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mercredi 1 juillet 2009

Appelez-moi Master

Ca y est, c’est fait, j’ai mon Master !!!
Ca s’est passé plutôt in extremis (pas de détails, tout raconter ne vous apporterait pas grand-chose…), ces dernières semaines no-life m’ont vraiment épuisée à la fois mentalement et moralement… Mais c’est bon ! Le soulagement n’en est que plus grand !

Après avoir rendu mon rapport le 19 juin, j’ai continué à m’enfermer chez moi, cette fois-ci pour préparer la présentation de mon travail, qui a eu lieu mardi 23 juin, entre autre en présence de ma prof suisse qui a fait un aller-retour durant la journée. Encore en dernière minute, on m’a bien aidé à avoir des bons coups de chaud, pas simple à gérer… Mais je crois que ma présentation était potable vu le temps que j’ai eu à disposition pour m’y coller. Par contre l’espèce d’examen oral que j’ai eu seule face à mes superviseurs était loin d’être glorieux… In extremis le Master, je vous dis !
Pian, Paul et Mike se chargeaient du soutien familial, c’était bien de les avoir proches en ce mardi. Et dans l’auditoire se trouvaient aussi quasi tous mes copains (et quasi pas de personnes externes), des visages bienveillants et rassurants alors que j’endurais cette dernière épreuve en somme ! Après ces émotions et le soulagement final, j’ai fait visiter le laboratoire à ma famille, ce qui a l’air de leur avoir bien plu, et surtout les bouts d’avions et hélicoptères qui traînent dans le hall des tests les ont amusés (alors que pour moi il est dorénavant tout à fait normal d’avoir un cockpit à portée, ainsi qu’un F-14 ou F-18).
Pour marquer le coup avec mes amis, on s’est retrouvés assez nombreux sur la terrasse du Bebop, avec en musique de fond un jazzband en live. Notre tablée était vraiment sympa. Tellement sympa que nous sommes restés entre 21h et 2h ! La fin de soirée (vu l’heure, on va même dire la fin de nuit) s’est déroulée chez un copain.

Mercredi, c’est donc la tête dans le pâté que je suis allée à TU. Et oui, j’avais beau avoir rendu mon rapport et fait ma présentation finale, il y avait encore un tout petit détail à régler pour l’EPFL : la réalisation d’un poster A0 résumant mon travail. Il se trouve que cette tâche (gratuite, vu qu’on n’aura aucune note et que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à nous ennuyer jusqu’au bout…) s’est avérée plus ardue que prévu, à cause du format spécial. Bref, j’ai passé mon après-midi à me battre sur Powerpoint pour arriver à la conclusion qu’il faut laisser tomber et apprendre à utiliser Adobe Illustrator vite fait bien fait… Or il était déjà l’heure de quitter l’université et de se diriger vers le bord d’un canal à côté du centre pour fêter la fête national du Québec (Saint Jean-Baptiste) et d’aller ensuite au Ruif pour une ultime soirée Erasmus. Le bar était vraiment vide, vu que tout le monde est en période d’examens. Qu’à cela ne tienne, notre groupe a investit les lieux, on s’est bien amusés, et nous avons squatté la terrasse jusqu’à la fermeture de 2h, après quoi nous sommes allés faire du bikefishing avec Martin et Daniel (les derniers arrivés de Montréal), ce qui nous a encore donné faim pour des burgers et kebabs.
Jeudi, tête dans le pâté, deuxième épisode ! Ma journée (qui ne commence pas avant 11h, on est bien d’accords) était marquée par la courte visite de ma Maman, qui était arrivée la veille aux Pays-Bas. Sa fille masterisée lui a fièrement montré là où elle a passé quatre mois inoubliables, en lui présentant un tas de monde, allant de la fameuse secrétaire aux fabuleux techniciens. Après ce lab tour, je suis retournée à mon poster, pour 3h petites mais laborieuses heures… Je n’ai pas pu faire plus long, car le BBQ de la Faculté débutait ! Des supers bonnes grillades, des salades, une tireuse d’Heineken, des vins, des amis, des collègues, des gens croisés un peu tous les jours au labo : que demander de plus ?! L’université étant verrouillée à 22h tapantes, un large groupe a continué la soirée au centre ville, et ensuite ça s’est fini jusqu’à pas d’heure chez moi.
Vendredi, tête dans le pâté, sprint final ! Finir ce satané poster dans les temps a nécessité un effort bien plus important que prévu, même si ce que j’ai rendu est vraiment minable. Tant pis, je ne suis apparemment plus à un truc de bâclé près, surtout que cet exercice ne compte en rien pour l’obtention du master… Après trois soirées très très remplies, j’ai consacré mon vendredi soir à des tâches bien glauques chez moi : vider mes armoires, faire ma valise, empaqueter divers trucs, trier les choses que j’avais à donner à mes voisins et amis. Ce qui fait que je me suis retrouvée dans un studio très impersonnel durant ces derniers jours !
Samedi, Paul et ma Maman sont venus embarquer quasi toutes mes affaires – ce qui me permettra de quitter Delft qu’avec un sac à dos dans quelques heures – et nous sommes allés manger une dernière fois au Sate bar à Rotterdam. Je suis rentrée seuls sur Delft pour larver chez moi, puisque j’avais quelques heures de sommeil en retard et qu’en plus il faisait une chaleur écrasante ! C’est requinquée que j’ai rejoint une grosse et ultime fête dans un bâtiment voisin, l’occasion de revoir un tas de monde que je n’ai croisé qu’à ce genre de fêtes et de leur dire au revoir…
Avant-hier, nouveau festival à me mettre sous la dent : Parkpop à Den Haag, le plus grand festival pop gratuit d’Europe. Comme nous sommes y allés avec un large groupe, nous nous avons évidemment perdu la moitié dans la foule, et ce avant même le premier concert. Impossible de se retrouver, tant pis, tout le monde se promènera au grès de ses envies ! Sans vous débiter un compte-rendu complet, voilà la liste des artistes que j’ai écoutés : le ska presque qu’instrumental (donc idéal pour émerger) de Skatalites, Dana Fuchs Band le temps d’une chanson horriblement braillée, l’agréable Sabrina Starke, la blague Dio & Sef dont un tube (Tijdmachine) m’a suivi depuis février donc les voir en live était un moyen de boucler la boucle en quelque sorte, les Britanniques The Pretenders (I’ll stand by you) qui ont la pêche malgré leur quasi 60 balais, le Flamand Milow (You don’t know / Ayo Technology) qui est entrain d’être bien connu et que j’aime de plus en plus. J’ai absolument adoré son concert, j’apprécie beaucoup les artistes qui partagent la scène avec leur groupe, au sens où il laisse une bonne place à ses copains musiciens et sa copine choriste de première classe.

