien, mais alors je dois dire que mater les ponts et le vent (pas encore expérimenté personnellement, d’ailleurs) avec mon unique vitesse, ça va être très sport en vélo aussi ! Rien que le premier trajet depuis le centre-ville m’a crevée, c’est fou (et surtout moche tous ces pavés).
J’ai donc passé la (fin de) soirée au Ruif, où j’ai bien entendu rencontré des nouvelles personnes, encore et encore. Deux Tchèques, un Hollandais (Wally) et une Française de Montréal (Aurélie). La soirée démarre vraiment qu’autour de 23h, et on en est ressortis qu’après 2h, à la fermeture. Certains avaient faim, et Wally en a profité pour nous faire visiter Delft en pleine nuit à vélo, et nous donner quelques « trucs » qui peuvent s’avérer utiles suivant les événements (comme l’endroit qui vend des kebabs-frites toute la nuit, et un endroit pas mal où il y a des concerts). Pour finir, ce n’est que vers 3h qu’on s’est tous dispatchés dans nos logements respectifs.

N’ayant pas pas d’obligation d’aller à TU ce matin, je me suis accordé un réveil en douceur vers 9h-10h. L’après-midi j’ai fait connaissance avec la grosse machine que je vais utiliser pour mon travail, et là j’ai passé une soirée tranquille chez moi.

Comme vous le voyez, 3 jours à Delft et déjà mille trucs à vous raconter vu mes journées variées ! Et je me sens déjà chez moi aux Pays-Bas et à Delft, c’est juste de la folie !
Encore une petite chose : plus tard, j’ajouterai quelques photos pour agrémenter ce 3615 mylaïfe, ne vous en faites pas ;)