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mercredi 1 juillet 2009

Appelez-moi Master

Ca y est, c’est fait, j’ai mon Master !!!
Ca s’est passé plutôt in extremis (pas de détails, tout raconter ne vous apporterait pas grand-chose…), ces dernières semaines no-life m’ont vraiment épuisée à la fois mentalement et moralement… Mais c’est bon ! Le soulagement n’en est que plus grand !

Après avoir rendu mon rapport le 19 juin, j’ai continué à m’enfermer chez moi, cette fois-ci pour préparer la présentation de mon travail, qui a eu lieu mardi 23 juin, entre autre en présence de ma prof suisse qui a fait un aller-retour durant la journée. Encore en dernière minute, on m’a bien aidé à avoir des bons coups de chaud, pas simple à gérer… Mais je crois que ma présentation était potable vu le temps que j’ai eu à disposition pour m’y coller. Par contre l’espèce d’examen oral que j’ai eu seule face à mes superviseurs était loin d’être glorieux… In extremis le Master, je vous dis !
Pian, Paul et Mike se chargeaient du soutien familial, c’était bien de les avoir proches en ce mardi. Et dans l’auditoire se trouvaient aussi quasi tous mes copains (et quasi pas de personnes externes), des visages bienveillants et rassurants alors que j’endurais cette dernière épreuve en somme ! Après ces émotions et le soulagement final, j’ai fait visiter le laboratoire à ma famille, ce qui a l’air de leur avoir bien plu, et surtout les bouts d’avions et hélicoptères qui traînent dans le hall des tests les ont amusés (alors que pour moi il est dorénavant tout à fait normal d’avoir un cockpit à portée, ainsi qu’un F-14 ou F-18).
Pour marquer le coup avec mes amis, on s’est retrouvés assez nombreux sur la terrasse du Bebop, avec en musique de fond un jazzband en live. Notre tablée était vraiment sympa. Tellement sympa que nous sommes restés entre 21h et 2h ! La fin de soirée (vu l’heure, on va même dire la fin de nuit) s’est déroulée chez un copain.

Mercredi, c’est donc la tête dans le pâté que je suis allée à TU. Et oui, j’avais beau avoir rendu mon rapport et fait ma présentation finale, il y avait encore un tout petit détail à régler pour l’EPFL : la réalisation d’un poster A0 résumant mon travail. Il se trouve que cette tâche (gratuite, vu qu’on n’aura aucune note et que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à nous ennuyer jusqu’au bout…) s’est avérée plus ardue que prévu, à cause du format spécial. Bref, j’ai passé mon après-midi à me battre sur Powerpoint pour arriver à la conclusion qu’il faut laisser tomber et apprendre à utiliser Adobe Illustrator vite fait bien fait… Or il était déjà l’heure de quitter l’université et de se diriger vers le bord d’un canal à côté du centre pour fêter la fête national du Québec (Saint Jean-Baptiste) et d’aller ensuite au Ruif pour une ultime soirée Erasmus. Le bar était vraiment vide, vu que tout le monde est en période d’examens. Qu’à cela ne tienne, notre groupe a investit les lieux, on s’est bien amusés, et nous avons squatté la terrasse jusqu’à la fermeture de 2h, après quoi nous sommes allés faire du bikefishing avec Martin et Daniel (les derniers arrivés de Montréal), ce qui nous a encore donné faim pour des burgers et kebabs.
Jeudi, tête dans le pâté, deuxième épisode ! Ma journée (qui ne commence pas avant 11h, on est bien d’accords) était marquée par la courte visite de ma Maman, qui était arrivée la veille aux Pays-Bas. Sa fille masterisée lui a fièrement montré là où elle a passé quatre mois inoubliables, en lui présentant un tas de monde, allant de la fameuse secrétaire aux fabuleux techniciens. Après ce lab tour, je suis retournée à mon poster, pour 3h petites mais laborieuses heures… Je n’ai pas pu faire plus long, car le BBQ de la Faculté débutait ! Des supers bonnes grillades, des salades, une tireuse d’Heineken, des vins, des amis, des collègues, des gens croisés un peu tous les jours au labo : que demander de plus ?! L’université étant verrouillée à 22h tapantes, un large groupe a continué la soirée au centre ville, et ensuite ça s’est fini jusqu’à pas d’heure chez moi.
Vendredi, tête dans le pâté, sprint final ! Finir ce satané poster dans les temps a nécessité un effort bien plus important que prévu, même si ce que j’ai rendu est vraiment minable. Tant pis, je ne suis apparemment plus à un truc de bâclé près, surtout que cet exercice ne compte en rien pour l’obtention du master… Après trois soirées très très remplies, j’ai consacré mon vendredi soir à des tâches bien glauques chez moi : vider mes armoires, faire ma valise, empaqueter divers trucs, trier les choses que j’avais à donner à mes voisins et amis. Ce qui fait que je me suis retrouvée dans un studio très impersonnel durant ces derniers jours !
Samedi, Paul et ma Maman sont venus embarquer quasi toutes mes affaires – ce qui me permettra de quitter Delft qu’avec un sac à dos dans quelques heures – et nous sommes allés manger une dernière fois au Sate bar à Rotterdam. Je suis rentrée seuls sur Delft pour larver chez moi, puisque j’avais quelques heures de sommeil en retard et qu’en plus il faisait une chaleur écrasante ! C’est requinquée que j’ai rejoint une grosse et ultime fête dans un bâtiment voisin, l’occasion de revoir un tas de monde que je n’ai croisé qu’à ce genre de fêtes et de leur dire au revoir…
Avant-hier, nouveau festival à me mettre sous la dent : Parkpop à Den Haag, le plus grand festival pop gratuit d’Europe. Comme nous sommes y allés avec un large groupe, nous nous avons évidemment perdu la moitié dans la foule, et ce avant même le premier concert. Impossible de se retrouver, tant pis, tout le monde se promènera au grès de ses envies ! Sans vous débiter un compte-rendu complet, voilà la liste des artistes que j’ai écoutés : le ska presque qu’instrumental (donc idéal pour émerger) de Skatalites, Dana Fuchs Band le temps d’une chanson horriblement braillée, l’agréable Sabrina Starke, la blague Dio & Sef dont un tube (Tijdmachine) m’a suivi depuis février donc les voir en live était un moyen de boucler la boucle en quelque sorte, les Britanniques The Pretenders (I’ll stand by you) qui ont la pêche malgré leur quasi 60 balais, le Flamand Milow (You don’t know / Ayo Technology) qui est entrain d’être bien connu et que j’aime de plus en plus. J’ai absolument adoré son concert, j’apprécie beaucoup les artistes qui partagent la scène avec leur groupe, au sens où il laisse une bonne place à ses copains musiciens et sa copine choriste de première classe.