Hier après-midi, c’était mon traditionnel cake d’adieu à TU, avec en prime une tournée de remerciements aux techniciens. En début de soirée, nous nous sommes retrouvés une petite quinzaine de quasi que francophones pour aller manger ensemble sur la terrasse d’un restaurant au centre. Depuis que j’entendais parler des spare ribs de Billy Beer, je ne pouvais pas quitter Delft sans y aller. Et ça en valait effectivement le détour ! Je suis allée au Bebop pour une ultime after, avec les plus valeureux, même s’ils devaient bosser le lendemain.
Ma dernière soirée à Delft était vraiment super : passer du bon temps avec des amis qu’on n’est pas forcément sûrs de revoir un jour alors qu’on a partagé plein de choses ensemble, c’était la meilleure des manières pour marquer le coup ! La toute dernière chose qu’il me restait à faire en rentrant chez moi en ayant dit au revoir à mes potes en chemin était d’aller abandonner mon fidèle vélo, accroché à un poteau près de chez moi pour qu’une copine le récupère et le promène à ma place dès le lendemain. Ca m’a fichu un sacré cafard, mine de rien…

J’ai rendu les clés de mon studio en fin de matinée aujourd’hui, et suis partie rejoindre ma famille, dans un premier temps à Leusden, puis à Houten pour un dernier Wok restaurant avec ma Maman, Pian, Yoeri, Mike ainsi que leurs conjoints et enfants. Et je renterai en Suisse demain en début de soirée…


Voilà, ça c’était pour mes diverses célébrations post-réussite de Master ! Avant de vous parler de mes grands projets en Suisse, gros flashback puisque je n’ai toujours pas partagé mes aventures trépidantes depuis fin mai !

