Toute la semaine dernière je n’étais pas en grande forme... Par ex,
mercredi avant d’aller au Ruif j’avais un peu mal au crâne, un petit trajet à vélo plus tard, c’était infernal, donc j’y ai juste avalé vite faire une petite bière avant de rentrer me coucher, jusqu’au lendemain où je ne suis pas allée à TU avant l’après-midi, puisque je n’étais toujours pas bien. Samedi, pendant la journée je ne suis sortie que pour faire mes courses (en ville, les mannequins dans les vitrines étaient remplacés par des vraies personnes, c’était rigolo tout plein), j’ai écrit à mes nombreux fans et en cours de soirée, Ricardo et Jose m’ont prévenue qu’il y avait une fête dans un building voisin. C’était une barbecue party, mais malheureusement je suis arrivée trop tard pour la bidoche... Ce qui ne m’a pas empêchée de rencontrer mille monde, de TU ou des gens incrusté : des Italiens, des Espagnols (ils sont absolument partout, c’est fou !), un Iranien, des Portugais, … Bref, j’ai bien profité de la soirée et du fait qu’elle était à côté de chez moi, et surtout que j’étais rétablie !
Ce n’est que dimanche que j’ai réalisé que c’était le weekend des musées à Delft, donc quelques uns étaient gratuits. Me doutant qu’ils étaient barbants, je n’y a fait que des sauts : 3 musées en 80 minutes, vite fait bien fait ! Le musée Lambert van Meerten est dans une vieille maison jolie à visiter où sont exposé des porcelaines, céramiques, Bleu de Delft (ça, c’est fait !), par contre si on ne lit pas couramment le néerlandais, on peut se brosser pour des explications quelconques. J’ai parcouru les deux étages d’autant plus rapidement, en repérant un style moderne de Bleu de Delft (ou pas ?) qui me plait bien, cela dit en passant. Le Prinsenhof se situe à quelques mètres, dans le plus grand et plus riche ancien couvent de la ville, où le prince Willem van Orange s’est fait assassiner en 1584 (ce dont je n’avais jamais entendu parler jusque-là). La scène a été reconstituée dans un escalier (c’est-à-dire il y a l’impact de la balle dans un mur), vous verrez ça en photo plus tard… Ce musée donne quelques infos en anglais, mais elles ne m’intéressaient absolument pas, et les peintures/portrait sont si sombre, je n’aime vraiment pas ce style ! Finalement, j’ai rapidement traversé le musée Nusantara, consacré à l’Indonésie, ou plus précisément à divers objets de là-bàs. C’est dingue, cela fait plus ou moins partie de ma culture, mais ça ne me parle absolument pas ! Enfin bref, ce weekend des musées aura au moins été l’occasion pour que je visite quelques trucs de Delft. Il me ne reste plus qu’à monter dans la Nieuwe Kerk pour y apprécier la vue, et éventuellement voir le musée Vermeer, et j’aurai fait le tour de ce que je voulais dans « ma » ville.