Hier après-midi, c’était mon traditionnel cake d’adieu à TU, avec en prime une tournée de remerciements aux techniciens. En début de soirée, nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine de quasi que francophones pour aller manger ensemble sur la terrasse d’un restaurant au centre. Depuis que j’entendais parler des spare ribs de Billy Beer, je ne pouvais pas quitter Delft sans y aller. Et ça en valait effectivement le détour ! Je suis allée au Bebop pour une ultime after, avec les plus valeureux, même s’ils devaient bosser le lendemain.
Ma dernière soirée à Delft était vraiment super : passer du bon temps avec des amis qu’on n’est pas forcément sûrs de revoir un jour alors qu’on a partagé plein de choses ensemble, c’était la meilleure des manières pour marquer le coup ! La toute dernière chose qu’il me restait à faire en rentrant chez moi en ayant dit au revoir à mes potes en chemin était d’aller abandonner mon fidèle vélo, accroché à un poteau près de chez moi pour qu’une copine le récupère et le promène à ma place dès le lendemain. Ca m’a fichu un sacré cafard, mine de rien…

J’ai rendu les clés de mon studio en fin de matinée aujourd’hui, et suis partie rejoindre ma famille, dans un premier temps à Leusden, puis à Houten pour un dernier Wok restaurant avec ma Maman, Pian, Yoeri, Mike ainsi que leurs conjoints et enfants. Et je renterai en Suisse demain en début de soirée…


Voilà, ça c’était pour mes diverses célébrations post-réussite de Master ! Avant de vous parler de mes grands projets en Suisse, gros flashback puisque je n’ai toujours pas partagé mes aventures trépidantes depuis fin mai !

Le vendredi précédent le long weekend de Pentecôte, après une journée vraiment pas productive du tout (labo vide, et gens qui ne passent qu’en coup de vent en cours d’après-midi pour vous attirer hors de l’uni), nous avons profité d’un petit moment de relaxation (et baignade pour certains) avec un gros groupe de francophones (et un Espagnol) au bord du lac. Enfin… « lac ». Le gros étang à Delftse Hout, qui est infesté de moustiques qui apparemment ne prennent même pas la peine de piquer. Des connaissances de copains amenant de connaissances, une chose folle s’est produite : j’ai rencontré « mon » premier Suisse de Delft ! Et hasard fort de fruit, il est moitié Suisse, moitié Néerlandais. Un vrai compatriote, quoi !
La soirée – ou plutôt de la nuit – au centre-ville a été un peu poussive à débuter, mais c’est la routine quand on sort avec des Espagnols (et Marina, une Canado-Russe arrivée durant mes vacances), eux qui ont vraiment l’habitude d’être lents, très lents au démarrage…

Dimanche, il était temps de débuter ma série de festivals estivaux, youpie ! Le Pinkpop fêtait sa 40ème édition, et est dans la lignée du Paléo. Plus de trois heures de multiples trains et bus navette étaient nécessaire pour rejoindre Landgraaf, tout au sud et à la frontière allemande. Je vous épargnerai le compte-rendu détaillé (si ça vous intéresse, manifestez-vous et je vous redirigerai), sachez juste que j’ai vu Madness (raison de mon déplacement, et j’ai bien fait !), Keane (ça, c’est fait), James Morrisson (à force d’entendre à la télé…), Placebo (beurk), et le groupe Krezip (remplacement de dernière minute pour Depeche Mode qui a dû annuler). Sinon, je ne peux quand même pas m’empêcher de dire qu’on a sacrément de la chance avec le Paléo, où (presque) tout est bien pensé. Et c’est en allant voir comment cela se passe ailleurs que je m’en rends mieux compte.
Petite anecdote pour la route : il faut croire que les montagnes me manquent plus que je ne le crois. C’est stupide, mais voir des champs un peu ondulés et une petite colline dans cette région si éloignée, ça m’a fait un petit quelque chose ! C’était plutôt inattendu puisque cela faisait 2-3 mois que je clamais haut et fort que, tant que ce ne serait pas la période de mon trip à mon chalet ou alors le trip luge, la montagne ne me manquerait pas…

Et au niveau de mon projet de master, c’est en fait durant la semaine qui a suivi que les choses ont commencé à devenir intenables, après réunion vraiment tendue… Dès lors, je n’avais plus d’autre choix que la no-life attitude ! Socialiser ? Parler avec des gens ? Connais pas… Pas le temps…

Or avant le cataclysme, j’avais déjà prévu deux choses auxquelles je ne voulais absolument pas renoncer !
Ma première distraction était le Zomerfestival, sur le campus à deux pas de chez moi. La musique plutôt hollando-néerlandaise n’était pas forcément attrayante, mais tout à fait suffisante pour se défouler entre amis.
La deuxième et dernière distraction, c’était un nouveau match de foot des Oranje au stade de Rotterdam, le Kuip, apparemment le plus populaire du pays car le public est très proche du terrain. Il s’agissait d’un match qualificatif pour la Coupe du Monde (alors qu’en fait les Pays-Bas venaient d’assurer leur qualification en Islande) contre la Norvège, battue 2-0 sous une pluie battante. Avec Jeroen, on l’a bien sentie passer puisque nous étions au bord du terrain, absolument pas à l’abri !
Et ensuite, c’était donc la trilogie infernale rapport – défense – poster, et les multiples festoyages racontés au début de ce billet !


Comme dit, je rentre demain (mercredi) soir en Suisse. Jeudi, j’aurai un certain nombre de trucs barbants à régler, mais j’espère pouvoir traîner un peu au port et voir des gens qui m’auront manqué... Et dès vendredi, je staff au Montreux Jazz ! Donc si vous y allez, faites-moi signe (je devrais être dispo avant 18h et dès la fin des concerts, disons vers 1h). Ensuite je serai bien évidemment toute la semaine au Paléo, autre occasion de revoir du monde entre les concerts (ou dans la voiture sur le chemin du retour, si vous avez une place pour moi…). Dooonc si vous n’allez ni à Montreux ni à Nyon, on n’a pas beaucoup de chances de se croiser avant le 27 juillet !


Pour conclure, petite chose à propos de l’avenir de ce blog…
Etant donné qu’il est censé se passer plein de choses passionnantes de mon côté en 2009 (après le projet aux Pays-Bas et les vacances qui suivent, puis la recherche d’emploi et d’appartement en Suisse, youpiiie), je pense continuer à alimenter très irrégulièrement cet espace au fur et à mesure des news incroyables. Qu’est-ce que vous en pensez ?? (Oui, j’attends des réactions !)

jeudi 28 mai 2009

Weekend de l’Ascension

La semaine dernière, nous avons passé une soirée entre francophones chez Guillaume, un doctorant Français. Mis à part François et moi, c’était plutôt Franco-Français, nous garantissions ainsi la touche internationale du souper. Quoique, les fajitas que nous avions mangé n’étaient pas si français que ça, eux non plus, hihi.
Il est temps que je case un petit intermède que je ne saurais où vous glisser par la suite (j’ai quelques bouts de billets sous le coude) ! Un des buts de ma venue aux Pays-Bas était de tenter de retrouver mon néerlandais. En fait, quand j’étais petite, c’était ma langue principale, mais quand j’ai commencé l’école enfantine avec tout le monde qui parle français, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ma Maman ne me parle plus en hollandais. J’étais différente des autres, et quand on est gamin, ce n’est pas bien d’entrer dans le moule. Comme j’ai été stupide ! Donc avant mon arrivée ici, je ne parlais quasi pas néerlandais, mais je comprends l’essentiel de ce qu’on me raconte, à force d’être souvent venue visiter ma famille. Bref. Initialement, je pensais suivre un cours « Néerlandais pour les étrangers » pour combler mes larges blancs. Mais honnêtement, ma vie ici est bien différente sans réelles contraintes au niveau des horaires et des devoirs. Donc au final, comme je ne me suis pas sentie assez motivée pour m’infliger à nouveau des cours hebdomadaires à des heures fixes après une longue journée à TU, j’ai laissé tomber cette idée… Au fil du temps, un plan B s’est plus ou moins profilé : mettre souvent la télé néerlandaise en bruit de fond, regarder quelques programmes (jeux, …) et lire les sous-titres des séries/films américains, feuilleter les journaux (Metro et DePers) pendant les pauses à TU, demander à ma famille de m’écrire qu’en néerlandais et de corriger mes fautes quand je tente de leur répondre dans cette langue, parler avec mes petites cousines de 2-3 ans (on a plus au moins le même niveau, c’est parfait !), tâcher de poser mes questions en Dutch dans les magasins, demander aux Néerlandais que je côtoie (surtout les techniciens à TU) des traductions quand je ne comprends pas les instructions écrites en néerlandais, passer du temps/dîner avec des étudiants Hollandais de la faculté – comme Ramona, Jeroen ou Chris par exemple - , baragouiner quelques trucs quand la secrétaire du labo et le grand professeur hyper sympa me taquinent en néerlandais, … Comme quoi, il y a plein de petits moyens pour encore plus se faire l’oreille, et quelques autres pour tâcher de pratiquer un minimum la langue ! Cela a plus ou moins porté ses fruits, et j’ai décidé que désormais mon niveau était juste satisfaisant pour être inscrit sur mon CV.

Le weekend prolongé passé a bien débuté, avec une très longue soirée qui a débuté chez moi pour ensuite aller au Ruif, avant de prolongé chez un copain. Ce mercredi soir-là nous avons tous bien profité du férié qui suivait en nous couchant que peu avant 5h. Inutile de vous dire à quel point j’étais bien fraîche le lendemain… Jeudi de l’Ascension j’ai rejoint Houten, pour visiter mes cousins, leur fille, et leur nouveau-né de 11 jours, Luuk ! Après un festin apporté par Pian et Paul et des bonnes choses cuisinées sur place, je suis rentrée sur Leusden avec ces derniers.

Vendredi était une grosse journée ! Nous avons tous les trois pris la voiture en direction de la Belgique, avec pour but ultime Brugge et des étapes à Maldegem et Aardenburg (à la frontière, côté Pays-Bas).
Les routes belges sont en fait mythiques, c’est un tel bordel ! Il faut le voir pour le croire ! C’est une grosse blague ! Par exemple, quelques dizaines de mètres après avoir dépassé la sortie d’autoroute, on vous indique que c’était par-là qu’il fallait aller. Et en plus quand vous avez le malheur de tomber dans des déviations, c’est la catastrophe, ils se mélangent les pinceaux (avec en bonus le GPS qui ne comprends plus rien). Autre exemple : ces fameux panneaux indiquent qu’il faut aller tout droit, vous suivez sagement, et ensuite, plus aucune information ! Alors vous faites demi-tour… Et c’est là que vous tomber sur LE panneau qui vous dit qu’il fallait en fait tourner à gauche ! Mais ces blaireaux ne donnent pas l’indication dans les deux sens. Ils font peut-être des économies ? Chapeau bas, quels artistes !
Bref, après avoir fait quelques détours et été ralentis après (!) avoir dépassé Antwerpen, nous sommes arrivés à bon port, c'est-à-dire à Maldegrem chez mon plus ou mon oncle Frits. N’ayant pas de contacts avec cette partie de la famille (je vous épargnerai les détails), cela devait fait vingt bonnes années que je ne les avais pas vu, lui, sa femme, et ses deux filles dont l’aînée a mon âge. Ces pseudo-retrouvailles étaient très bien, ils étaient supers et très accueillants. Alors que nous étions censés débarquer pour une tasse de thé/café, nous avons au final carrément dîné chez eux (à coup de petits pains et plein de stuffing, comme d’habitude par ici). La communication entre nous était un peu drôle, mais je suis désormais coutumière de ce genre de situations et c’est venu très naturellement comme ça : je parlais anglais, et eux me parlaient néerlandais/flamand ; j’ai même compris ce que la mère disait, alors qu’elle parle un flamand très local, vive moi !
A 5 minutes de là, au-delà de la frontière, se trouve Aardenburg. Pian, Paul et moi y sommes allés pour visiter la tombe de ma grand-mère (que je n’ai jamais connue), chose que je voulais absolument profiter de faire durant ces quelques mois. Nous n’avons fait qu’un passage éclair au cimetière, juste le temps de nettoyer un peu la pierre et planter deux-trois trucs. Pas le temps pour de quelconques émotions, quoi. Nous avons encore vite parcouru la petite ville (morte, mais choue) pour repérer quelques endroits où ma Maman a grandi, et nous sommes repartis en direction de la Belgique.
Contrairement à mon habitude, je suis allée à Brugge (en version flamande) un peu les mains dans les poches, sans rien avoir préparé ou lu auparavant. Je n’avais qu’un vague plan, et c’est tout. C’est donc en me promenant seule un peu au hasard pour découvrir la ville, partant régulièrement à l’écart des touristes, où c’est tout aussi joli mais encore plus agréable. Des trois villes belges que j’ai visitées depuis Delft, Bruges (en version wallonne) est largement la seule à m’avoir charmée ! Autre haut fait du jour : il ne m’a fallu que 20 minutes pour trouver non pas une, mais deux paires de chaussures, victoire ! Depuis le temps que j’en cherchais… Les deux autres et moi nous sommes régalés sur la terrasse du restaurant De Stoepa. Anecdote du jour, bonjour : un serveur est allé voir son chef en lui disant qu’il y avait une famille de Français qui cherchaient une table alors que c’était visiblement plein, et là le patron lui a dit « ouais ouais, j’vais voir ça après », et au final on n’a jamais vu s’installer la famille en question… Il était temps de rentrer au pays, et 3h après avoir quitté Bruges nous sommes enfin arrivés à Delft, où Paul m’a gentiment déposée, ce qu’il leur a coûté quand même un sacré détour jusqu’à Leusden !

