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lundi 13 avril 2009

Weekend de Pâques

Vendredi Saint, j’ai passé la soirée avec une bande d’Espagnols et de Portugais, dont Ruben qui commençait à fêter son anniversaire, au bar De Kurk, un pub sympa qui était très animé dès 1h ! Entre deux bières, j’ai réussi à désamorcer un (énième) rush sur Bruxelles pour le lendemain, les autres étant du genre à décider absolument à la dernière minute (et de changer d’avis au dernier moment, aussi). Bref, il est clair que j’aimerais aller visiter la capitale belge si proche, mais je ne compte pas y aller plusieurs fois, ce qui implique quand même un minimum d’organisation pour repérer ce qu’il y a à voir et à tout combiner en quelques heures, puisque ça se fera probablement en aller-retour !

Comme en Suisse, il a fait plus que chaud et beau ce weekend. Temps propice à quelque chose que j’adore : les barbecues. Samedi soir, c’était mon premier barbeck de la saison pour l’anniversaire de Ruben, youhouhou !!! Il avait lieu sur le toit du bâtiment voisin, qui n’est pas franchement safe à atteindre : il faut aller dans la cage d’escaliers jusqu’au dernier étage, puis faire un entassement branlant de tables de chevet sur une table de cuisine sous la trappe, plus des gars costauds en renfort pour hisser celles et ceux qui n’arrivent pas à monter par leurs propres moyens, c’est-à-dire à la force de ses pauvres bras. Vu qu’on va vers la saison des barbecues, il serait bien judicieux de se cotiser pour une bonne échelle, histoire que personne ne se blesse en montant ou en descendant (un mec s’est légèrement disloqué une épaule en descendant il n’y a pas longtemps)... Le BBQ était un peu foireux (mise en route difficile, surtout quand on commence à s’en inquiéter quand il fait déjà nuit), mais c’était un joyeux bordel dans la joie et la bonne humeur, et après s’être quelque peu acharnés nous avions enfin des bonnes braises ! Il y avait des gens d’un peu partout, des Portugais, les incontournables Espagnols, les Québécois Franck et Peter, Marko un Serbe, des Allemands, … Mais toujours pas d’autre Suisses (francophones ou pas), cela fait maintenant deux mois que je suis à Delft, et je n’en ai pas rencontré, à croire que je suis la seule et l’unique ici.

