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mercredi 1 juillet 2009

Appelez-moi Master

Ca y est, c’est fait, j’ai mon Master !!!
Ca s’est passé plutôt in extremis (pas de détails, tout raconter ne vous apporterait pas grand-chose…), ces dernières semaines no-life m’ont vraiment épuisée à la fois mentalement et moralement… Mais c’est bon ! Le soulagement n’en est que plus grand !

Après avoir rendu mon rapport le 19 juin, j’ai continué à m’enfermer chez moi, cette fois-ci pour préparer la présentation de mon travail, qui a eu lieu mardi 23 juin, entre autre en présence de ma prof suisse qui a fait un aller-retour durant la journée. Encore en dernière minute, on m’a bien aidé à avoir des bons coups de chaud, pas simple à gérer… Mais je crois que ma présentation était potable vu le temps que j’ai eu à disposition pour m’y coller. Par contre l’espèce d’examen oral que j’ai eu seule face à mes superviseurs était loin d’être glorieux… In extremis le Master, je vous dis !
Pian, Paul et Mike se chargeaient du soutien familial, c’était bien de les avoir proches en ce mardi. Et dans l’auditoire se trouvaient aussi quasi tous mes copains (et quasi pas de personnes externes), des visages bienveillants et rassurants alors que j’endurais cette dernière épreuve en somme ! Après ces émotions et le soulagement final, j’ai fait visiter le laboratoire à ma famille, ce qui a l’air de leur avoir bien plu, et surtout les bouts d’avions et hélicoptères qui traînent dans le hall des tests les ont amusés (alors que pour moi il est dorénavant tout à fait normal d’avoir un cockpit à portée, ainsi qu’un F-14 ou F-18).
Pour marquer le coup avec mes amis, on s’est retrouvés assez nombreux sur la terrasse du Bebop, avec en musique de fond un jazzband en live. Notre tablée était vraiment sympa. Tellement sympa que nous sommes restés entre 21h et 2h ! La fin de soirée (vu l’heure, on va même dire la fin de nuit) s’est déroulée chez un copain.

Mercredi, c’est donc la tête dans le pâté que je suis allée à TU. Et oui, j’avais beau avoir rendu mon rapport et fait ma présentation finale, il y avait encore un tout petit détail à régler pour l’EPFL : la réalisation d’un poster A0 résumant mon travail. Il se trouve que cette tâche (gratuite, vu qu’on n’aura aucune note et que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à nous ennuyer jusqu’au bout…) s’est avérée plus ardue que prévu, à cause du format spécial. Bref, j’ai passé mon après-midi à me battre sur Powerpoint pour arriver à la conclusion qu’il faut laisser tomber et apprendre à utiliser Adobe Illustrator vite fait bien fait… Or il était déjà l’heure de quitter l’université et de se diriger vers le bord d’un canal à côté du centre pour fêter la fête national du Québec (Saint Jean-Baptiste) et d’aller ensuite au Ruif pour une ultime soirée Erasmus. Le bar était vraiment vide, vu que tout le monde est en période d’examens. Qu’à cela ne tienne, notre groupe a investit les lieux, on s’est bien amusés, et nous avons squatté la terrasse jusqu’à la fermeture de 2h, après quoi nous sommes allés faire du bikefishing avec Martin et Daniel (les derniers arrivés de Montréal), ce qui nous a encore donné faim pour des burgers et kebabs.
Jeudi, tête dans le pâté, deuxième épisode ! Ma journée (qui ne commence pas avant 11h, on est bien d’accords) était marquée par la courte visite de ma Maman, qui était arrivée la veille aux Pays-Bas. Sa fille masterisée lui a fièrement montré là où elle a passé quatre mois inoubliables, en lui présentant un tas de monde, allant de la fameuse secrétaire aux fabuleux techniciens. Après ce lab tour, je suis retournée à mon poster, pour 3h petites mais laborieuses heures… Je n’ai pas pu faire plus long, car le BBQ de la Faculté débutait ! Des supers bonnes grillades, des salades, une tireuse d’Heineken, des vins, des amis, des collègues, des gens croisés un peu tous les jours au labo : que demander de plus ?! L’université étant verrouillée à 22h tapantes, un large groupe a continué la soirée au centre ville, et ensuite ça s’est fini jusqu’à pas d’heure chez moi.
Vendredi, tête dans le pâté, sprint final ! Finir ce satané poster dans les temps a nécessité un effort bien plus important que prévu, même si ce que j’ai rendu est vraiment minable. Tant pis, je ne suis apparemment plus à un truc de bâclé près, surtout que cet exercice ne compte en rien pour l’obtention du master… Après trois soirées très très remplies, j’ai consacré mon vendredi soir à des tâches bien glauques chez moi : vider mes armoires, faire ma valise, empaqueter divers trucs, trier les choses que j’avais à donner à mes voisins et amis. Ce qui fait que je me suis retrouvée dans un studio très impersonnel durant ces derniers jours !
Samedi, Paul et ma Maman sont venus embarquer quasi toutes mes affaires – ce qui me permettra de quitter Delft qu’avec un sac à dos dans quelques heures – et nous sommes allés manger une dernière fois au Sate bar à Rotterdam. Je suis rentrée seuls sur Delft pour larver chez moi, puisque j’avais quelques heures de sommeil en retard et qu’en plus il faisait une chaleur écrasante ! C’est requinquée que j’ai rejoint une grosse et ultime fête dans un bâtiment voisin, l’occasion de revoir un tas de monde que je n’ai croisé qu’à ce genre de fêtes et de leur dire au revoir…
Avant-hier, nouveau festival à me mettre sous la dent : Parkpop à Den Haag, le plus grand festival pop gratuit d’Europe. Comme nous sommes y allés avec un large groupe, nous nous avons évidemment perdu la moitié dans la foule, et ce avant même le premier concert. Impossible de se retrouver, tant pis, tout le monde se promènera au grès de ses envies ! Sans vous débiter un compte-rendu complet, voilà la liste des artistes que j’ai écoutés : le ska presque qu’instrumental (donc idéal pour émerger) de Skatalites, Dana Fuchs Band le temps d’une chanson horriblement braillée, l’agréable Sabrina Starke, la blague Dio & Sef dont un tube (Tijdmachine) m’a suivi depuis février donc les voir en live était un moyen de boucler la boucle en quelque sorte, les Britanniques The Pretenders (I’ll stand by you) qui ont la pêche malgré leur quasi 60 balais, le Flamand Milow (You don’t know / Ayo Technology) qui est entrain d’être bien connu et que j’aime de plus en plus. J’ai absolument adoré son concert, j’apprécie beaucoup les artistes qui partagent la scène avec leur groupe, au sens où il laisse une bonne place à ses copains musiciens et sa copine choriste de première classe.

Hier après-midi, c’était mon traditionnel cake d’adieu à TU, avec en prime une tournée de remerciements aux techniciens. En début de soirée, nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine de quasi que francophones pour aller manger ensemble sur la terrasse d’un restaurant au centre. Depuis que j’entendais parler des spare ribs de Billy Beer, je ne pouvais pas quitter Delft sans y aller. Et ça en valait effectivement le détour ! Je suis allée au Bebop pour une ultime after, avec les plus valeureux, même s’ils devaient bosser le lendemain.
Ma dernière soirée à Delft était vraiment super : passer du bon temps avec des amis qu’on n’est pas forcément sûrs de revoir un jour alors qu’on a partagé plein de choses ensemble, c’était la meilleure des manières pour marquer le coup ! La toute dernière chose qu’il me restait à faire en rentrant chez moi en ayant dit au revoir à mes potes en chemin était d’aller abandonner mon fidèle vélo, accroché à un poteau près de chez moi pour qu’une copine le récupère et le promène à ma place dès le lendemain. Ca m’a fichu un sacré cafard, mine de rien…

J’ai rendu les clés de mon studio en fin de matinée aujourd’hui, et suis partie rejoindre ma famille, dans un premier temps à Leusden, puis à Houten pour un dernier Wok restaurant avec ma Maman, Pian, Yoeri, Mike ainsi que leurs conjoints et enfants. Et je renterai en Suisse demain en début de soirée…


Voilà, ça c’était pour mes diverses célébrations post-réussite de Master ! Avant de vous parler de mes grands projets en Suisse, gros flashback puisque je n’ai toujours pas partagé mes aventures trépidantes depuis fin mai !

Le vendredi précédent le long weekend de Pentecôte, après une journée vraiment pas productive du tout (labo vide, et gens qui ne passent qu’en coup de vent en cours d’après-midi pour vous attirer hors de l’uni), nous avons profité d’un petit moment de relaxation (et baignade pour certains) avec un gros groupe de francophones (et un Espagnol) au bord du lac. Enfin… « lac ». Le gros étang à Delftse Hout, qui est infesté de moustiques qui apparemment ne prennent même pas la peine de piquer. Des connaissances de copains amenant de connaissances, une chose folle s’est produite : j’ai rencontré « mon » premier Suisse de Delft ! Et hasard fort de fruit, il est moitié Suisse, moitié Néerlandais. Un vrai compatriote, quoi !
La soirée – ou plutôt de la nuit – au centre-ville a été un peu poussive à débuter, mais c’est la routine quand on sort avec des Espagnols (et Marina, une Canado-Russe arrivée durant mes vacances), eux qui ont vraiment l’habitude d’être lents, très lents au démarrage…