Le vendredi précédent le long weekend de Pentecôte, après une journée vraiment pas productive du tout (labo vide, et gens qui ne passent qu’en coup de vent en cours d’après-midi pour vous attirer hors de l’uni), nous avons profité d’un petit moment de relaxation (et baignade pour certains) avec un gros groupe de francophones (et un Espagnol) au bord du lac. Enfin… « lac ». Le gros étang à Delftse Hout, qui est infesté de moustiques qui apparemment ne prennent même pas la peine de piquer. Des connaissances de copains amenant de connaissances, une chose folle s’est produite : j’ai rencontré « mon » premier Suisse de Delft ! Et hasard fort de fruit, il est moitié Suisse, moitié Néerlandais. Un vrai compatriote, quoi !
La soirée – ou plutôt de la nuit – au centre-ville a été un peu poussive à débuter, mais c’est la routine quand on sort avec des Espagnols (et Marina, une Canado-Russe arrivée durant mes vacances), eux qui ont vraiment l’habitude d’être lents, très lents au démarrage…

Dimanche, il était temps de débuter ma série de festivals estivaux, youpie ! Le Pinkpop fêtait sa 40ème édition, et est dans la lignée du Paléo. Plus de trois heures de multiples trains et bus navette étaient nécessaire pour rejoindre Landgraaf, tout au sud et à la frontière allemande. Je vous épargnerai le compte-rendu détaillé (si ça vous intéresse, manifestez-vous et je vous redirigerai), sachez juste que j’ai vu Madness (raison de mon déplacement, et j’ai bien fait !), Keane (ça, c’est fait), James Morrisson (à force d’entendre à la télé…), Placebo (beurk), et le groupe Krezip (remplacement de dernière minute pour Depeche Mode qui a dû annuler). Sinon, je ne peux quand même pas m’empêcher de dire qu’on a sacrément de la chance avec le Paléo, où (presque) tout est bien pensé. Et c’est en allant voir comment cela se passe ailleurs que je m’en rends mieux compte.
Petite anecdote pour la route : il faut croire que les montagnes me manquent plus que je ne le crois. C’est stupide, mais voir des champs un peu ondulés et une petite colline dans cette région si éloignée, ça m’a fait un petit quelque chose ! C’était plutôt inattendu puisque cela faisait 2-3 mois que je clamais haut et fort que, tant que ce ne serait pas la période de mon trip à mon chalet ou alors le trip luge, la montagne ne me manquerait pas…

Et au niveau de mon projet de master, c’est en fait durant la semaine qui a suivi que les choses ont commencé à devenir intenables, après réunion vraiment tendue… Dès lors, je n’avais plus d’autre choix que la no-life attitude ! Socialiser ? Parler avec des gens ? Connais pas… Pas le temps…

Or avant le cataclysme, j’avais déjà prévu deux choses auxquelles je ne voulais absolument pas renoncer !
Ma première distraction était le Zomerfestival, sur le campus à deux pas de chez moi. La musique plutôt hollando-néerlandaise n’était pas forcément attrayante, mais tout à fait suffisante pour se défouler entre amis.
La deuxième et dernière distraction, c’était un nouveau match de foot des Oranje au stade de Rotterdam, le Kuip, apparemment le plus populaire du pays car le public est très proche du terrain. Il s’agissait d’un match qualificatif pour la Coupe du Monde (alors qu’en fait les Pays-Bas venaient d’assurer leur qualification en Islande) contre la Norvège, battue 2-0 sous une pluie battante. Avec Jeroen, on l’a bien sentie passer puisque nous étions au bord du terrain, absolument pas à l’abri !
Et ensuite, c’était donc la trilogie infernale rapport – défense – poster, et les multiples festoyages racontés au début de ce billet !


Comme dit, je rentre demain (mercredi) soir en Suisse. Jeudi, j’aurai un certain nombre de trucs barbants à régler, mais j’espère pouvoir traîner un peu au port et voir des gens qui m’auront manqué... Et dès vendredi, je staff au Montreux Jazz ! Donc si vous y allez, faites-moi signe (je devrais être dispo avant 18h et dès la fin des concerts, disons vers 1h). Ensuite je serai bien évidemment toute la semaine au Paléo, autre occasion de revoir du monde entre les concerts (ou dans la voiture sur le chemin du retour, si vous avez une place pour moi…). Dooonc si vous n’allez ni à Montreux ni à Nyon, on n’a pas beaucoup de chances de se croiser avant le 27 juillet !


Pour conclure, petite chose à propos de l’avenir de ce blog…
Etant donné qu’il est censé se passer plein de choses passionnantes de mon côté en 2009 (après le projet aux Pays-Bas et les vacances qui suivent, puis la recherche d’emploi et d’appartement en Suisse, youpiiie), je pense continuer à alimenter très irrégulièrement cet espace au fur et à mesure des news incroyables. Qu’est-ce que vous en pensez ?? (Oui, j’attends des réactions !)

samedi 13 juin 2009

Silence radio

Passage éclair pour vous dire que si je ne vous raconte plus rien, ce n'est pas que je vous ai oublié ou que je n'ai pas envie de vous parler du festival Pinkpop ou du match de foot à Rotterdam... La raison est bien moins réjouissante: je croule absolument sous le boulot et - cerise sur le gâteau - on m'a tout à coup mis une pression énormissime alors que tout à coup absolument tout est urgent à la fois. Période la plus stressante que j'ai jamais connue, quoi... Donc à part travailler et travailler, je tâche juste de manger un peu et de dormir un minimum (même moins...)... Par le temps de faire de réelles pauses, c'est l'enfer!...