Hier je suis allée au cinéma avec deux nouveau Français, Roger et Jerem
y, pour voir « Knowing », qui semblait être le genre de film d’action qu’il me fallait, pour me changer les idées et ne surtout pas réfléchir. Le film commence bien, mais les choses se gâtent vraiment pas la suite, me laissant plus que perplexe pour la fin. Et comme dans tout blockbuster, il y a des moments vraiment comiques qui sont censés être plutôt dramatiques, des situations énormissimes qui s’enchaînent, une bannière américaine qui flotte fièrement au-dessus du chaos, … C’était également mon premier ciné aux Pays-Bas, et il faut dire que c’est assez particulier. Mais alors le coup de vendre de la bière (et du pinard, à entendre les bruits de bouchons) pour les salles obscures, qu’est-ce que c’est que ça ?! Comme il n’y a pas d’entracte, les spectateurs débarquent avec deux tonnes de bouffe, leurs tas de boissons, et ils ne se gênent pas le moins du monde pour aller aux toilettes en plein film. Pas terrible… Après tant d’émotions, j’ai encore emmené les deux gars au Locus Publicus.Cet après-midi (donc après ma grasse mat’…), il faisait un temps magnifique, et plus de proposer des températures bien agréables. J’ai fait un petit tour à vélo, en direction de Rotterdam. Sa périphérie doit se trouver à 20min de chez moi je pense, mais après 15min le petit vent de face m’a usée et j’ai rebroussé chemin. Entre les deux villes, c’est assez la cambrousse avec de vastes espaces verts et beaucoup d’animaux (vaches, chèvres, chevaux, poneys, poules, canards, …). En jetant un coup d’œil sur Google maps, je me dis que relier l’Erasmusbrug à Rotterdam depuis mon studio doit prendre moins d’une heure. Un petit défi pour ce printemps en perspective, peut-être ? Il faut que j’en parle autour de moi…
Mais pourquoi avais-je besoin de me changer les idées ce weekend ? Parce que – attention grande nouvelle –, après huit semaines de dur labeur à Delft, je fais enfin quelque chose d’utile à TU !!! Hier j’ai fait mes premiers tests, dont les résultats ont l’air plus que bien, je suis tellement contente ! Et du coup j’ai bossé dur ces derniers jours pour enfin avancer : 10h vendredi et 37h en quatre jours cette semaine. Comme vous l’avez compris, mon projet de master a rencontré pas mal de difficultés depuis mon arrivée… Alors comme promis, voilà quelques détails sur mon travail, pour que vous ayez une idée de ce que je trafique à Delft.Plantons d’abord le décor : mon projet de master a pour intitulé « Fatigue mechanism of thermoplastic composites », je suis au département Design and Production of Composite Structures qui fait partie de la faculté d’Aerospace Engineering. Mon superviseur est Shafqat, doctorant depuis 2 ans. Et je travaille plus ou moins en collaboration avec François (un des Québécois arrivé en même temps que moi), chose qui n’était pas prévue mais qui s’est avérée nécessaire vu le déroulement des choses, puisqu’après un mois, le matériau initialement prévu pour moi a dû être mis de côté, car nous n’arrivions pas à produire des échantillons corrects (problèmes techniques avec une machine) et que mon temps à Delft est compté ! Le stage de François a donc été divisé en deux parties distinctes, chacun de nous assumant la moitié des essais, sur le même type de matériaux.
Une petite explication du titre de mon projet ne serait pas superflue, je pense ! Un composite est un assemblage de deux types de matériaux, l’un étant des fibres de renforts (des fibres de verres, par exemple), l’autre étant une matrice qui solidarise le tout (en l’occurrence de la résine de nylon, qui fait partie de la famille des thermoplastiques). Une fois des plaques de ce composite produites, ces dernières sont découpées en petits échantillons (13cm x 2cm), qui doivent encore être préparés de diverses manières avant d’êtres testés. Dit comme ça, c’est un processus rapide, alors qu’il n’en est rien : si toutes les étapes peuvent se faire à la chaîne (ce qui est quasi impossible puisqu’il y a toujours des imprévus, comme des réservations de machines qui se perdent, nos précieux techniciens tellement occupés qu’ils n’ont pas forcément de temps pour aider ou des blaireaux qui se sont un malin plaisir de vous mettre des bâtons dans les roues), il faut compter une bonne semaine de préparation ! Un test de fatigue est un test d’usure qui consiste à infliger des centaines/milliers de cycles charge-décharge, c’est-à-dire que la machine tire sur l’échantillon, le relâche, retire dessus, relâche, etc. La photo ci-dessous montre mon poste de travail, avec la machine de fatigue au milieu, des spots et des caméras qui pointent sur l’échantillon, un ordinateur qui gère les données de ces dernières et un autre ordinateur qui contrôle la machine. Les données qui m’intéressent sont l’évolution des déformations du composite (mesurées par un système sophistiqué de caméras qui vaut 50'000 euros, la classe), le nombre de cycles avant sa rupture, et le profil de rupture qui sera étudier par microscopie électronique. Le but du jeu étant de se baser sur diverses configurations du composites pour mieux comprendre quels sont les mécanismes qui entrent en ligne de compte, et ainsi tenter de les contrecarrer avec de nouveaux designs.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire