jeudi 28 mai 2009

Weekend de l’Ascension

La semaine dernière, nous avons passé une soirée entre francophones chez Guillaume, un doctorant Français. Mis à part François et moi, c’était plutôt Franco-Français, nous garantissions ainsi la touche internationale du souper. Quoique, les fajitas que nous avions mangé n’étaient pas si français que ça, eux non plus, hihi.
Il est temps que je case un petit intermède que je ne saurais où vous glisser par la suite (j’ai quelques bouts de billets sous le coude) ! Un des buts de ma venue aux Pays-Bas était de tenter de retrouver mon néerlandais. En fait, quand j’étais petite, c’était ma langue principale, mais quand j’ai commencé l’école enfantine avec tout le monde qui parle français, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour que ma Maman ne me parle plus en hollandais. J’étais différente des autres, et quand on est gamin, ce n’est pas bien d’entrer dans le moule. Comme j’ai été stupide ! Donc avant mon arrivée ici, je ne parlais quasi pas néerlandais, mais je comprends l’essentiel de ce qu’on me raconte, à force d’être souvent venue visiter ma famille. Bref. Initialement, je pensais suivre un cours « Néerlandais pour les étrangers » pour combler mes larges blancs. Mais honnêtement, ma vie ici est bien différente sans réelles contraintes au niveau des horaires et des devoirs. Donc au final, comme je ne me suis pas sentie assez motivée pour m’infliger à nouveau des cours hebdomadaires à des heures fixes après une longue journée à TU, j’ai laissé tomber cette idée… Au fil du temps, un plan B s’est plus ou moins profilé : mettre souvent la télé néerlandaise en bruit de fond, regarder quelques programmes (jeux, …) et lire les sous-titres des séries/films américains, feuilleter les journaux (Metro et DePers) pendant les pauses à TU, demander à ma famille de m’écrire qu’en néerlandais et de corriger mes fautes quand je tente de leur répondre dans cette langue, parler avec mes petites cousines de 2-3 ans (on a plus au moins le même niveau, c’est parfait !), tâcher de poser mes questions en Dutch dans les magasins, demander aux Néerlandais que je côtoie (surtout les techniciens à TU) des traductions quand je ne comprends pas les instructions écrites en néerlandais, passer du temps/dîner avec des étudiants Hollandais de la faculté – comme Ramona, Jeroen ou Chris par exemple - , baragouiner quelques trucs quand la secrétaire du labo et le grand professeur hyper sympa me taquinent en néerlandais, … Comme quoi, il y a plein de petits moyens pour encore plus se faire l’oreille, et quelques autres pour tâcher de pratiquer un minimum la langue ! Cela a plus ou moins porté ses fruits, et j’ai décidé que désormais mon niveau était juste satisfaisant pour être inscrit sur mon CV.

Le weekend prolongé passé a bien débuté, avec une très longue soirée qui a débuté chez moi pour ensuite aller au Ruif, avant de prolongé chez un copain. Ce mercredi soir-là nous avons tous bien profité du férié qui suivait en nous couchant que peu avant 5h. Inutile de vous dire à quel point j’étais bien fraîche le lendemain… Jeudi de l’Ascension j’ai rejoint Houten, pour visiter mes cousins, leur fille, et leur nouveau-né de 11 jours, Luuk ! Après un festin apporté par Pian et Paul et des bonnes choses cuisinées sur place, je suis rentrée sur Leusden avec ces derniers.