Dimanche de Pâques, les cloches des églises se déchaînaient alors que j’étais sur mon vélo, mais mon but était beaucoup plus fun : je suis allée à l’étranger, à Anvers (Antwerpen en néerlandais), qui se trouve à moins d’1h30 de Delft. C’est donc sur cette ville que j’ai jeté mon dévolu, me disant que quelques heures seraient amplement suffisantes pour en faire le tour, donc pas besoin de se lever à l’aube. Il n’y a absolument aucun contrôle pour passer la frontière, c’est parce qu’il y a une nouveauté dans l’espace Schengen depuis le 1er avril, non ? Enfin bref. En tout cas, tout est semblable à ce que je vois aux Pays-Bas, mis à part leurs plaques d’immatriculation rouges, l’absence de canaux, et un nombre de cyclistes très limités (les pistes, ou plutôt leur absence n’est pas encourageante). Ceux qui ne comprennent rien au néerlandais n’entendent pas de différence en passant la frontière. Mais alors pour moi c’est toujours troublant d’aller en Flandre, parce que ma compréhension n’est franchement pas terrible, avec qu’en Hollande je gère relativement bien. Comme tout le monde le sait, la langue est un des sujets sensibles entre Flamands et Wallons, alors j’ai été bien sage et ai parlé néerlandais, ou anglais quand je n’avais pas le vocabulaire suffisant, mais alors surtout pas en français. Toujours à ce propos, j’ai été marquée par les annonces à la gare d’Anvers – qui est impressionnante avec les quais sur trois étages, cela dit en passant - , qui ne sont pas préenregistrées et sont donc faites selon l’humeur du speaker : la première fois, ce n’est qu’en flamand, et tant pis pour vous si vous ne comprenez pas une autre langue ; la deuxième fois, marmonné vite fait en français, avant d’être répété bien distinctement en flamand. Ôtez-moi d’un doute : à Lausanne, tout passe systématiquement en français puis est répété en allemand, non ? Puisque je n’avais pas de plan et que je déteste découvrir une ville sans avoir une vague idée d’à quoi elle ressemble, j’avais rusé en affichant une carte trouvée sur internet et en… prenant une photo de mon écran. J’avais l’air maline à regarder mon appareil en marchant, hihi ! En ce dimanche de Pâques, la grande rue commerçante (Meir) était morte, mis à part deux-trois musiciens qui se couraient après. Les seuls endroits animés étaient un marché bric-à-brac et, bien évidemment, les quelques endroits touristiques (Groenplaats, Onze-Lieve-Vrouwekathedraal, Grote Markt). C’est d’ailleurs sur cette petite (!) Grande place, à la Brasserie Noord, que j’ai mangé de la vlaamse stoofcarbonade (carbonade flamande), un ragoût de bœuf cuisiné dans de la bière Leffe, accompagné d’une bonne Stella Artois ! Que dire de la ville ? Alors… Personnellement, je l’ai trouvée bizarre car c’est un gros mélange de vieilles maisons avec de jolies façades, de bâtiments vieillots, et de quelques constructions plus modernes. Ca doit être cette grande inhomogénéité qui fait que je n’aime pas trop… Apparemment, Antwerpen est aussi connue pour ses diamants, ce qui me fait une belle jambe, vous en conviendrez. Et le peintre Peter Paul Ruben est la fierté de la ville, sauf qu’il ne m’évoquait rien, ce qui me fait une seconde belle jambe. Au fil de ma balade, je suis arrivée au bord du fleuve Schelde (Escaut en français) et j’ai marché au travers du château (Steen). Et voilà, j’avais vu tout ce que je voulais de cette petite ville. Ayant prévu que l’affaire serait vite pliée, j’avais un plan B (qui vous semblera peut-être un peu stupide). Je suis donc allée au… cinéma, voir « Duplicity », qui est sur tous les écrans européens mais qui ne sort qu’en juin aux Pays-Bas. Chose agréable, les salles obscures belges sont plus civilisées que les néerlandaises, que c’est agréable quand personne ne fait plein de bruit en buvant et mangeant et sortant en pleine action ! J’ai beaucoup aimé ce film, en gros un mélange entre Closer – Ocean’s Eleven – Inside Man, avec Julia Roberts et Clive Owen.

Aujourd’hui je suis restée tranquillement à Delft, subissant le boum-boum provenant d’un « Monster truck show » (?!) qui avait lieu juste en-face de chez moi. La seule chose (ou presque) constructive du jour, c’était d’aller pédaler une petite heure avec mon iPod, un peu au hasard mais avec pour direction générale le petit lac de la ville dont on m’avait parlait. Il s’agit d’un gros étang (de Grote Plas) dans lequel je n’aurais pas vraiment envie de me baigner, avec une petite bande de sable en bordure et du gazon. Ce sera peut-être un endroit pour barbecues et larvages divers, mais je préfère éviter à cause de ces saletés de moustiques… En chemin, on traverse des jolis endroits dans le bois (Delft Hout) et quelque chose qui peut être une réserve naturelle. Pas mal pour s’aérer !

vendredi 10 avril 2009

Ma galère de projet peut enfin commencer !

Toute la semaine dernière je n’étais pas en grande forme... Par ex, mercredi avant d’aller au Ruif j’avais un peu mal au crâne, un petit trajet à vélo plus tard, c’était infernal, donc j’y ai juste avalé vite faire une petite bière avant de rentrer me coucher, jusqu’au lendemain où je ne suis pas allée à TU avant l’après-midi, puisque je n’étais toujours pas bien. Samedi, pendant la journée je ne suis sortie que pour faire mes courses (en ville, les mannequins dans les vitrines étaient remplacés par des vraies personnes, c’était rigolo tout plein), j’ai écrit à mes nombreux fans et en cours de soirée, Ricardo et Jose m’ont prévenue qu’il y avait une fête dans un building voisin. C’était une barbecue party, mais malheureusement je suis arrivée trop tard pour la bidoche... Ce qui ne m’a pas empêchée de rencontrer mille monde, de TU ou des gens incrusté : des Italiens, des Espagnols (ils sont absolument partout, c’est fou !), un Iranien, des Portugais, … Bref, j’ai bien profité de la soirée et du fait qu’elle était à côté de chez moi, et surtout que j’étais rétablie !
Ce n’est que dimanche que j’ai réalisé que c’était le weekend des musées à Delft, donc quelques uns étaient gratuits. Me doutant qu’ils étaient barbants, je n’y a fait que des sauts : 3 musées en 80 minutes, vite fait bien fait ! Le musée Lambert van Meerten est dans une vieille maison jolie à visiter où sont exposé des porcelaines, céramiques, Bleu de Delft (ça, c’est fait !), par contre si on ne lit pas couramment le néerlandais, on peut se brosser pour des explications quelconques. J’ai parcouru les deux étages d’autant plus rapidement, en repérant un style moderne de Bleu de Delft (ou pas ?) qui me plait bien, cela dit en passant. Le Prinsenhof se situe à quelques mètres, dans le plus grand et plus riche ancien couvent de la ville, où le prince Willem van Orange s’est fait assassiner en 1584 (ce dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là). La scène a été reconstituée dans un escalier (c’est-à-dire il y a l’impact de la balle dans un mur), vous verrez ça en photo plus tard… Ce musée donne quelques infos en anglais, mais elles ne m’intéressaient absolument pas, et les peintures/portrait sont si sombre, je n’aime vraiment pas ce style ! Finalement, j’ai rapidement traversé le musée Nusantara, consacré à l’Indonésie, ou plus précisément à divers objets de là-bàs. C’est dingue, cela fait plus ou moins partie de ma culture, mais ça ne me parle absolument pas ! Enfin bref, ce weekend des musées aura au moins été l’occasion pour que je visite quelques trucs de Delft. Il me ne reste plus qu’à monter dans la Nieuwe Kerk pour y apprécier la vue, et éventuellement voir le musée Vermeer, et j’aurai fait le tour de ce que je voulais dans « ma » ville.

Hier je suis allée au cinéma avec deux nouveau Français, Roger et Jeremy, pour voir « Knowing », qui semblait être le genre de film d’action qu’il me fallait, pour me changer les idées et ne surtout pas réfléchir. Le film commence bien, mais les choses se gâtent vraiment pas la suite, me laissant plus que perplexe pour la fin. Et comme dans tout blockbuster, il y a des moments vraiment comiques qui sont censés être plutôt dramatiques, des situations énormissimes qui s’enchaînent, une bannière américaine qui flotte fièrement au-dessus du chaos, … C’était également mon premier ciné aux Pays-Bas, et il faut dire que c’est assez particulier. Mais alors le coup de vendre de la bière (et du pinard, à entendre les bruits de bouchons) pour les salles obscures, qu’est-ce que c’est que ça ?! Comme il n’y a pas d’entracte, les spectateurs débarquent avec deux tonnes de bouffe, leurs tas de boissons, et ils ne se gênent pas le moins du monde pour aller aux toilettes en plein film. Pas terrible… Après tant d’émotions, j’ai encore emmené les deux gars au Locus Publicus.
Cet après-midi (donc après ma grasse mat’…), il faisait un temps magnifique, et plus de proposer des températures bien agréables. J’ai fait un petit tour à vélo, en direction de Rotterdam. Sa périphérie doit se trouver à 20min de chez moi je pense, mais après 15min le petit vent de face m’a usée et j’ai rebroussé chemin. Entre les deux villes, c’est assez la cambrousse avec de vastes espaces verts et beaucoup d’animaux (vaches, chèvres, chevaux, poneys, poules, canards, …). En jetant un coup d’œil sur Google maps, je me dis que relier l’Erasmusbrug à Rotterdam depuis mon studio doit prendre moins d’une heure. Un petit défi pour ce printemps en perspective, peut-être ? Il faut que j’en parle autour de moi…