Dimanche, il était temps de débuter ma série de festivals estivaux, youpie ! Le Pinkpop fêtait sa 40ème édition, et est dans la lignée du Paléo. Plus de trois heures de multiples trains et bus navette étaient nécessaire pour rejoindre Landgraaf, tout au sud et à la frontière allemande. Je vous épargnerai le compte-rendu détaillé (si ça vous intéresse, manifestez-vous et je vous redirigerai), sachez juste que j’ai vu Madness (raison de mon déplacement, et j’ai bien fait !), Keane (ça, c’est fait), James Morrisson (à force d’entendre à la télé…), Placebo (beurk), et le groupe Krezip (remplacement de dernière minute pour Depeche Mode qui a dû annuler). Sinon, je ne peux quand même pas m’empêcher de dire qu’on a sacrément de la chance avec le Paléo, où (presque) tout est bien pensé. Et c’est en allant voir comment cela se passe ailleurs que je m’en rends mieux compte.
Petite anecdote pour la route : il faut croire que les montagnes me manquent plus que je ne le crois. C’est stupide, mais voir des champs un peu ondulés et une petite colline dans cette région si éloignée, ça m’a fait un petit quelque chose ! C’était plutôt inattendu puisque cela faisait 2-3 mois que je clamais haut et fort que, tant que ce ne serait pas la période de mon trip à mon chalet ou alors le trip luge, la montagne ne me manquerait pas…

Et au niveau de mon projet de master, c’est en fait durant la semaine qui a suivi que les choses ont commencé à devenir intenables, après réunion vraiment tendue… Dès lors, je n’avais plus d’autre choix que la no-life attitude ! Socialiser ? Parler avec des gens ? Connais pas… Pas le temps…

Or avant le cataclysme, j’avais déjà prévu deux choses auxquelles je ne voulais absolument pas renoncer !
Ma première distraction était le Zomerfestival, sur le campus à deux pas de chez moi. La musique plutôt hollando-néerlandaise n’était pas forcément attrayante, mais tout à fait suffisante pour se défouler entre amis.
La deuxième et dernière distraction, c’était un nouveau match de foot des Oranje au stade de Rotterdam, le Kuip, apparemment le plus populaire du pays car le public est très proche du terrain. Il s’agissait d’un match qualificatif pour la Coupe du Monde (alors qu’en fait les Pays-Bas venaient d’assurer leur qualification en Islande) contre la Norvège, battue 2-0 sous une pluie battante. Avec Jeroen, on l’a bien sentie passer puisque nous étions au bord du terrain, absolument pas à l’abri !
Et ensuite, c’était donc la trilogie infernale rapport – défense – poster, et les multiples festoyages racontés au début de ce billet !


Comme dit, je rentre demain (mercredi) soir en Suisse. Jeudi, j’aurai un certain nombre de trucs barbants à régler, mais j’espère pouvoir traîner un peu au port et voir des gens qui m’auront manqué... Et dès vendredi, je staff au Montreux Jazz ! Donc si vous y allez, faites-moi signe (je devrais être dispo avant 18h et dès la fin des concerts, disons vers 1h). Ensuite je serai bien évidemment toute la semaine au Paléo, autre occasion de revoir du monde entre les concerts (ou dans la voiture sur le chemin du retour, si vous avez une place pour moi…). Dooonc si vous n’allez ni à Montreux ni à Nyon, on n’a pas beaucoup de chances de se croiser avant le 27 juillet !


Pour conclure, petite chose à propos de l’avenir de ce blog…
Etant donné qu’il est censé se passer plein de choses passionnantes de mon côté en 2009 (après le projet aux Pays-Bas et les vacances qui suivent, puis la recherche d’emploi et d’appartement en Suisse, youpiiie), je pense continuer à alimenter très irrégulièrement cet espace au fur et à mesure des news incroyables. Qu’est-ce que vous en pensez ?? (Oui, j’attends des réactions !)