Vendredi était une grosse journée ! Nous avons tous les trois pris la voiture en direction de la Belgique, avec pour but ultime Brugge et des étapes à Maldegem et Aardenburg (à la frontière, côté Pays-Bas).
Les routes belges sont en fait mythiques, c’est un tel bordel ! Il faut le voir pour le croire ! C’est une grosse blague ! Par exemple, quelques dizaines de mètres après avoir dépassé la sortie d’autoroute, on vous indique que c’était par-là qu’il fallait aller. Et en plus quand vous avez le malheur de tomber dans des déviations, c’est la catastrophe, ils se mélangent les pinceaux (avec en bonus le GPS qui ne comprends plus rien). Autre exemple : ces fameux panneaux indiquent qu’il faut aller tout droit, vous suivez sagement, et ensuite, plus aucune information ! Alors vous faites demi-tour… Et c’est là que vous tomber sur LE panneau qui vous dit qu’il fallait en fait tourner à gauche ! Mais ces blaireaux ne donnent pas l’indication dans les deux sens. Ils font peut-être des économies ? Chapeau bas, quels artistes !
Bref, après avoir fait quelques détours et été ralentis après (!) avoir dépassé Antwerpen, nous sommes arrivés à bon port, c'est-à-dire à Maldegrem chez mon plus ou mon oncle Frits. N’ayant pas de contacts avec cette partie de la famille (je vous épargnerai les détails), cela devait fait vingt bonnes années que je ne les avais pas vu, lui, sa femme, et ses deux filles dont l’aînée a mon âge. Ces pseudo-retrouvailles étaient très bien, ils étaient supers et très accueillants. Alors que nous étions censés débarquer pour une tasse de thé/café, nous avons au final carrément dîné chez eux (à coup de petits pains et plein de stuffing, comme d’habitude par ici). La communication entre nous était un peu drôle, mais je suis désormais coutumière de ce genre de situations et c’est venu très naturellement comme ça : je parlais anglais, et eux me parlaient néerlandais/flamand ; j’ai même compris ce que la mère disait, alors qu’elle parle un flamand très local, vive moi !
A 5 minutes de là, au-delà de la frontière, se trouve Aardenburg. Pian, Paul et moi y sommes allés pour visiter la tombe de ma grand-mère (que je n’ai jamais connue), chose que je voulais absolument profiter de faire durant ces quelques mois. Nous n’avons fait qu’un passage éclair au cimetière, juste le temps de nettoyer un peu la pierre et planter deux-trois trucs. Pas le temps pour de quelconques émotions, quoi. Nous avons encore vite parcouru la petite ville (morte, mais choue) pour repérer quelques endroits où ma Maman a grandi, et nous sommes repartis en direction de la Belgique.
Contrairement à mon habitude, je suis allée à Brugge (en version flamande) un peu les mains dans les poches, sans rien avoir préparé ou lu auparavant. Je n’avais qu’un vague plan, et c’est tout. C’est donc en me promenant seule un peu au hasard pour découvrir la ville, partant régulièrement à l’écart des touristes, où c’est tout aussi joli mais encore plus agréable. Des trois villes belges que j’ai visitées depuis Delft, Bruges (en version wallonne) est largement la seule à m’avoir charmée ! Autre haut fait du jour : il ne m’a fallu que 20 minutes pour trouver non pas une, mais deux paires de chaussures, victoire ! Depuis le temps que j’en cherchais… Les deux autres et moi nous sommes régalés sur la terrasse du restaurant De Stoepa. Anecdote du jour, bonjour : un serveur est allé voir son chef en lui disant qu’il y avait une famille de Français qui cherchaient une table alors que c’était visiblement plein, et là le patron lui a dit « ouais ouais, j’vais voir ça après », et au final on n’a jamais vu s’installer la famille en question… Il était temps de rentrer au pays, et 3h après avoir quitté Bruges nous sommes enfin arrivés à Delft, où Paul m’a gentiment déposée, ce qu’il leur a coûté quand même un sacré détour jusqu’à Leusden !