Mais pourquoi avais-je besoin de me changer les idées ce weekend ? Parce que – attention grande nouvelle –, après huit semaines de dur labeur à Delft, je fais enfin quelque chose d’utile à TU !!! Hier j’ai fait mes premiers tests, dont les résultats ont l’air plus que bien, je suis tellement contente ! Et du coup j’ai bossé dur ces derniers jours pour enfin avancer : 10h vendredi et 37h en quatre jours cette semaine. Comme vous l’avez compris, mon projet de master a rencontré pas mal de difficultés depuis mon arrivée… Alors comme promis, voilà quelques détails sur mon travail, pour que vous ayez une idée de ce que je trafique à Delft.Plantons d’abord le décor : mon projet de master a pour intitulé « Fatigue mechanism of thermoplastic composites », je suis au département Design and Production of Composite Structures qui fait partie de la faculté d’Aerospace Engineering. Mon superviseur est Shafqat, doctorant depuis 2 ans. Et je travaille plus ou moins en collaboration avec François (un des Québécois arrivé en même temps que moi), chose qui n’était pas prévue mais qui s’est avérée nécessaire vu le déroulement des choses, puisqu’après un mois, le matériau initialement prévu pour moi a dû être mis de côté, car nous n’arrivions pas à produire des échantillons corrects (problèmes techniques avec une machine) et que mon temps à Delft est compté ! Le stage de François a donc été divisé en deux parties distinctes, chacun de nous assumant la moitié des essais, sur le même type de matériaux.
Une petite explication du titre de mon projet ne serait pas superflue, je pense ! Un composite est un assemblage de deux types de matériaux, l’un étant des fibres de renforts (des fibres de verres, par exemple), l’autre étant une matrice qui solidarise le tout (en l’occurrence de la résine de nylon, qui fait partie de la famille des thermoplastiques). Une fois des plaques de ce composite produites, ces dernières sont découpées en petits échantillons (13cm x 2cm), qui doivent encore être préparés de diverses manières avant d’êtres testés. Dit comme ça, c’est un processus rapide, alors qu’il n’en est rien : si toutes les étapes peuvent se faire à la chaîne (ce qui est quasi impossible puisqu’il y a toujours des imprévus, comme des réservations de machines qui se perdent, nos précieux techniciens tellement occupés qu’ils n’ont pas forcément de temps pour aider ou des blaireaux qui se sont un malin plaisir de vous mettre des bâtons dans les roues), il faut compter une bonne semaine de préparation ! Un test de fatigue est un test d’usure qui consiste à infliger des centaines/milliers de cycles charge-décharge, c’est-à-dire que la machine tire sur l’échantillon, le relâche, retire dessus, relâche, etc. La photo ci-dessous montre mon poste de travail, avec la machine de fatigue au milieu, des spots et des caméras qui pointent sur l’échantillon, un ordinateur qui gère les données de ces dernières et un autre ordinateur qui contrôle la machine. Les données qui m’intéressent sont l’évolution des déformations du composite (mesurées par un système sophistiqué de caméras qui vaut 50'000 euros, la classe), le nombre de cycles avant sa rupture, et le profil de rupture qui sera étudier par microscopie électronique. Le but du jeu étant de se baser sur diverses configurations du composites pour mieux comprendre quels sont les mécanismes qui entrent en ligne de compte, et ainsi tenter de les contrecarrer avec de nouveaux designs.