jeudi 28 mai 2009

Weekend de l’Ascension

La semaine dernière, nous avons passé une soirée entre francophones chez Guillaume, un doctorant Français. Mis à part François et moi, c’était plutôt Franco-Français, nous garantissions ainsi la touche internationale du souper. Quoique, les fajitas que nous avions mangé n’étaient pas si français que ça, eux non plus, hihi.
Il est temps que je case un petit intermède que je ne saurais où vous glisser par la suite (j’ai quelques bouts de billets sous le coude) ! Un des buts de ma venue aux Pays-Bas était de tenter de retrouver mon néerlandais. En fait, quand j’étais petite, c’était ma langue principale, mais quand j’ai commencé l’école enfantine avec tout le monde qui parle français, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ma Maman ne me parle plus en hollandais. J’étais différente des autres, et quand on est gamin, ce n’est pas bien d’entrer dans le moule. Comme j’ai été stupide ! Donc avant mon arrivée ici, je ne parlais quasi pas néerlandais, mais je comprends l’essentiel de ce qu’on me raconte, à force d’être souvent venue visiter ma famille. Bref. Initialement, je pensais suivre un cours « Néerlandais pour les étrangers » pour combler mes larges blancs. Mais honnêtement, ma vie ici est bien différente sans réelles contraintes au niveau des horaires et des devoirs. Donc au final, comme je ne me suis pas sentie assez motivée pour m’infliger à nouveau des cours hebdomadaires à des heures fixes après une longue journée à TU, j’ai laissé tomber cette idée… Au fil du temps, un plan B s’est plus ou moins profilé : mettre souvent la télé néerlandaise en bruit de fond, regarder quelques programmes (jeux, …) et lire les sous-titres des séries/films américains, feuilleter les journaux (Metro et DePers) pendant les pauses à TU, demander à ma famille de m’écrire qu’en néerlandais et de corriger mes fautes quand je tente de leur répondre dans cette langue, parler avec mes petites cousines de 2-3 ans (on a plus au moins le même niveau, c’est parfait !), tâcher de poser mes questions en Dutch dans les magasins, demander aux Néerlandais que je côtoie (surtout les techniciens à TU) des traductions quand je ne comprends pas les instructions écrites en néerlandais, passer du temps/dîner avec des étudiants Hollandais de la faculté – comme Ramona, Jeroen ou Chris par exemple - , baragouiner quelques trucs quand la secrétaire du labo et le grand professeur hyper sympa me taquinent en néerlandais, … Comme quoi, il y a plein de petits moyens pour encore plus se faire l’oreille, et quelques autres pour tâcher de pratiquer un minimum la langue ! Cela a plus ou moins porté ses fruits, et j’ai décidé que désormais mon niveau était juste satisfaisant pour être inscrit sur mon CV.

Le weekend prolongé passé a bien débuté, avec une très longue soirée qui a débuté chez moi pour ensuite aller au Ruif, avant de prolongé chez un copain. Ce mercredi soir-là nous avons tous bien profité du férié qui suivait en nous couchant que peu avant 5h. Inutile de vous dire à quel point j’étais bien fraîche le lendemain… Jeudi de l’Ascension j’ai rejoint Houten, pour visiter mes cousins, leur fille, et leur nouveau-né de 11 jours, Luuk ! Après un festin apporté par Pian et Paul et des bonnes choses cuisinées sur place, je suis rentrée sur Leusden avec ces derniers.