Après cet intermède en famille, samedi je suis retournée sur les canaux d’Amsterdam avec Jeroen et deux de ses copains, Ivo et Maarten, pour une opération BBQ vers le stade olympique (la ville a accueilli les Jeux de 1928). C’était la première fois que je m’aventurais en-dehors du centre, d’ ailleurs. Le BBQ instantané – vous savez, les barquettes d’alu contenant du charbon empaqueté dans du papier qui est censé mettre leur mettre le feu en moins de deux – était foireux (et pour le coup, ça m’a fait plaisir que des Hollandais n’y arrivent pas non plus), mais les hommes ont fait le nécessaire pour qu’on puisse griller la bidoche (ça me rappelle une expérience au chalet, tiens). En fait, à peu près tout ce qui pouvait aller de travers est effectivement allé de travers ce jour-là : on a dû faire un détour via Rotterdam parce qu’il y avait des travaux en direction de Den Haag durant le weekend ; le BBQ n’était donc pas franchement optimal ; le moteur de Mary Jane (le bateau) a été bien capricieux au début, avant d’aller comme il faut, et pour finalement lâcher alors que nous rentrions et que nous étions au milieu de l’Amstel. Les rares petits bateaux qui nous ont vu ont spontanément offert leur aide : une personne nous a tirés jusqu’à la rive pour tenter une réparation (qui s’est avéré trop compliquée), et une autre nous a tiré un bout sur la rivière, ce qui allait quand même légèrement plus vite qu’à la rame !

Dimanche, après avoir bien siesté devant le GP de Monaco, je me suis dit qu’il fallait quand même que je mette le nez dehors pour profiter du temps magnifique ! Alors je suis retournée en direction de Rotterdam. J’ai en fait réalisé que la dernière fois, je m’étais par hasard arrêtée à l’endroit où la piste cyclable digne de ce nom prenait fin, parce qu’ensuite c’est du bitume un peu défoncé ou carrément des pavés (apparemment ils y a des chemins alternatifs, faudrait que j’étudie ça de plus près). Donc j’ai passé l’aéroport, mais je ne suis de nouveau pas allée jusqu’à un quelconque panneau « Rotterdam », c’en était trop, surtout que pédaler le long de l’autoroute ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable et qu’apparemment je suis allergique au pollen rencontré en chemin.
Hier était une journée plutôt bien remplie. En résumé : je n’avais dormi que 4h la nuit précédente, j’ai bossé d’arrache-pied à TU durant plus de 11h pour finir tous mes ultimes tests de fatigue (youhouhou !), j’ai passé 45 minutes chez moi avant d’aller voir la finale de la Ligue des Champions chez Ivo avec des copains, nous avons un peu joué à FIFA sur la Playstation (je n’en reviens toujours pas qu’après environ 7 ans sans y toucher j’ai retrouvé les « trucs » si rapidement, cela dit en passant) avant que j’aille rejoindre des gens au Ruif jusqu’à sa fermeture puis ensuite au snackbar Alev pour caler un peu tout ça. Résultat : au lit à 4h du mat’! Dois-je vous expliquer à quel point j’ai été productive aujourd’hui ?...

lundi 18 mai 2009

Visite de Marc

Quelques heures avant l’arrivée de Marc (MégaVolts, pour ceux qui se demandent de duquel je parle…), vendredi soir, des violents orages ont éclaté dans mes parages. Peut-être est-ce pour ça que l’avion qui faisait des allers-retours entre Genève et Amsterdam a eu une bonne heure de retard, ce qui m’a laissé le temps de l’accueillir à l’aéroport, contrairement à ce qui était prévu. Je lui ai donc fait découvrir les joies du Burger King, et nous sommes rentrés à Delft, où la pluie avait cessé. Ayant soifs, nous nous sommes bien évidemment arrêtés au Locus Publicus pour une première bière sur sol néerlandais.

Samedi, après avoir bien dormi – moi qui pensais que j’allais morfler et qu’il allait me faire me lever à l’aube ! -, Marc et moi sommes doucement partis en direction d’Enkhuizen, au bord de la Zuiderzee à 1h au nord d’Amsterdam. En y arrivant, on a compris qu’on tombait en plein festival de jazz. C’était extrêmement sympa en outdoor, avec plein de petites scènes montées dans la charmante vieille ville ainsi que des groupes qui jouaient en se baladant dans les rues. Excellent d’entendre ce genre de musique jouée comme ça, ça nous change de la Guggenmuzik ou des fanfares ! Le but de notre déplacement était en fait d’aller visiter le Zuiderzeemuseum, quelque chose comme le musée de l’habitat rural à Ballenberg (je fais comme si je connaissais, mais je n’y suis jamais allée). La visite était donc un bon prétexte pour avoir une activité en extérieur, puisque le temps était clément, mis à part un peu de crachin et un vent puissant venant de la mer. Bref, j’ai bien aimé me balader dans ces anciens quartiers reconstruits brique par brique, entre le village, les maisons de pêcheurs ainsi que leurs « ateliers », avec les canaux et la digue qui rendaient également bien. Après avoir bien profité de la visite, nous avons repris le train, parcourant d’innombrables pâturages (avec ou sans bestioles), champs (légumes ou ex-tulipes), bleds de taille modeste, petits parcs éoliens, le tout étant traversé de petits canaux. Puisque le trajet jusqu’à Delft dure 2h et qu’il commençait à faire faim, nous avons fait une escale à Amsterdam, avant que Marc (en état de fatigue avancé post-Blek, donc pas si survolté que ça et tout à fait suivable !) n’arrive plus à vaincre ses pics de sommeil.
Nous nous y sommes donc promenés un peu en début de soirée en quête d’un endroit où manger, jusqu’à Rembrandtplein. , où nous avons jeté notre dévolu sur le bar australien où j’étais déjà allée avec Dédé : Coco’s outback. Leçon du jour : les kangourous, ça a beau être mignon, mais… qu’est-ce que c’est bon ! Avec Marc on s’est régalés, nos petits steaks de 350gr accompagnés de bonnes frites nous ont bien fait plaisir.
La panse généreusement remplie, nous sommes repartis en direction de Delft. Lors du trajet, on a croisé de beaux orages avec d’importants déluges. Lorsque nous sommes sortis du train, ça allait, il ne pleuvait pas trop. Le temps de rejoindre nos vélos, ça y est, il royait (comment ça s’écrit ??) ! On s’est abrités jusqu’à la première accalmie, et nous avons sprinté jusqu’à chez moi. En chemin le pluie s’est calmée encore plus, mais certains bouts de routes étaient légèrement inondés, donc ce sont surtout ces traversées qui nous ont trempés au final !

Dimanche, Marc et moi avons joué de malchance pour les musées à Amsterdam. Le but était de prendre un billet d’entrée pour la maison d’Anne Frank à l’office du tourisme de la gare, pour éviter l’immense file d’attente sur place. Perdu, les seules places encore disponibles sont pour le début de soirée, trop tard à notre goût, on passe donc notre tour. Notre deuxième idée pour la journée était la visite du musée maritime des Pays-Bas, apparemment un musée immense. Manque de chance, après avoir trotté jusque là-bàs, on voit qu’il est fermé jusqu’en 2010 pour rénovation… Au final, nous nous sommes rabattus sur un classique, le Rijksmuseum, où il y a entre autre des peintures de Rembrandt (dont le grand « De Nachtwacht ») et Vermeer (« La laitière »), et des œuvres d’artistes moins connus (d’après moi) mais qui m’ont bien plus, comme Jan van Goyen (subtiles paysages néerlandais) ou Aert Van der Neer (qui avait l’air d’affectionner les crépuscules et la nuit). En sortant, nous nous sommes dirigées du côté de Rembrandtplein, en passant par le marché aux fleurs et le smartshop que s’y trouve. Comme il commençait à pleuvoir (une bonne douche et ça repart), on s’est abrités dans un pub voisin de notre endroit préféré. Initialement je pensais faire découvrir la cuisine indonésienne à Marc ou alors tester un restaurant du Suriname, mais l’appel du kangourou était trop fort, nous n’y avons pas résisté ! De retour au Coco’s outback, nous avons cette fois-ci opté pour un burger de Kangourou (deux tailles : « énorme » avec 600gr de bidoche ou « pas si énorme » avec 300gr, donc quand même respectable). Nous avons également continué l’investigation débutée la veille : les cocktails, d’autant plus que nous étions arrivés durant l’happy hour ! En deux jours, nous y avons testé et approuvé les suivants : Ulururu, Crazy Kangaroo, Sex on the Beach, Long Island Iced Tea, Tasmania Devil.