Bref, pensez fort à moi, je rends mon rapport vendredi prochain et je présenterai mon travail le mardi suivant. Ensuite, ça sera presque fini!! Il me restera quelques pauvres jours à Delft, et je tâcherai d'en profiter à fond pour compenser les 3 semaines impossibles qui m'entourent actuellement!

vendredi 10 avril 2009

Ma galère de projet peut enfin commencer !

Toute la semaine dernière je n’étais pas en grande forme... Par ex, mercredi avant d’aller au Ruif j’avais un peu mal au crâne, un petit trajet à vélo plus tard, c’était infernal, donc j’y ai juste avalé vite faire une petite bière avant de rentrer me coucher, jusqu’au lendemain où je ne suis pas allée à TU avant l’après-midi, puisque je n’étais toujours pas bien. Samedi, pendant la journée je ne suis sortie que pour faire mes courses (en ville, les mannequins dans les vitrines étaient remplacés par des vraies personnes, c’était rigolo tout plein), j’ai écrit à mes nombreux fans et en cours de soirée, Ricardo et Jose m’ont prévenue qu’il y avait une fête dans un building voisin. C’était une barbecue party, mais malheureusement je suis arrivée trop tard pour la bidoche... Ce qui ne m’a pas empêchée de rencontrer mille monde, de TU ou des gens incrusté : des Italiens, des Espagnols (ils sont absolument partout, c’est fou !), un Iranien, des Portugais, … Bref, j’ai bien profité de la soirée et du fait qu’elle était à côté de chez moi, et surtout que j’étais rétablie !
Ce n’est que dimanche que j’ai réalisé que c’était le weekend des musées à Delft, donc quelques uns étaient gratuits. Me doutant qu’ils étaient barbants, je n’y a fait que des sauts : 3 musées en 80 minutes, vite fait bien fait ! Le musée Lambert van Meerten est dans une vieille maison jolie à visiter où sont exposé des porcelaines, céramiques, Bleu de Delft (ça, c’est fait !), par contre si on ne lit pas couramment le néerlandais, on peut se brosser pour des explications quelconques. J’ai parcouru les deux étages d’autant plus rapidement, en repérant un style moderne de Bleu de Delft (ou pas ?) qui me plait bien, cela dit en passant. Le Prinsenhof se situe à quelques mètres, dans le plus grand et plus riche ancien couvent de la ville, où le prince Willem van Orange s’est fait assassiner en 1584 (ce dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là). La scène a été reconstituée dans un escalier (c’est-à-dire il y a l’impact de la balle dans un mur), vous verrez ça en photo plus tard… Ce musée donne quelques infos en anglais, mais elles ne m’intéressaient absolument pas, et les peintures/portrait sont si sombre, je n’aime vraiment pas ce style ! Finalement, j’ai rapidement traversé le musée Nusantara, consacré à l’Indonésie, ou plus précisément à divers objets de là-bàs. C’est dingue, cela fait plus ou moins partie de ma culture, mais ça ne me parle absolument pas ! Enfin bref, ce weekend des musées aura au moins été l’occasion pour que je visite quelques trucs de Delft. Il me ne reste plus qu’à monter dans la Nieuwe Kerk pour y apprécier la vue, et éventuellement voir le musée Vermeer, et j’aurai fait le tour de ce que je voulais dans « ma » ville.