Vendredi était une grosse journée ! Nous avons tous les trois pris la voiture en direction de la Belgique, avec pour but ultime Brugge et des étapes à Maldegem et Aardenburg (à la frontière, côté Pays-Bas).
Les routes belges sont en fait mythiques, c’est un tel bordel ! Il faut le voir pour le croire ! C’est une grosse blague ! Par exemple, quelques dizaines de mètres après avoir dépassé la sortie d’autoroute, on vous indique que c’était par-là qu’il fallait aller. Et en plus quand vous avez le malheur de tomber dans des déviations, c’est la catastrophe, ils se mélangent les pinceaux (avec en bonus le GPS qui ne comprends plus rien). Autre exemple : ces fameux panneaux indiquent qu’il faut aller tout droit, vous suivez sagement, et ensuite, plus aucune information ! Alors vous faites demi-tour… Et c’est là que vous tomber sur LE panneau qui vous dit qu’il fallait en fait tourner à gauche ! Mais ces blaireaux ne donnent pas l’indication dans les deux sens. Ils font peut-être des économies ? Chapeau bas, quels artistes !
Bref, après avoir fait quelques détours et été ralentis après (!) avoir dépassé Antwerpen, nous sommes arrivés à bon port, c'est-à-dire à Maldegrem chez mon plus ou mon oncle Frits. N’ayant pas de contacts avec cette partie de la famille (je vous épargnerai les détails), cela devait fait vingt bonnes années que je ne les avais pas vu, lui, sa femme, et ses deux filles dont l’aînée a mon âge. Ces pseudo-retrouvailles étaient très bien, ils étaient supers et très accueillants. Alors que nous étions censés débarquer pour une tasse de thé/café, nous avons au final carrément dîné chez eux (à coup de petits pains et plein de stuffing, comme d’habitude par ici). La communication entre nous était un peu drôle, mais je suis désormais coutumière de ce genre de situations et c’est venu très naturellement comme ça : je parlais anglais, et eux me parlaient néerlandais/flamand ; j’ai même compris ce que la mère disait, alors qu’elle parle un flamand très local, vive moi !
A 5 minutes de là, au-delà de la frontière, se trouve Aardenburg. Pian, Paul et moi y sommes allés pour visiter la tombe de ma grand-mère (que je n’ai jamais connue), chose que je voulais absolument profiter de faire durant ces quelques mois. Nous n’avons fait qu’un passage éclair au cimetière, juste le temps de nettoyer un peu la pierre et planter deux-trois trucs. Pas le temps pour de quelconques émotions, quoi. Nous avons encore vite parcouru la petite ville (morte, mais choue) pour repérer quelques endroits où ma Maman a grandi, et nous sommes repartis en direction de la Belgique.
Contrairement à mon habitude, je suis allée à Brugge (en version flamande) un peu les mains dans les poches, sans rien avoir préparé ou lu auparavant. Je n’avais qu’un vague plan, et c’est tout. C’est donc en me promenant seule un peu au hasard pour découvrir la ville, partant régulièrement à l’écart des touristes, où c’est tout aussi joli mais encore plus agréable. Des trois villes belges que j’ai visitées depuis Delft, Bruges (en version wallonne) est largement la seule à m’avoir charmée ! Autre haut fait du jour : il ne m’a fallu que 20 minutes pour trouver non pas une, mais deux paires de chaussures, victoire ! Depuis le temps que j’en cherchais… Les deux autres et moi nous sommes régalés sur la terrasse du restaurant De Stoepa. Anecdote du jour, bonjour : un serveur est allé voir son chef en lui disant qu’il y avait une famille de Français qui cherchaient une table alors que c’était visiblement plein, et là le patron lui a dit « ouais ouais, j’vais voir ça après », et au final on n’a jamais vu s’installer la famille en question… Il était temps de rentrer au pays, et 3h après avoir quitté Bruges nous sommes enfin arrivés à Delft, où Paul m’a gentiment déposée, ce qu’il leur a coûté quand même un sacré détour jusqu’à Leusden !

Après cet intermède en famille, samedi je suis retournée sur les canaux d’Amsterdam avec Jeroen et deux de ses copains, Ivo et Maarten, pour une opération BBQ vers le stade olympique (la ville a accueilli les Jeux de 1928). C’était la première fois que je m’aventurais en-dehors du centre, d’ ailleurs. Le BBQ instantané – vous savez, les barquettes d’alu contenant du charbon empaqueté dans du papier qui est censé mettre leur mettre le feu en moins de deux – était foireux (et pour le coup, ça m’a fait plaisir que des Hollandais n’y arrivent pas non plus), mais les hommes ont fait le nécessaire pour qu’on puisse griller la bidoche (ça me rappelle une expérience au chalet, tiens). En fait, à peu près tout ce qui pouvait aller de travers est effectivement allé de travers ce jour-là : on a dû faire un détour via Rotterdam parce qu’il y avait des travaux en direction de Den Haag durant le weekend ; le BBQ n’était donc pas franchement optimal ; le moteur de Mary Jane (le bateau) a été bien capricieux au début, avant d’aller comme il faut, et pour finalement lâcher alors que nous rentrions et que nous étions au milieu de l’Amstel. Les rares petits bateaux qui nous ont vu ont spontanément offert leur aide : une personne nous a tirés jusqu’à la rive pour tenter une réparation (qui s’est avéré trop compliquée), et une autre nous a tiré un bout sur la rivière, ce qui allait quand même légèrement plus vite qu’à la rame !