Après cet intermède en famille, samedi je suis retournée sur les canaux d’Amsterdam avec Jeroen et deux de ses copains, Ivo et Maarten, pour une opération BBQ vers le stade olympique (la ville a accueilli les Jeux de 1928). C’était la première fois que je m’aventurais en-dehors du centre, d’ ailleurs. Le BBQ instantané – vous savez, les barquettes d’alu contenant du charbon empaqueté dans du papier qui est censé mettre leur mettre le feu en moins de deux – était foireux (et pour le coup, ça m’a fait plaisir que des Hollandais n’y arrivent pas non plus), mais les hommes ont fait le nécessaire pour qu’on puisse griller la bidoche (ça me rappelle une expérience au chalet, tiens). En fait, à peu près tout ce qui pouvait aller de travers est effectivement allé de travers ce jour-là : on a dû faire un détour via Rotterdam parce qu’il y avait des travaux en direction de Den Haag durant le weekend ; le BBQ n’était donc pas franchement optimal ; le moteur de Mary Jane (le bateau) a été bien capricieux au début, avant d’aller comme il faut, et pour finalement lâcher alors que nous rentrions et que nous étions au milieu de l’Amstel. Les rares petits bateaux qui nous ont vu ont spontanément offert leur aide : une personne nous a tirés jusqu’à la rive pour tenter une réparation (qui s’est avéré trop compliquée), et une autre nous a tiré un bout sur la rivière, ce qui allait quand même légèrement plus vite qu’à la rame !

Dimanche, après avoir bien siesté devant le GP de Monaco, je me suis dit qu’il fallait quand même que je mette le nez dehors pour profiter du temps magnifique ! Alors je suis retournée en direction de Rotterdam. J’ai en fait réalisé que la dernière fois, je m’étais par hasard arrêtée à l’endroit où la piste cyclable digne de ce nom prenait fin, parce qu’ensuite c’est du bitume un peu défoncé ou carrément des pavés (apparemment ils y a des chemins alternatifs, faudrait que j’étudie ça de plus près). Donc j’ai passé l’aéroport, mais je ne suis de nouveau pas allée jusqu’à un quelconque panneau « Rotterdam », c’en était trop, surtout que pédaler le long de l’autoroute ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable et qu’apparemment je suis allergique au pollen rencontré en chemin.
Hier était une journée plutôt bien remplie. En résumé : je n’avais dormi que 4h la nuit précédente, j’ai bossé d’arrache-pied à TU durant plus de 11h pour finir tous mes ultimes tests de fatigue (youhouhou !), j’ai passé 45 minutes chez moi avant d’aller voir la finale de la Ligue des Champions chez Ivo avec des copains, nous avons un peu joué à FIFA sur la Playstation (je n’en reviens toujours pas qu’après environ 7 ans sans y toucher j’ai retrouvé les « trucs » si rapidement, cela dit en passant) avant que j’aille rejoindre des gens au Ruif jusqu’à sa fermeture puis ensuite au snackbar Alev pour caler un peu tout ça. Résultat : au lit à 4h du mat’! Dois-je vous expliquer à quel point j’ai été productive aujourd’hui ?...

lundi 27 avril 2009

Dordrecht, Amsterdam & Bruxelles

Depuis le long weekend de Pâques, on a été vraiment gâtés avec pas mal de soleil (qui m’a donc narguée, puisque j’ai à nouveau passé 36 bonnes heures à TU durant les 4 jours qui ont suivi). Le printemps a l’air de s’installer (les gens sont méfiants et craignent que ce ne soit qu’un leurre… Moi j’y crois !), c’est vraiment magnifique avec toutes ces fleurs un peu partout !
Les Néerlandais (ou plutôt les échanges) dégainent leurs barbecues plus vite que leur ombre, c’est cruel de sentir de bonnes odeurs quand on rentre à pas d’heure chez soi et qu’on doit encore se cuisiner quelque chose… Par contre, le cliché du Hollandais au camping, c’est absolument véridique ! Durant le long weekend de Pâques, pas mal de camarades sont allés camper, vu qu’en plus il faisait beau.
Bref, ça me rend d’autant plus dingue que je ne compte vraiment plus mes heures à TU alors qu’il fait grand beau dehors. On en profite tout de même comme on peut, donc on tâche de prendre le lunch dehors avec une bande de compatriotes, dont Ramona que je vois régulièrement au labo et Jeroen avec qui j’ai sympathisé à force de se croiser vers la machine à café.

Samedi passé, je suis allée me promener à Dordrecht (30 minutes en train depuis Delft). C’est une adorable ville en format de poche, absolument charmant ! Deux heures suffisent pour fait le tour de la vieille ville à pieds (le reste n’est pas intéressant…), où il y a plein de terrasses dès qu’il y a un square. Le temps magnifique a rendu ma ballade encore plus parfaite. Comme j’étais un peu enrhumée j’avais pris une petite veste (pour le trajet en vélo à Delft), mais ensuite j’ai bien cuit quand j’étais dans les rues à l’abri du vent (soit la plupart du temps), tandis qu’au bord de la Meuse (Oude Maas) c’était bien agréable. Dordrecht n’est pas vraiment touristique, même si j’ai croisé plusieurs groupes de vieux qui étaient guidés par des gens du coin qui leur racontent divers faits et anecdotes. D’après mon Lonely Planet – qui est en passe de devenir mon bible – Dordrecht est la plus ancienne ville des Pays-Bas, et sa situation géographique stratégique au carrefour de la Meuse et de plusieurs rivières secondaires en ont fait une puissance importante au 16ème siècle. Et c’est là que ce sont rassemblés pour la première fois tous les leaders des provinces du pays.
Je vous fais encore part d’une petite réflexion que cette énième errance m’a inspirée : peut-être que je prête plus d’attention à ce genre de choses ici vu ma condition de semi-touriste, mais j’ai l’impression que les Hollandais sont assez portés sur les statues en l’honneur d’illustres personnes qui sont nées ou qui ont vécu dans les villes, alors qu’en Suisse cela ne me semble pas si fréquent que ça. Me trompe-je ? Bref.

Le Québécois Peter étant sur le point de quitter Delft, il y a eu un énorme BBQ durant la soirée de ce même samedi. J’y ai passé une large partie de la soirée/nuit à papoter avec Ramona et Oscar, un autre Néerlandais, qui s’avère être un connaisseur de la région du Léman. C’était bien sympa, à l’entrée de mon building, et beaucoup moins foireux que le Roof BBQ. Quoique, ça a commencé assez tard (après 22h !), mais fini bien « tôt » (4h du mat’). Une autre réflexion du jour (décidément) : le choix de viandes à griller est très pauvre ici (des saucisses ou des saucisses…), j’espère que ce n’est qu’une mauvaise passe et que lorsqu’on va se rapprocher de l’été, les stocks seront plus intéressants, comme en Suisse !

Après une courte nuit, j’ai passé le dimanche après-midi suivant à Amsterdam. Malgré le soleil, j’étais plutôt dans le coton (…) au début, mais j’ai continué à marcher sans me poser de questions ni me poser tout court, sinon je n’aurais plus réussi à décoller. Ce qui fait que je ne me suis arrêtée qu’à 16h pour manger un petit truc qui a fait office de dîner, après mon petit déjeuner encore plus frugal que d’habitude (!). Ceux qui se sont promenés dans diverses villes avec moi se souviendront au passage de ma tendance à ne pas m’arrêter pour manger (bah quoi, c’est une perte de temps), et auront la preuve que je ne fais pas ça que lorsque j’ai de la compagnie que je veux fatiguer ! Après avoir traversé le quartier des 9 straatjes (9 petites rues) où j’ai fait quelques repérage de boutiques diverses, j’ai continué mon shopping, et j’ai même acheté quelques trucs, ce qui est hyper rare pour moi puisqu’en général je ne trouve absolument rien !

Le début de la semaine passée à TU a été toujours aussi productif, j’étais toute contente de moi, mais parfois un peu frustrée de ne pas pouvoir compléter le programme imposant que je prévoyais chaque jour, alors que les gens d’ici disaient « wouahou, tu as fait beaucoup… Quoi ?! Tu veux encore faire des trucs ?!?! ». Tout allait bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’un souci majeur survienne avec mes échantillons (qui étaient presque prêts) donc nouveau coup d’arrêt, partiel parce que je ne vais pas laisser ça comme ça, et ne plus rien faire… Cerise sur le gâteau, mon superviseur a trouvé le moyen de me plomber très délicatement, et ma motivation s’est envolée pour la fin de semaine, où j’ai à nouveau glandouillé (genre je ne faisais qu’un truc utile pendant 3h de la journée, et le reste du temps ce n’était que de la paperasse ou du remplissage de temps…).
Vendredi après-midi, une rumeur a couru dans l’Aviation Hall (là où il y a nos labos) : il y avait des free drinks et du free food dans un atelier ! Ni une, ni deux, on s’est tous rués dessus. En fait il y avait des compagnies plus ou moins reliées à l’école qui se présentaient sur des pseudo-stands, tout en proposant des internships (et plus ou moins des jobs si on se renseignait). C’était en tout cas très agréable de se faire quelques contacts de telle manière informelle, avec des Heineken à volonté au plein milieu des machines. Et le buffet chaud qui a suivi n’était que du bonheur, mmmmmmh !

Samedi (hier), je suis retournée en Belgique voisine, à Bruxelles cette fois-ci. Freddy et moi nous étions donnés rendez-vous à 8h15 à la gare de Delft, mais une fois au guichet mon compagnon du jour remarque qu’il n’a pas sa carte… Sprinter jusqu’à chez lui à vélo s’est avéré inutile, à 5 minutes près nous avons manqué notre train. Le suivant n’était qu’une heure plus tard, quelle loose ! Inutile de vous dire à quel point j’étais heureuse de m’être levée si tôt, pour rien… Du coup nous avons pris le train suivant pour Rotterdam et on a attendu là-bas en flânant un peu dans les rues… désertes ! Absolument incroyable que cette ville soit morte à ce point avant 9h30 !
Lorsque le train suivant arrive enfin, nous avons eu une nouvelle mauvaise surprise : il était bondé ! Il faut dire que c’est le premier weekend des vacances ici. Donc on s’est tapé les 2h de trajets debout dans le couloir, ce qui nous a quelque peu sciés les jambes pour bien commencer la journée…
Etant donné que mon idée était de plus ou moins suivre le parcours BD (qui ne s'est pas avéré si simple à repérer) en traquant les fresques, tout en adaptant la ballade pour passer vers le Palais Royal et traîner un peu plus au centre, Freddy et moi sommes descendus à la dernière station de la ville, Bruxelles-Midi/Zuid. Quel choc, ils sont restés bloqués dans les années 60, ou bien ?! C’est tout vieux et limite à l’abandon… En fait, tout le quartier que nous avons traversé était de ce genre, donc vraiment pas intéressant mais étonnant puisque nous ne nous attendions vraiment pas à cela. Un ascenseur vous extrait de ce quartier populaire (mais vraiment très populaire !) pour arriver au pied du Palais de Justice, qui se trouve en hauteur tout comme le Parc et le Palais Royal, ainsi que la Cathédrale St-Michel. Je ne soupçonnais vraiment pas que Bruxelles était une ville si vallonnée : en un jour j’ai avalé le plus important dénivelé que ce que j’ai fait en 2.5 mois ! Bon, vous me direz que ce n’est pas difficile, vu comme les Pays-Bas sont plats…
Puisque je parle de vallons, j’en profite pour parler de Wallons aussi (jetez-moi des cailloux pour ce jeu de mot…). J’ai vraiment ressenti Bruxelles comme étant plus francophone que néerlandophone, par exemple on nous adressait systématiquement la parole en français, langue que nous entendions vraiment fréquemment dans les rues (ce qui fait tout bizarre d’ailleurs, depuis le temps). Certains pubs m’ont marquées, où ils spécifient bien que c’est une initiative de la communauté flamande ou alors Avec ses talents et ses bons plans, la Wallonie avance. Ou alors le détail qui tue à la gare, où le tableau d’affichage indique les noms des villes à double, par exemple Tournai – Mouscron / Doornik – Moeskroen. En Suisse on n’est pas si mal lotis avec notre röstigraben, finalement !
De ce que j’en ai vu en 6h, les seuls endroits qui valent le coup à Bruxelles sont en fait tous autour de la Grand-Place, où j’ai apprécié les jolis bâtiments en pierre blanche (sinon les autres… bof…). Nous sommes forcément allés voir Manneken Pis, qui était déguisé en balayeur cela dit en passant. Nous avons aussi vu Jeanneke Pis, son pendant féminin, qui se trouve au fond d’une petite rue derrière des grilles. Mais c’est à un endroit stratégique, puisque c’est juste à côté du Delirium Café, un endroit (tout sombre…) qu’on se devait de visiter. Ne sachant que choisir parmi les plus de 2000 bières disponibles, nous nous sommes laissés tenter par celle dont le lieu nous inspirait : on a donc trinqué avec deux « Delirium Tremens », bon choix ! Avec Freddy, on s’est ensuite séparés autour de deux gaufres sur la Grand-Place, lui rentrant 1h plus tôt pour ensuite sortir à Rotterdam, moi continuant ma ballade sous le signe des BD avant de retrouver Delft.

lundi 13 avril 2009

Weekend de Pâques

Vendredi Saint, j’ai passé la soirée avec une bande d’Espagnols et de Portugais, dont Ruben qui commençait à fêter son anniversaire, au bar De Kurk, un pub sympa qui était très animé dès 1h ! Entre deux bières, j’ai réussi à désamorcer un (énième) rush sur Bruxelles pour le lendemain, les autres étant du genre à décider absolument à la dernière minute (et de changer d’avis au dernier moment, aussi). Bref, il est clair que j’aimerais aller visiter la capitale belge si proche, mais je ne compte pas y aller plusieurs fois, ce qui implique quand même un minimum d’organisation pour repérer ce qu’il y a à voir et à tout combiner en quelques heures, puisque ça se fera probablement en aller-retour !

Comme en Suisse, il a fait plus que chaud et beau ce weekend. Temps propice à quelque chose que j’adore : les barbecues. Samedi soir, c’était mon premier barbeck de la saison pour l’anniversaire de Ruben, youhouhou !!! Il avait lieu sur le toit du bâtiment voisin, qui n’est pas franchement safe à atteindre : il faut aller dans la cage d’escaliers jusqu’au dernier étage, puis faire un entassement branlant de tables de chevet sur une table de cuisine sous la trappe, plus des gars costauds en renfort pour hisser celles et ceux qui n’arrivent pas à monter par leurs propres moyens, c’est-à-dire à la force de ses pauvres bras. Vu qu’on va vers la saison des barbecues, il serait bien judicieux de se cotiser pour une bonne échelle, histoire que personne ne se blesse en montant ou en descendant (un mec s’est légèrement disloqué une épaule en descendant il n’y a pas longtemps)... Le BBQ était un peu foireux (mise en route difficile, surtout quand on commence à s’en inquiéter quand il fait déjà nuit), mais c’était un joyeux bordel dans la joie et la bonne humeur, et après s’être quelque peu acharnés nous avions enfin des bonnes braises ! Il y avait des gens d’un peu partout, des Portugais, les incontournables Espagnols, les Québécois Franck et Peter, Marko un Serbe, des Allemands, … Mais toujours pas d’autre Suisses (francophones ou pas), cela fait maintenant deux mois que je suis à Delft, et je n’en ai pas rencontré, à croire que je suis la seule et l’unique ici.