Ce matin, Marc m’a quittée pour passer une nouvelle journée à Amsterdam avant de rentrer en Suisse. Il était mon troisième et dernier invité Suisse à Delft. Son départ coïncide donc avec le début d’une ultime période pas très drôle, passablement centrée sur le boulot et la rédaction de mon rapport. Et vous savez à quel point j’adore écrire du blabla (blog mis à part, quoi !)… En tout cas, ça sent la fin de mon séjour, et, honnêtement, ce n’est pas forcément pour me plaire !...

vendredi 15 mai 2009

R.A.S.

Après la rentrée à TU à un rythme effréné, la semaine qui a suivi a été bien plus relax. Tout comme ces derniers jours ainsi que le weekend passé, d’ailleurs. Après n’avoir pas tenu en place durant mes chouettes vacances, je me suis pris un weekend pour moi, en restant à Delft. En fait il a surtout consisté en tâches ménagères (toujours que du bonheur, ya pas à dire), mais aussi au début tout en douceur de ma recherche de travail. Eh oui, c’est qu’il ne faut pas oublier que la vraie vie va bien devoir commencer un jour où l’autre (là je vise novembre)… Donc dimanche, mon programme s’est résumé à la mise à jour de mon CV et à l’envoi de divers mails pour activer les gens dans mon réseau. Rien de bien passionnant à vous conter, donc. Vendredi j’étais tout de même allée à une fête dans mon quartier, après avoir fait un petit warm-up chez moi avec Freddy, Jeremy, Roger et son ami Ricard (sans h). Puis la houseparty en question était sympa, c’était dans un des logements voisins et organisé par Sodaba, Zakelin et Petra, rencontrées au début de mon séjour au Ruif et qui sont restées assez proches des Québécois.

Et voilà, c’est tout ! Quand je vous promettais un billet court pour compenser le précédent…

vendredi 8 mai 2009

Vacances & visites de Suisse

La semaine dernière je ne suis pas allée à l’université. Je me suis accordé 3 jours de vacances, ce qui équivaut à avoir 10 jours off vu les circonstances : la Fête nationale a lieu le 30 avril, le 1er mai est plus ou moins férié pour les trucs en rapport avec l’Etat (dont TU), le 4 mai est un jour de commémoration de ceux qui sont morts durant la seconde guerre mondiale en servant le pays en Europe et en Asie (Dodenherdenking – Remembrance Day), et le 5 mai c’est la célébration de la fin de la guerre (Bevrijdingsdag – Liberation Day). Et si vous regardez le calendrier, vous verrez que les jours intermédiaires étaient un samedi et un dimanche, donc youhouhou, perfect !