Dimanche, après avoir bien siesté devant le GP de Monaco, je me suis dit qu’il fallait quand même que je mette le nez dehors pour profiter du temps magnifique ! Alors je suis retournée en direction de Rotterdam. J’ai en fait réalisé que la dernière fois, je m’étais par hasard arrêtée à l’endroit où la piste cyclable digne de ce nom prenait fin, parce qu’ensuite c’est du bitume un peu défoncé ou carrément des pavés (apparemment ils y a des chemins alternatifs, faudrait que j’étudie ça de plus près). Donc j’ai passé l’aéroport, mais je ne suis de nouveau pas allée jusqu’à un quelconque panneau « Rotterdam », c’en était trop, surtout que pédaler le long de l’autoroute ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable et qu’apparemment je suis allergique au pollen rencontré en chemin.
Hier était une journée plutôt bien remplie. En résumé : je n’avais dormi que 4h la nuit précédente, j’ai bossé d’arrache-pied à TU durant plus de 11h pour finir tous mes ultimes tests de fatigue (youhouhou !), j’ai passé 45 minutes chez moi avant d’aller voir la finale de la Ligue des Champions chez Ivo avec des copains, nous avons un peu joué à FIFA sur la Playstation (je n’en reviens toujours pas qu’après environ 7 ans sans y toucher j’ai retrouvé les « trucs » si rapidement, cela dit en passant) avant que j’aille rejoindre des gens au Ruif jusqu’à sa fermeture puis ensuite au snackbar Alev pour caler un peu tout ça. Résultat : au lit à 4h du mat’! Dois-je vous expliquer à quel point j’ai été productive aujourd’hui ?...

jeudi 26 février 2009

Saté à Rotterdam, satanée banque et bike fishing

Je n’ai pas vu le temps passer vendredi, où j’étais absolument toute la journée affairée à TU pour mater la machine et le dispositif sophistiqué que j’utiliserai pour mon projet. Travail dont je vous parlerai plus longuement dans un futur billet…

Après cette première semaine riche en changements, samedi je me suis offerte une bonne grasse matinée. Au réveil, je n’en crois pas mes yeux, il fait beau, hourra ! Vu cette condition exceptionnelle, j’en ai profité pour pédaler pas mal dans mon quartier ainsi qu’au centre-ville, où il y avait un petit marché. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’il y aurait mille monde, puisque c’était carnaval ! Les Hollandais sont d’ailleurs tout fous fous, et même ceux qui ne participent pas au long cortège se promènent déguisés. Dommage que mon appareil photo soit resté au studio, vous auriez ainsi pu constater que les Néerlandais savent se déguiser autrement que tout en orange, comme les supporters des diverses équipes nationales…Le vélo m’a fait du bien, et surtout j’ai pu trouver des chemins qui sont moins pavés (donc largement moins fatigants !) entre chez moi et la ville. En fin d’après-midi, Pian et Paul sont venus découvrir mon studio et surtout m’apporter un tas de vaisselle (ce qui était initialement fourni était vraiment rudimentaire : 2 assiettes, 1 couteau, 1 fourchette, 1 cuillère, …), des linges et literie supplémentaire. Ouf, je vais mieux pouvoir m’en sortir maintenant ! Mike, l’autre fils de Pian, était en visite chez mes parents à ce moment-là (il rentrait de ses vacances au ski avec sa femme, Mariska, et sa fille, Esmee), l’occasion donc de Skyper avec plein de monde à la fois. Nous avons ensuite pris la voiture pour Rotterdam, où nous avons mangé indonésien au Sate bar. Etant donné que nous étions déjà allés dans ce restaurant (meilleurs saté du pays, paraît-il) il y a deux ans, je n’ai pas été trop surprise que mon Sate babi kacang (porc avec sauce cacahuète) arrache légèrement et avais prévu du Nasi puthi (riz blanc) en accompagnement pour calmer les piments. Ne m’y retrouvant pas encore dans tous ces noms indonésiens pas évidents, Pian me rappelle toujours mille fois la signification de chaque terme. Peut-être que d’ici l’été j’aurai tout assimilé, qui sait ! Avant qu’ils ne me redéposent à Delft, Paul a encore tenu à me montrer un « hotspot » de la ville, un endroit hyper connu et where-to-be-seen, sympa pour aller boire un café : Dudok.

Dimanche, rien de bien passionnant : nouvelle grasse matinée (j’vais m’gêner, tiens), les joies de la lessive, vaisselle massive de tout ce que Pian m’a apporté la veille, Skype avec la Suisse, X-factor à la télé (j’entraîne ma compréhension du néerlandais comme ça, héhé), …

Tout comme le weekend passé, le début de semaine était plus ou moins dans la grisaille, avec quelques après-midis ensoleillés, sans crachin, ce qui est très appréciable ! Je suis actuellement en 2ème semaine (sur 3) de training à TU, ce qui fait que j’y passe de longues journée pour apprendre comment fonctionnent les machines et comment je suis censée préparer mes matériaux, ou alors je suis à la maison avec pas mal de lecture.