Dimanche de Pâques, les cloches des églises se déchaînaient alors que j’étais sur mon vélo, mais mon but était beaucoup plus fun : je suis allée à l’étranger, à Anvers (Antwerpen en néerlandais), qui se trouve à moins d’1h30 de Delft. C’est donc sur cette ville que j’ai jeté mon dévolu, me disant que quelques heures seraient amplement suffisantes pour en faire le tour, donc pas besoin de se lever à l’aube. Il n’y a absolument aucun contrôle pour passer la frontière, c’est parce qu’il y a une nouveauté dans l’espace Schengen depuis le 1er avril, non ? Enfin bref. En tout cas, tout est semblable à ce que je vois aux Pays-Bas, mis à part leurs plaques d’immatriculation rouges, l’absence de canaux, et un nombre de cyclistes très limités (les pistes, ou plutôt leur absence n’est pas encourageante). Ceux qui ne comprennent rien au néerlandais n’entendent pas de différence en passant la frontière. Mais alors pour moi c’est toujours troublant d’aller en Flandre, parce que ma compréhension n’est franchement pas terrible, avec qu’en Hollande je gère relativement bien. Comme tout le monde le sait, la langue est un des sujets sensibles entre Flamands et Wallons, alors j’ai été bien sage et ai parlé néerlandais, ou anglais quand je n’avais pas le vocabulaire suffisant, mais alors surtout pas en français. Toujours à ce propos, j’ai été marquée par les annonces à la gare d’Anvers – qui est impressionnante avec les quais sur trois étages, cela dit en passant - , qui ne sont pas préenregistrées et sont donc faites selon l’humeur du speaker : la première fois, ce n’est qu’en flamand, et tant pis pour vous si vous ne comprenez pas une autre langue ; la deuxième fois, marmonné vite fait en français, avant d’être répété bien distinctement en flamand. Ôtez-moi d’un doute : à Lausanne, tout passe systématiquement en français puis est répété en allemand, non ? Puisque je n’avais pas de plan et que je déteste découvrir une ville sans avoir une vague idée d’à quoi elle ressemble, j’avais rusé en affichant une carte trouvée sur internet et en… prenant une photo de mon écran. J’avais l’air maline à regarder mon appareil en marchant, hihi ! En ce dimanche de Pâques, la grande rue commerçante (Meir) était morte, mis à part deux-trois musiciens qui se couraient après. Les seuls endroits animés étaient un marché bric-à-brac et, bien évidemment, les quelques endroits touristiques (Groenplaats, Onze-Lieve-Vrouwekathedraal, Grote Markt). C’est d’ailleurs sur cette petite (!) Grande place, à la Brasserie Noord, que j’ai mangé de la vlaamse stoofcarbonade (carbonade flamande), un ragoût de bœuf cuisiné dans de la bière Leffe, accompagné d’une bonne Stella Artois ! Que dire de la ville ? Alors… Personnellement, je l’ai trouvée bizarre car c’est un gros mélange de vieilles maisons avec de jolies façades, de bâtiments vieillots, et de quelques constructions plus modernes. Ca doit être cette grande inhomogénéité qui fait que je n’aime pas trop… Apparemment, Antwerpen est aussi connue pour ses diamants, ce qui me fait une belle jambe, vous en conviendrez. Et le peintre Peter Paul Ruben est la fierté de la ville, sauf qu’il ne m’évoquait rien, ce qui me fait une seconde belle jambe. Au fil de ma balade, je suis arrivée au bord du fleuve Schelde (Escaut en français) et j’ai marché au travers du château (Steen). Et voilà, j’avais vu tout ce que je voulais de cette petite ville. Ayant prévu que l’affaire serait vite pliée, j’avais un plan B (qui vous semblera peut-être un peu stupide). Je suis donc allée au… cinéma, voir « Duplicity », qui est sur tous les écrans européens mais qui ne sort qu’en juin aux Pays-Bas. Chose agréable, les salles obscures belges sont plus civilisées que les néerlandaises, que c’est agréable quand personne ne fait plein de bruit en buvant et mangeant et sortant en pleine action ! J’ai beaucoup aimé ce film, en gros un mélange entre Closer – Ocean’s Eleven – Inside Man, avec Julia Roberts et Clive Owen.

Aujourd’hui je suis restée tranquillement à Delft, subissant le boum-boum provenant d’un « Monster truck show » (?!) qui avait lieu juste en-face de chez moi. La seule chose (ou presque) constructive du jour, c’était d’aller pédaler une petite heure avec mon iPod, un peu au hasard mais avec pour direction générale le petit lac de la ville dont on m’avait parlait. Il s’agit d’un gros étang (de Grote Plas) dans lequel je n’aurais pas vraiment envie de me baigner, avec une petite bande de sable en bordure et du gazon. Ce sera peut-être un endroit pour barbecues et larvages divers, mais je préfère éviter à cause de ces saletés de moustiques… En chemin, on traverse des jolis endroits dans le bois (Delft Hout) et quelque chose qui peut être une réserve naturelle. Pas mal pour s’aérer !