Durant la matinée du lundi, je suis allée visiter le Van Gogh museum à Amsterdam. L’entrée est chère, mais l’exposition « Les couleurs de la nuit » en valait le coup. C’est très bien amené, chaque visiteur a des écouteurs pour des explications bienvenues, et cela débute avec des tableaux d’autres peintres qui ont inspiré Van Gogh. Cette expo est parcourue en un peu plus d’une heure, et une demi-heure m’a suffit pour jeter un coup d’œil aux tableaux de l’expo permanente, sans audiotour cette fois-ci. En cours d’après-midi, Dédé est arrivée à l’aéroport alors je suis allée l’accueillir, on est rentrées gentiment sur Delft avec pour seul et unique but de la soirée de planifier notre semaine et prendre des grandes décisions. C’est le genre de chose qui nous prend mille ans, puisqu’on n’est vraiment pas très douées pour ça, hum. On pensait avoir fait d’incroyables progrès puisque ça s’est fait assez rapidement (tout est relatif), mais à ce moment-là on ne savait pas encore que nous n’allions pas franchement suivre ce qui était prévu ! Et bien sûr, on a papoté jusqu’à pas d’heure, girl time power !
Nos supers idées de visites pour mardi étant toutes outdoor, elles sont tombées à l’eau vu le temps pourri. On s’est donc décidées à aller s’abriter dans les magasins à Amsterdam, avec quelques idées en tête. Puisque c’est nous, on n’a bien entendu de nouveau pas du tout fait ce qu’on pensait. Comme il faisait tout gris mais sec, cela nous a permis de nous balader tranquillement dans la ville que nous avions déjà visitée ensemble en 2005, jusqu’à la kermesse (les Hollandais adorent les fêtes foraines) qu’il y avait sur la place du Dam. Une ville (et un pays) aussi plate a un avantage tout simple : perchées sur une espèce de balançoire tournant à 60m du sol, on a une vue imprenable et largement dégagée ! Redescendues sur le plancher des vaches, on s’est promenées à travers les canaux en passant au marché aux fleurs (Bloemenmarkt), et entre temps les magasins étaient déjà fermés, alors nous nous sommes laissées tenter par des cocktails sur Rembrandtplein dans un bar australien (?) sympa, que nous avons quitté juste avant la retransmission du match de Champions League, pour traverser le quartier rouge en direction du quartier chinois adjacent, où nous avons découvert le restaurant A-fusion, bien coté au Gault-Millau (ça rigole pas !). C’était teeeellement bon et bien présenté, je crois qu’on s’est un peu fait exploser le bide avec du pepersaus ossenhaas pour moi et des crevettes pour Dédé.
Mercredi, Dédé a découvert les joies du vélo aux Pays-Bas, entre mon studio et la gare. Je lui ai quand même laissé mon vélo, qui est un chouilla moins pourri que le second que j’ai récupéré (oui, la roue avant est bien voilée… Et alors ?! Du moment que ça roule…), histoire de ne pas (trop) la traumatiser. Nous avons passé la journée au milieu des tulipes, puisque c’est LE moment (quoique, les 2 semaines précédentes étaient encore plus propices, alors qu’actuellement c’est quasi terminé). Le Keukenhof est un parc célèbre pour en voir de toutes les couleurs. La soirée du 29 avril, précédant ainsi la fête nationale, est traditionnellement l’occasion d’une énorme fiesta (Koninginnenach) à Den Haag, ancienne capitale et lieu de résidence de la famille royale (sauf erreur). Nous nous sommes donc noyées dans la masse, à la kermesse (excellent le carrousel qui nous a secouées, hihi), à proximité des différences scènes montées en pleine ville, vers le bar à Malibu, et euh voilà. En fait, le secret de la gestion de cette soirée, c’est qu’il ne faut pas trop boire et ne pas rentrer trop tard, sinon le lendemain à Amsterdam est plus que rude !
Jeudi 30 avril, Koninginnedag à Amsterdam ! La capitale n’était pas simple à atteindre, maintenant je comprends mieux pourquoi tout le monde m’a dit d’arriver tôt (vers 10h) et insistait qu’il fallait rentrer tôt aussi (vers 19h). Avec Dédé on n’a quitté Delft que vers 11h, et on a mis 2h en train pour y arriver, soit le double du temps habituel ! Mais nous avons dû laisser passer deux trains et effectuer un changement en chemin… Le retour était un peu mieux, assises en 1ère classe jusqu’à Leiden, mais debout serrées vers les portes pour les 20 dernières minutes. Enfin bref. Vous vous souvenez de la vague orange qui a déferlé sur la Suisse l’été passé durant l’Euro ? Vous n’avez rien, mais alors absolument rien vu ! Plus orange qu’Amsterdam un 30 avril, tu meurs ! Habits, chapeaux, lunettes, trucs extravagants : ces gens sont fous, c’est excellent ! La ville était absolument bondée (et 100% piétonne au centre), les artères principales remplies par la foule marchant vers les différentes scènes, les canaux bourrés de bateaux oranges avec musique. Globalement, je n’ai jamais vu une fête pareille, et pourtant j’ai passé un Nouvel-An devant Big Ben ! Il y avait teeellement de monde, mais surtout une teeeeellement chouette ambiance ! Bon enfant ! Joyeux ! Ca ne pousse pas dans la rue, les gens sont tout fou-fou sans enquiquiner ceux qui veulent passer ! Tout le monde est uni dans le même trip, c’est hyper agréable ! Dédé et moi avons traversé la ville de la gare centrale jusqu’à Museumplein, en chemin nous avons brièvement vu ma Maman et Paul (l’ami de ma tante Pian). Durant la journée, on a bougé tranquillement d’une scène à l’autre. Et nous n’avons pas résisté de retourner au restaurant A-fusion avant de rentrer tôt sur Delft. Ce n’est qu’en arrivant au studio que nous avons appris ce qu’il s’était passé à la mi-journée à Apeldoorn, lors de la visite de la famille royale : un abruti a décidé de s’en prendre à la Reine Beatrix (qui était dans un grand car) en lui fonçant dessus (avec une petite voiture ridicule). Ce c****** a renversé et tué des spectateurs dans la foule qu’il a traversée avant de se tuer contre un monument. Je peux vous dire qu’ici tout le monde est sous le choc qu’une chose pareille se soit passée ici, alors que c’est si calme d’habitude (comme en Suisse, quoi). Ce drame a sérieusement terni la fête dans le pays, où les célébrations ont été carrément annulées, mis à part à Amsterdam (impossible de tout stopper avec autant de gens en ville !) où les festivités n’ont été que raccourcies (jusqu’à 19h au lieu de 1h)…
Dédé est repartie vendredi, après avoir fait un aller-retour à Amsterdam. J’y ai ensuite retrouvé ma Maman pour une séance de shopping chez Mexx (qui apparemment nous arnaque bien en Suisse, en doublant le prix en euros…). Pour une fois, cela n’a pas été une tare (!), et je me suis trouvé un costume parfait en 30 minutes chrono. J’adore les faites pour les Hollandais, je n’ai au moins plus l’impression d’avoir une taille bizarre, quel bonheur ! Rentrées à Delft, nous sommes allée manger au restaurant chinois que j’avais testé avec Sarah : miam !