Une chose qui m’a vraiment agacée avant-hier : les abrutis de la banque ABN-AMRO (la seule où je peux aller avec mon statut de « guest » à l’uni) maintiennent qu’ouvrir un compte durant 4 mois ne sera pas gratuit (j’en aurai pour 35€ d’après ces blaireaux). J’ai beau leur expliquer que mes camarades, eux aussi en échange, n’ont rien eu à payer pour en obtenir un et les incapables que j’ai en face de moi en sont tout étonnés. Conclusion : je paierai un maximum de choses avec ma carte VISA pour ne pas avoir à retirer trop de cash au bancomat (vive les taxes à l’étranger). Et, surtout, je me ferai systématiquement avoir aux automates des gares qui refusent cette carte suisse (un comble… quoique, par les temps qui courent, hum…) et donc devrai payer 0.50€ sur chaque billet acheté au guichet (pas ouverts 24h/24 ni 7j/7, cela va de soi). En gros j’irai mendier auprès de Hollandais qui ont une carte et leur paierai mon billet en cash !…

Et hier, longue journée à TU et fin de soirée bien sympa avec plein de nouvelles têtes (Ramona, Chris, Sodaba, Jacqueline, Andrea, …) en plus de mes acolytes des premiers jours (entre autres François, Julien et Sofia). Le peloton se rend tous ensemble au centre-ville pour quelque chose de prévu (on ne savait pas quoi, on se contentait d’errer en suivant Peter) avant d’aller au Ruif pour terminer la soirée. Après avoir écumé les bars pour trouver d’autres gens qui viennent également plus ou moins de débarquer, on cadenasse nos vélos dans une petite rue tout près d’un canal. Et là Peter sort ce qu’il avait dans son sac : un gros crochet (une espèce d’ancre), parce que l’activité-surprise, c’est du bike fishing ! Eh oui, il y a plein de vélos qui terminent malencontreusement dans l’eau (d’où l’importance de toujours l’attacher à un poteau ou autre !). La pêche a été bonne et rapide : 1 vélo qui avait l’air en bon état, un autre qui était au fond depuis bien longtemps à voir les algues qui l’enrobaient et un troisième n’ayant plus que la roue arrière. Ensuite nous sommes donc tous allés au Ruif, où j’ai été hyper sage puisque je l’ai quitté (un peu) avant la fermeture. Ce qui au final n’a pas changé grand-chose, vu que la journée d’aujourd’hui m’a semblée interminable à TU…

Je suis à la recherche d’un site pour montrer quelques photos supplémentaires à ceux qui recevraient le mot de passe par mail. Picasa me semblait bien parce qu’il permet d’ajouter des légendes et des commentaires, mais je n’avais pas réalisé que vous deviez absolument avoir une adresse gmail pour pouvoir y accéder… Est-ce que quelqu’un aurait une alternative à proposer ???

vendredi 20 février 2009

Premiers pas à Delft

Lundi, une grosse heure après avoir quitté Leusden, nous étions déjà arrivés à Delft, un peu en avance pour mon rendez-vous avec la secrétaire du labo. Elle devait être là vers 10h, mais suite à des imprévus et je ne sais pas quoi, elle n’était là qu’à 13h et quand on se rencontre enfin elle me dit de suite que le minibus emprunté doit absolument être rendu à 13h30. Ce qui fait qu’en une demi-heure, on a foncé avec mon tas de bagages au bureau des logements, j’y ai vite signé mon contrat de location et on a décampé vite fait pour qu’elle me dépose devant la porte du bâtiment avec ma valise et mon sac. A l’arrache. J’ai donc découvert mon studio toute seule comme une grande. Première réaction : trop bieeeennnn, c’est énoooorme, tout moderne et bien équipé !!! En attendant les photos qui seront beaucoup plus parlante, sachez juste qu’il y a deux lits, donc j’ai bien de la place pour un visiteur, si ça vous tente ! Un peu plus tard, après avoir passé 2h à putzer (disons qu’ils n’ont pas la même notion que moi de la propreté, et que mon prédécesseur avait de courts cheveux noirs – détail dont je me serai bien passé –), j’ai quand même trouvé que toute cette surface était moins chouette, hum. Enfin bref, maintenant que c’est plus propre, c’est top ! Durant l’après-midi, je suis aussi allée au centre-ville (20 minutes à pied) pour m’y repérer et compléter mes courses. Après la pluie gelée de l’autre jour, j’ai expérimenté un temps sensiblement différent mais tout autant adorable : la bruine qui a l’air de rien mais qui vous trempe en quelques minutes ; très vicieux ! Ce n’est en tout cas pas durant cet hiver que je risque de me prendre un coup de soleil... Toutes ces aventures (et la courte nuit précédente) m’ont complètement claquée, je n’ai pas pas eu le courage de défaire ma valise, avant de me coucher je me suis juste contenté d’extraire ce qu’il me fallait pour le lendemain, laissant le studio dans un joyeux désordre.

Mardi matin, j’avais rendez-vous à TU (Technische Universiteit) – qui se trouve à 10 minutes à pied – pour que la secrétaire du labo fasse un petit topo, avec choses à régler, rapide visite du labo, conseils et astuces. Je n’étais pas la seule à être nouvelle, il y avait aussi Sofia qui vient de Madrid, et François et Julien de Montréal. En début d’après-midi, Shafqat, le doctorant qui va superviser mon projet, m’a briefée plus en détail sur ce qui nous attend pour les quelques mois à venir. Ensuite, j’étais libre de rentrer à l’appart’ pour (enfin !) ranger un peu en attendant que les autres échanges aient terminés leurs meetings avec leurs tuteurs respectifs, puisque nous avions l’intention d’aller tous ensemble en ville pour acheter des vélos. Sofia ayant quitté TU trop tard, nous sommes justes allées au centre où je l’ai aidée à se repérer. Finalement, soirée tranquille chez moi, malgré les autres nouveaux qui ont tenté de m’amadouer pour aller boire une binch au centre, mais leur timing n’était malheureusement pas bon, à ce moment-là j’étais déjà en pyjama et en pleine conversation sur Skype avec mes parents…

Hier, bonne surprise au réveil, il y a (un peu) de soleil, que je n’avais même plus aperçu depuis samedi ! Ce cadeau-là m’a bien fait plaisir pour mes 24 ans. [Et c’est là que je remercie ceux qui y ont pensé !] Je n’ai passé que la matinée à TU, où j’ai entre autre enfin mon poste de travail (dans une salle commune tout en verre, avec d’autres étudiants en master). J’y ai donc rencontré des nouvelles têtes, entre autre Freddy (Français) et Peter (un autre Québécois), ainsi que plein de gens dont j’ai forcément déjà oublié le nom. Un petit groupe est passé dans la salle, à la recherche des quatre « nouveaux », pour nous dire de venir avec eux à un bar qui, chaque mercredi, est le lieu où se retrouvent (surtout) les étudiants en échange : De Ruif
Pour mon anniversaire, je me suis offert deux choses vraiment vitales : 1. un câble internet qui fait plus d’1.5m comme celui que j’avais, ce qui me semblait assez long (j’ai été naïve, j’avais imaginé que la prise serait à proximité du bureau, mais ces génies l’ont placée sous le lit, pas à portée de la table…). 2. un vélo, après avoir survécu à deux jours sans (1h de marche intensive par jour, dur dur, surtout sous la pluie). La bestiole est encore un peu à apprivoiser, parce que le coup des freins torpedo, le guidon en U et l’unique vitesse, ça me change pas mal, hihi. Et surtout, il faudra aussi que je me mette à me lancer sur les pistes sans craintes, malgré la tonne de monde en deux-roues ! Les jours à venir promettent d’être intéressants, rien qu’à ce niveau déjà. Je vous disais que l’heure de marche quotidienne me fatiguait bien, mais alors je dois dire que mater les ponts et le vent (pas encore expérimenté personnellement, d’ailleurs) avec mon unique vitesse, ça va être très sport en vélo aussi ! Rien que le premier trajet depuis le centre-ville m’a crevée, c’est fou (et surtout moche tous ces pavés).
J’ai donc passé la (fin de) soirée au Ruif, où j’ai bien entendu rencontré des nouvelles personnes, encore et encore. Deux Tchèques, un Hollandais (Wally) et une Française de Montréal (Aurélie). La soirée démarre vraiment qu’autour de 23h, et on en est ressortis qu’après 2h, à la fermeture. Certains avaient faim, et Wally en a profité pour nous faire visiter Delft en pleine nuit à vélo, et nous donner quelques « trucs » qui peuvent s’avérer utiles suivant les événements (comme l’endroit qui vend des kebabs-frites toute la nuit, et un endroit pas mal où il y a des concerts). Pour finir, ce n’est que vers 3h qu’on s’est tous dispatchés dans nos logements respectifs.

N’ayant pas pas d’obligation d’aller à TU ce matin, je me suis accordé un réveil en douceur vers 9h-10h. L’après-midi j’ai fait connaissance avec la grosse machine que je vais utiliser pour mon travail, et là j’ai passé une soirée tranquille chez moi.

Comme vous le voyez, 3 jours à Delft et déjà mille trucs à vous raconter vu mes journées variées ! Et je me sens déjà chez moi aux Pays-Bas et à Delft, c’est juste de la folie !
Encore une petite chose : plus tard, j’ajouterai quelques photos pour agrémenter ce 3615 mylaïfe, ne vous en faites pas ;)