Hier je suis allée au cinéma avec deux nouveau Français, Roger et Jeremy, pour voir « Knowing », qui semblait être le genre de film d’action qu’il me fallait, pour me changer les idées et ne surtout pas réfléchir. Le film commence bien, mais les choses se gâtent vraiment pas la suite, me laissant plus que perplexe pour la fin. Et comme dans tout blockbuster, il y a des moments vraiment comiques qui sont censés être plutôt dramatiques, des situations énormissimes qui s’enchaînent, une bannière américaine qui flotte fièrement au-dessus du chaos, … C’était également mon premier ciné aux Pays-Bas, et il faut dire que c’est assez particulier. Mais alors le coup de vendre de la bière (et du pinard, à entendre les bruits de bouchons) pour les salles obscures, qu’est-ce que c’est que ça ?! Comme il n’y a pas d’entracte, les spectateurs débarquent avec deux tonnes de bouffe, leurs tas de boissons, et ils ne se gênent pas le moins du monde pour aller aux toilettes en plein film. Pas terrible… Après tant d’émotions, j’ai encore emmené les deux gars au Locus Publicus.
Cet après-midi (donc après ma grasse mat’…), il faisait un temps magnifique, et plus de proposer des températures bien agréables. J’ai fait un petit tour à vélo, en direction de Rotterdam. Sa périphérie doit se trouver à 20min de chez moi je pense, mais après 15min le petit vent de face m’a usée et j’ai rebroussé chemin. Entre les deux villes, c’est assez la cambrousse avec de vastes espaces verts et beaucoup d’animaux (vaches, chèvres, chevaux, poneys, poules, canards, …). En jetant un coup d’œil sur Google maps, je me dis que relier l’Erasmusbrug à Rotterdam depuis mon studio doit prendre moins d’une heure. Un petit défi pour ce printemps en perspective, peut-être ? Il faut que j’en parle autour de moi…


Mais pourquoi avais-je besoin de me changer les idées ce weekend ? Parce que – attention grande nouvelle –, après huit semaines de dur labeur à Delft, je fais enfin quelque chose d’utile à TU !!! Hier j’ai fait mes premiers tests, dont les résultats ont l’air plus que bien, je suis tellement contente ! Et du coup j’ai bossé dur ces derniers jours pour enfin avancer : 10h vendredi et 37h en quatre jours cette semaine. Comme vous l’avez compris, mon projet de master a rencontré pas mal de difficultés depuis mon arrivée… Alors comme promis, voilà quelques détails sur mon travail, pour que vous ayez une idée de ce que je trafique à Delft.Plantons d’abord le décor : mon projet de master a pour intitulé « Fatigue mechanism of thermoplastic composites », je suis au département Design and Production of Composite Structures qui fait partie de la faculté d’Aerospace Engineering. Mon superviseur est Shafqat, doctorant depuis 2 ans. Et je travaille plus ou moins en collaboration avec François (un des Québécois arrivé en même temps que moi), chose qui n’était pas prévue mais qui s’est avérée nécessaire vu le déroulement des choses, puisqu’après un mois, le matériau initialement prévu pour moi a dû être mis de côté, car nous n’arrivions pas à produire des échantillons corrects (problèmes techniques avec une machine) et que mon temps à Delft est compté ! Le stage de François a donc été divisé en deux parties distinctes, chacun de nous assumant la moitié des essais, sur le même type de matériaux.
Une petite explication du titre de mon projet ne serait pas superflue, je pense ! Un composite est un assemblage de deux types de matériaux, l’un étant des fibres de renforts (des fibres de verres, par exemple), l’autre étant une matrice qui solidarise le tout (en l’occurrence de la résine de nylon, qui fait partie de la famille des thermoplastiques). Une fois des plaques de ce composite produites, ces dernières sont découpées en petits échantillons (13cm x 2cm), qui doivent encore être préparés de diverses manières avant d’êtres testés. Dit comme ça, c’est un processus rapide, alors qu’il n’en est rien : si toutes les étapes peuvent se faire à la chaîne (ce qui est quasi impossible puisqu’il y a toujours des imprévus, comme des réservations de machines qui se perdent, nos précieux techniciens tellement occupés qu’ils n’ont pas forcément de temps pour aider ou des blaireaux qui se sont un malin plaisir de vous mettre des bâtons dans les roues), il faut compter une bonne semaine de préparation ! Un test de fatigue est un test d’usure qui consiste à infliger des centaines/milliers de cycles charge-décharge, c’est-à-dire que la machine tire sur l’échantillon, le relâche, retire dessus, relâche, etc. La photo ci-dessous montre mon poste de travail, avec la machine de fatigue au milieu, des spots et des caméras qui pointent sur l’échantillon, un ordinateur qui gère les données de ces dernières et un autre ordinateur qui contrôle la machine. Les données qui m’intéressent sont l’évolution des déformations du composite (mesurées par un système sophistiqué de caméras qui vaut 50'000 euros, la classe), le nombre de cycles avant sa rupture, et le profil de rupture qui sera étudier par microscopie électronique. Le but du jeu étant de se baser sur diverses configurations du composites pour mieux comprendre quels sont les mécanismes qui entrent en ligne de compte, et ainsi tenter de les contrecarrer avec de nouveaux designs.