Samedi, c’était au tour de ma Maman de (re)découvrir les joies du vélo aux Pays-Bas. Elle trouvait mon vélo tout à fait correct en photo, mais une fois assise dessus elle l’a tout de suite trouvé moins « luxe », avec le pédalier qui bouge un peu. Nous sommes parties de bonne heure pour une excursion à Terneuzen (au sud en Zeeland, à plus de 2h30 en train/bus avec plein de changements) pour visiter une vieille tante qui avait pour habitude de venir en Suisse chaque année. Je n’avais plus pu converser avec elle directement depuis que j’étais petite (et que je parlais toujours néerlandais, donc), alors je pensais un peu l’impressionner en lui sortant des petites phrases improvisées et en répondant à quelques unes de ses questions, en l’absence d’intermédiaire. Mais elle avait l’air de trouver ça tout à fait normal, pffff. Après avoir dîné et marché sur la digue jusqu’en ville, nous sommes reparties jusqu’à Roosendaal, à mi-chemin, où vit une amie de ma Maman, qu’elle n’avait pas revue depuis une dizaine d’années. Papotage, souper (19h, donc c’était tard pour eux), tasse de café/thé (à 20h30, c’est sacré ici), et il était déjà temps de rentrer chez moi.
Dimanche, grasse matinée jusqu’à… 8h30 ! Oui alors ça, je n’ai pas compris non plus, surtout que le temps était bien morose. Bref. Après quelques courses à vélo sous la pluie (ô joie), nous gardons espoir (météorologiquement parlant) et nous décidons à aller à Madurodam, à Den Haag. C’est un parc où des bâtiments caractéristiques et monuments néerlandais sont miniaturisés. J’y étais allée il y a 21 ans, et le but du jour cette fois-ci était de reproduire plus ou moins les mêmes photos, avec moi qui dépasse les maquettes au lieu de l’inverse, haha ! Au début le soleil était réapparu, mais après, qu’est-ce qu’on a caillé ! En rentrant on s’est quand même promenées à Den Haag, avant d’aller souper à Delft dans un café-restaurant super sympa derrière la grande place du marché, De Waag. Et nous avons fini la soirée à échanger le contenu de la valise que ma Maman a embarquée (des habits plus légers), contre des fringues chaudes (dont ma grosse veste d’hiver). Parce qu’il faut bien prévoir mon retour en juillet, et il est absolument illusoire de tout faire rentrer dans 2 valises et 2 sacs !
Lundi matin, nous sommes allées pédaler dans Delft : les ponts levants (et levés juste quand on veut passer, grrrrr), les petits canaux, l’ancienne et la nouvelle église, la place du marché, les rues commerçantes, le campus de TU, … Nous avions bien calculé notre coup, pour être à l’heure d’un tour de visite à la fabrique Royal Delft, devant laquelle je passe en vélo à chaque fois que je vais faire mes commissions. Ma Maman aimant bien ces céramiques, c’était l’occasion ou jamais pour y aller. La visite était assez courte, mais intéressante. Le Bleu de Delft est très connu, mais en fait c’est d’abord peint en noir et l’oxyde de Cobalt devient bleu à 1700°C lors de la seconde cuisson (si j’ai bien retenu). Ma Maman est finalement rentrée en direction Leusden en début d’après-midi, après avoir plié ma lessive comme à la maison (ça ne s’invente pas !).
Quelques heures plus tard, je suis partie en direction d’Amsterdam, pour y faire un tour sur les canaux ! Jeroen et son frère Bas y ont récemment acheté un petit bateau, et ils m’en ont fait profiter, avec Jasper et sa copine Larissa. Nous avons commencé notre ballade peu avant 20h, heure à laquelle il était impératif de s’arrimer quelques instants pour respecter les deux minutes de silence pour le Dodenherdenking dont j’ai parlé plus haut. Car si on ne se tait pas, on passe vraiment pour des rustres. Nous avons navigué pendant près de 3h, ce qui qu’on a eu droit à la tombée de la nuit et ensuite à l’ambiance toute romantique avec les ponts joliment illuminés. Mais qu’est-ce qu’il faisait froid ! Mary Jane – le bateau – nous a permis de faire un joli tour sur le canal Amstel, devant la brasserie Heineken, Leidseplein, le quartier du Jordaan, Muntplein, et finalement de retourner vers le grand théâtre Le Carré. Après avoir repris le métro à Amsterdam (une première pour moi : disons que c’est un peu rustique pour quelque chose qui est en construction depuis 1977, mais ils n’arrêtent pas d’avoir des soucis pour avancer puisque la ville est construite sur un tas de sable…) et attrapé un train plus ou moins direct pour Delft, nous avons encore vite pédalé sous la pluie à 1h du mat’.
Mardi, après une vraie (!) grasse matinée, je me suis préparée psychologiquement à bosser de nouveau dès le lendemain. J’ai soupé chez Jeroen avec son pote Ivo, avant d’assister à la déroute d’Arsenal qui a été bouté hors de la Champions League par Manchester United aux portes de la finale. Pour se consoler (enfin… ME consoler) ils m’ont initiée aux joies de la Wii avec du bowling (me suis faite éclater, bien évidemment) et du tennis (me suis presque pas faite éclater, mais quand même).

Mercredi, mon programme s’est résumé à mon boulot ! J’ai recommencé à TU sur les chapeaux de roue, en y passant plus de 11h, pour une journée légèrement hyperproductive. J’ai pu avancer encore mieux que je ne le voulais, c’était inespéré. Peut-être que l’absence de mon superviseur (jusqu’à la fin de semaine prochaine, youhouhou) m’a donné un sérieux coup de pouce, lui qui a tendance à rester sur mon dos juste aux moments où il ne faut pas (autrement dit, en plus d’un sens de la communication hyper développé, il a le sens du timing…).

Allez, je vous promets que le prochain billet sera plus court ! (Ou pas ?!)